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mise à jour : 09 février 2010, 17h16 GMT
 
 
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Wana
Augmentation du capital et élargissement de l'actionnariat de Wana
 Publié le : 16.03.2009 | 16h00
   
 
 
En encaissant 2,850 milliards de dirhams contre 31% de son capital, ce que l'opérateur de télécommunications Wana vient de confirmer c'est sans doute la pertinence de son projet industriel bien plus que sa capacité et celle de ses actionnaires, déjà démontrées, de lever des fonds.
 
ONA et SNI, ses fondateurs -avec plus de quatre milliards investis en fonds propres à ce jour- peuvent être légitimement satisfaits. Ils réalisent une judicieuse opération dans un climat international abominable, les fleurons des grandes places financières, à la recherche de fonds, ne valant même plus le prix de leurs actifs.

L'ambition de ONA de faire irruption sur le marché des télécommunications avait été jusqu'ici regardée avec circonspection.
Comment un conglomérat sans tradition dans le métier pouvait-il émerger sur un secteur réputé inaccessible, réservé aux géants multinationaux et, au Maroc, préempté par deux opérateurs puissamment adossés à des maisons mères de grande envergure ? Et comment en outre ne pas douter lorsque, un an à peine après son lancement commercial, Wana valut son siège à l'ex-P.-D.G. du groupe ONA, les actionnaires jugeant la situation sérieuse au point de rendre publique, avec une transparence surprenante, l'insuffisance du pilotage stratégique de l'entreprise ? C'était en avril 2008.

Douze mois plus tard, le pilotage repris en main avec la mise de la société sur de bons rails stratégiques, et des produits innovants dans le mobile, l'internet et la data, et en appui sur une image rassurante -cultivant la confiance du grand public et la promesse de «fiabilité» à l'égard des entreprises- Wana a fait sa place dans le paysage. Et s'installe dans la durée.
C'est bien ce qui semble avoir séduit le consortium constitué, à parts égales, de Al Ajial Investment Fund Holding (Al Ajial) et de Mobile Telecommunications Company (Zain).

Malgré le contexte de nervosité extrême des marchés financiers internationaux, SNI a pu arguer des capacités de Wana à créer durablement de la valeur et décrocher le deal auprès de ses partenaires moyens orientaux. Pour le Groupe marocain, ce deal ne manque pas de sens : en coopérant avec le groupe Zain, il ouvre à sa filiale Wana l'expertise d'un groupe très présent dans les pays émergents tout en gardant le contrôle stratégique et opérationnel sur un actif qui continuera à être consolidé dans les comptes.
Et en introduisant dans le tour de table, le fonds Al Ajial (filiale du fonds souverain koweïtien KIA), il s'allie avec un investisseur connu pour son sérieux et son engagement financier de long terme. Et comme le signale M. Hassan Bouhemou, P.-D.G. de la SNI, dans le communiqué officialisant ce rapprochement «cet investissement traduit (...) la confiance des opérateurs économiques étrangers dans la robustesse et le potentiel de développement de l'économie marocaine».
La bonne nouvelle c'est que le groupe ONA tient désormais, dans le secteur des télécommunications, son relais de croissance.

L'autre bonne nouvelle est que cette alliance inaugure un âge Sud-Sud de la globalisation. Les économies des pays émergents peuvent considérablement améliorer le développement de leurs flux régionaux de capitaux privés à la condition de les adosser à des projets industriels intégrant rationnellement la croissance à long terme de leur marché intérieur.
   
 
   
  Par A.B. | LE MATIN
   
 

 
 
 
 
 
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