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Relation avec la rive sud de la Méditerranée
L'esprit du partenariat
 Publié le : 05.07.2008 | 14h14
   
 
 
L'Europe doit considérer ses partenaires de la rive Sud de la Méditerranée non pas comme étant des pays pauvres auxquels il faut donner l'aumône mais plutôt des partenaires à part entière, a affirmé le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc, Moulay Hafid Elalamy.
 
Les pays européens se sentent aujourd'hui un peu loin de ceux du flanc Sud de la Méditerranée et le rôle des opérateurs économiques "c'est de mettre le doigt sur les choses qui sont essentielles et importantes pour les politiques", a souligné M. Hafid Elalamy dans une déclaration à la MAP en marge de la Conférence "Med Business Days", tenue les 3 et 4 juillet à Marseille (Sud-Est de la France) en présence de l'ensemble des patronats de l'espace Euromed et une cinquantaine d'entreprises nationales.

Les deux rives de la Méditerranée n'ont pas à se regarder en "chiens de faïence" en essayant de se protéger les uns des autres mais plutôt en essayant comment, la main dans la main, ils pourront être plus puissants, a-t-il dit.

Le Maroc ne compte que sur lui-même dans la mesure où il dispose de véritables outils de compétitivité à apporter à l'Europe, a expliqué le président de la CGEM pour qui "les opérateurs européens ont largement compris ce message que l'on n'arrête pas de marteler".

Après avoir signalé que les partenaires européens ont "un besoin criant" de compétitivité, Moulay Hafid Elalamy a cité le cas d'entrepreneurs français installés au Maroc qui ne cessent de déclarer qu'ils étaient aller chercher cette compétitivité grâce à laquelle ils ont pu conquérir des marchés à l'international.

Dans ce contexte, il a estimé que la capacité d'aller chercher des moyens supplémentaires pour pouvoir ""se battre" se trouve aujourd'hui aussi au Sud de la Méditerranée.

Evoquant le phénomène de l'immigration clandestine, le président de la CGEM a relevé qu'il est "très difficile aujourd'hui de construire des barrières infranchissables" et que "l'unique possibilité d'avoir des flux migratoires raisonnés et raisonnables" réside dans le fait qu'une partie du Sud de la Méditerranée soit plus riche.

Il a, dans ce cadre, fait observer que le Maroc, qui était longtemps un pays de transit, est devenu désormais une terre d'accueil, soulignant qu'il est de l'intérêt de l'Europe de voir le pourtour Sud de la Méditerranée avec plus d'ouverture.

M. Hafid Elalamy a, d'autre part, fait remarquer que seule une démarche d'intérêt "bien comprise et réciproque" peut faire de l'Union pour la Méditerranée (UPM) "un projet concret", notant que l'idée de cette conférence, dont les conclusions seront soumises au Sommet des chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union, le 13 juillet à Paris, a été lancée au Maroc avec Mme Laurence Parisot, présidente du Medef (patronat français).

Et de préciser que le Maroc est "fortement impliqué dans cette démarche importante" et qu'aujourd'hui, il existe une prise de conscience que les opérateurs économiques sont un vecteur de contribution à la création de cet espace.

Dans une déclaration similaire, la Marocaine Leila Sbiti, présidente d'"Anima Investment Network", réseau réunissant une vingtaine d'agences de promotion des investissements (API) et d'acteurs du développement territorial en Méditerranée, a tenu à passer un message en appelant à ne plus considérer le Sud de la Méditerranée comme "la partie boiteuse" de la zone et à arrêter également de le considérer uniquement comme un marché de consommation.

Mme Sbiti a, dans ce contexte, plaidé pour le développement d'actions conjointes étant entendu que le Sud constitue un "véritable moteur de croissance" pour la rive Nord.

Le Nord et le Sud de la Méditerranée doivent être des partenaires à part entière, a-t-elle insisté, faisant savoir que c'est dans cette voie qu'a été lancée l'initiative "Invest in Med" afin de contribuer à rendre cette zone un "hub" économique régional.

Elle a, d'autre part, signalé que nombre d'actions ont été menées par "Anima" au Maroc, dont la formation au sein de plusieurs institutions telles les Centres régionaux d'investissement (CRI) et les Chambres de commerce et d'industrie.

Rendez-vous des entrepreneurs de l'UE et de la Méditerranée, la Conférence "Med Business Days" a été initiée par le Medef avec le soutien de l'Union méditerranéenne des confédérations d'entreprises (Business Med), "Business Europe", l'Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône et la Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille-Provence.

Ce grand événement à été marqué notamment par le lancement par la présidente du Medef, Mme Laurence Parisot, de "L'Appel de Marseille" au service de l'UPM.

"Nous, patronats des pays riverains de la Méditerranée, appelons à la mise en oeuvre d'une stratégie économique forte et cohérente dont l'objectif est la liberté des échanges, la prospérité des peuples et la pluralité du patrimoine méditerranéen", avait déclaré Mme Parisot à l'ouverture de la Conférence.
   
  Par Mokhtar Grioute | MAP
   
 

 
 
 
Moulay Hafid Elalamy, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc.
 
 
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