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Le libéral Dion perd son pari d'installer un «tournant vert»
 Publié le : 15.10.2008 | 09h20
   
 
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Par : Abdallah Darkaoui
 
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Stéphane Dion, le chef du parti libéral qui a été sévèrement battu aux législatives mardi au Canada, risque désormais de voir sa carrière politique brisée, au profit des ténors libéraux qui ne l'avaient soutenu que du bout des lèvres.
 
Grand, mince et l'allure un peu professorale, Stéphane Dion avait créé la surprise, fin 2006, en battant les favoris pour prendre la direction du parti libéral, laminé par sa défaite en janvier de la même année.

Mais il n'a guère connu de lune de miel, son autorité étant contestée au sein même de sa propre formation.

Il entamait à 53 ans sa première campagne électorale pour reconquérir le pouvoir que son parti avait conservé pendant la plus grande partie du 20e siècle.

Mais M. Dion a eu le tort d'axer son discours sur un projet de "tournant vert", mal compris par la population et contesté au sein même de sa formation.

Il préconisait notamment une taxe sur le carbone, dans le but de protéger l'environnement en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Son rival conservateur, Stephen Harper, n'avait pas perdu une occasion, pendant toute la campagne électorale, de le décrier, affirmant que ce "projet mal ficelé" représentait un risque pour l'économie canadienne, à plus forte raison dans une période d'incertitude mondiale.

M. Dion a aussi été desservi par son manque de charisme ainsi que des difficultés d'expression en anglais, langue de 75% de la population, qui ont contribué à éclipser son intégrité et ses qualités intellectuelles reconnues.

Et les campagnes publicitaires systématiques de ses adversaires conservateurs le présentant comme un professeur hésitant, peu apte à diriger le pays, n'ont pas manqué d'influencer l'opinion publique.

Les sondages d'opinion, qui avaient pourtant souligné une remontée inespérée des libéraux au fur et à mesure que la campagne avançait, montraient régulièrement que M. Dion était à la traîne en ce qui concerne sa cote personnelle et la confiance que lui accordaient les Canadiens pour diriger le pays.

Fils d'un universitaire québécois de renom, Stéphane Dion, titulaire d'un doctorat en sociologie, a lui aussi enseigné avant d'être élu à la Chambre des Communes en 1996, peu de temps après le référendum de 1995 dans lequel les Québécois ont rejeté de justesse l'indépendance de la province francophone.

Sa carrière politique connaît une nouvelle avancée, quelques mois plus tard, lorsque Jean Chrétien le prend dans son gouvernement comme ministre des Affaires intergouvernementales. Il s'impose alors comme fédéraliste pur et dur en élaborant la "loi sur la clarté", qui impose des conditions à la reconnaissance par Ottawa de l'éventuelle proclamation d'indépendance d'une province.

Cette loi le propulse sur le devant de la scène publique, lui valant le surnom de "Mister Unity" par les Canadiens anglophones, et faisant de lui la bête noire des nationalistes québécois, une image qui continue à le desservir dans sa province natale.

Le portefeuille de l'Environnement, qu'il obtient en juillet 2004 dans le cabinet de Paul Martin, lui sert de tremplin pour redorer son blason.

Sa présidence de la conférence de l'Onu sur le changement climatique en 2005 est particulièrement saluée et il fait de l'environnement son cheval de bataille au point d'appeler son chien Kyoto, en référence au protocole du même nom sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Avant sa défaite mardi, le leader libéral avait affirmé qu'il n'avait pas l'intention de démissionner s'il était battu. "Je ne suis pas un lâcheur. Je continuerai à me battre pour le Canada", avait-il dit.
   
  Par AFP
 


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Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion adresse aux partisans lors des élections à Saint-Laurent, Montréal. (Photo : AFP)
 
 
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