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mise à jour : 09 février 2010, 16h39 GMT
 
 
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Sahara marocain
Unanimité et unité des points de vue
Christopher Ross a pu se rendre compte en personne de l'union sacrée de tous les Marocains
 Publié le : 20.02.2009 | 15h40
   
 
 
L'Audience accordée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et les entretiens qu'a eus l'envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Christopher Ross, en visite au Maroc depuis mercredi soir et jusqu'à vendredi, dans le cadre d'une tournée dans la région, avec les hauts responsables marocains, témoignent de la bonne disposition du Royaume à trouver une solution politique définitive pour mettre fin au différend régional qui oppose le Maroc à l'Algérie et permettre, enfin, à l'Union du Maghreb Arabe de se consolider et de se réaliser.
 
Durant son séjour dans le Royaume, le responsable onusien a eu d'intenses entretiens, qualifiés de sérieux de part et d'autres, avec le Premier ministre, Abbas El Fassi, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taïb Fassi Fihri, accompagné du Directeur général des études et de la documentation (DGED), Mohamed Yassine Mansouri, le ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa, accompagné du secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Saâd Hassar, le président du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), Khalihenna Ould Errachid, en présence du secrétaire général du CORCAS, Maouelainin Ben Khalihanna Maouelainin, et l'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU, Mohamed Loulichki, les présidents des Chambres des représentants et des conseillers, Mustapha Mansouri et Maâti Benkaddour, ainsi que les responsables des partis politiques représentés au Parlement.

M. Ross a pu se rendre compte en personne de l'union sacrée qui existe au Maroc, tous partis politiques confondus, sur la question du Sahara marocain, véritable «cause sacrée» du Royaume. Le Maroc «recherche une entente avec tous les pays» du Maghreb mais ne pourra «jamais faire de concession en ce qui concerne la souveraineté nationale sur ses territoires», a déclaré mercredi soir le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Mustapha Mansouri. Le premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), Abdelwahed Radi, a pour sa part souligné que ce premier contact de C. Ross avec la classe politique marocaine lui aura permis de constater «l'unanimité et l'unité des points de vue» de tous les partis politiques, qu'ils soient dans la majorité ou l'opposition.

Le secrétaire général du parti de la Justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, n'a pas été en reste, souhaitant que M. Ross parvienne à «raisonner nos frères algériens pour qu'ils puissent aller dans le sens de l'histoire». Pour sa part, le secrétaire général du Mouvement populaire, Mohand Laenser, a estimé que «si on recherche une paix négociée, il n'y a pas d'autres bases que le projet marocain d'autonomie». Présenté en 2007 au Conseil de Sécurité des Nations unies, ce projet de décentralisation, qui constitue une avancée démocratique dans la perspective d'une gestion par les citoyens de leurs affaires locales, provinciales et régionales, revêt une portée historique dans la mesure où il intervient dans une dynamique globale et vise non seulement à trouver une solution politique mais aussi à associer les parties concernées au plus haut niveau à la formulation et à la mise en œuvre de cette solution, conformément aux Hautes orientations de S.M. le Roi Mohammed VI.

Il s'inspire de la nécessité de parvenir à un compromis politique en déléguant de larges compétences à la population concernée dans le respect des prérogatives de la souveraineté du Maroc. Par cette initiative, le Royaume garantit à tous les Sahraouis à l'extérieur comme à l'intérieur toute leur place et tout leur rôle, sans discrimination ni exclusive, dans les instances et institutions de la région. Ainsi, les populations du Sahara géreront elles-mêmes et démocratiquement leurs affaires à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire dotés de compétences exclusives.

Elles disposeront des ressources financières nécessaires au développement de la région dans tous les domaines et participeront, de manière active, à la vie économique, sociale et culturelle du Maroc. L'Etat conservera ses compétences dans les domaines régaliens, en particulier la défense, les relations extérieures et les attributions constitutionnelles et religieuses de S.M. le Roi.
Ce projet conforté par la résolution 1813 du Conseil de sécurité votée à l'unanimité aux Nations unies, le 30 avril dernier, endosse l'appel au réalisme et à l'esprit de compromis lancé par le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon.

Ce projet crédible, réaliste et susceptible de constituer une base de discussions et de négociations, est soutenu également par la majorité des pays qui reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara, en premier lieu tous les pays membres de la Ligue arabe, à l'exception de l'Algérie. Il en est de même pour l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), pour 30 pays africains et plusieurs pays asiatiques, à leur tête l'Inde qui a gelé récemment sa reconnaissance de la pseudo RASD. En Europe, le plan d'autonomie «est une base de négociation pour aboutir à une solution négociée raisonnable entre les parties, dans le cadre des Nations unies», a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Eric Chevallier, le jour même du début de la visite au Maroc de C. Ross.. La position officielle française s'ajoute à celle exprimée par des sénateurs qui avaient tenu à encourager l'initiative marocaine d'autonomie au Sahara tout en saluant les efforts déployés par le Maroc pour «engager un dialogue direct, franc et constructif» avec l'Algérie.

Le soutien des parlementaires français intervenait quelques jours après l'appui exprimé par les Etats-Unis. Pour ce pays où se sont tenus les trois différents rounds des négociations, les 10 et 11 juin, les 18 et 19 août 2007 et les 7, 8 et 9 janvier 2008, «l'Initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'autonomie de la région du Sahara respecte le principe de l'autodétermination». Pratiquement, tous les hauts responsables américains n'ont de cesse de réitérer l'attachement de leur pays à une solution politique à la question du Sahara, tout en soulignant l'importance d'un dialogue entre Rabat et Alger. Toutes les déclarations faites dans ce sens soulignent que Washington encourage le Maroc et l'Algérie à promouvoir leurs relations pour créer un climat propice au profit aussi bien des Marocains que des Algériens et de l'ensemble du Maghreb, et pour trouver une solution politique à cette question.

Ces déclarations insistent aussi sur le fait que la capitale fédérale soutient les efforts du Secrétaire général des Nations unies et de son représentant personnel pour trouver une solution à ce différend.
De son côté, l'Espagne vient de considérer que «la proposition marocaine, fruit d'efforts sérieux et crédibles, constitue une contribution positive dans le cadre des négociations substantielles pour parvenir à une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable qui assure le principe de l'autodétermination, dans le cadre des Résolutions 1754, 1783 et 1813 du Conseil de sécurité», selon la déclaration conjointe adoptée, le 17 décembre dernier, au terme de la 9e réunion de haut niveau hispano-marocaine.

L'approche marocaine a aussi été jugée très positive par plusieurs capitales visitées par les différentes missions dépêchées par le Souverain auprès des pays membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité. Tous ont été unanimes à déclarer que le projet d'autonomie des provinces du sud du Maroc, proposé par le Royaume, est «un espoir pour la paix dans la région, comme il est de nature à faire avancer le dossier du Sahara».
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Rappel de la réalité

L'année 2008 a été marquée par les cinq vérités exprimées par Peter van Walsum, ancien envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, qui avait indiqué que l'Algérie et le polisario n'ont pas d'autre objectif que de perpétuer le processus de négociations sur le Sahara aussi longtemps que possible. Les constatations du responsable onusien interviennent un mois après avoir déclaré devant le Conseil de sécurité que «l'indépendance du Sahara occidental n'est pas une option réaliste», appelant les quinze à recommander la poursuite des négociations en tenant compte de la réalité politique et de la légalité internationale.

Cette dure réalité a aussi été soutenue par Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies. «J'ai senti le besoin de réitérer cette conclusion que l'indépendance du Sahara n'est pas un objectif réalisable», car il semble, a-t-il dit, que cette conclusion aurait été éclipsée durant les pourparlers de Manhasset alors même que ce constat, «aujourd'hui encore pertinent, se trouve à l'origine du processus de négociations en cours».
   
 
   
  Par El Mahjoub Rouane | LE MATIN
   
 

 
 
 
Le Premier ministre Abbas El Fassi recevant Christopher Ross
 
 
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