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mise à jour : 09 février 2010, 17h31 GMT
 
 
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Éditorial
Le Maroc africain
 Publié le : 01.07.2009 | 18h16
   
 
 
«Il n'y a pas de véritable Union africaine (UA) sans le Maroc». Cette vérité de La Palice, il y a belle lurette qu'elle s'est imposée à tout homme de raison. Aujourd'hui, c'est le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, qui la réitère du haut de la tribune de Syrte où se tient la XVe session du Conseil exécutif de l'Union africaine des chefs de la diplomatie. Le ministre sénégalais des Affaires étrangères continue : «Nous savons parfaitement les raisons pour lesquelles une injustice historique a poussé le Maroc en dehors de l'Union africaine. Mais en même temps, nous continuerons à nous battre pour qu'il y reprenne sa place». Le chef de la diplomatie sénégalaise a développé ensuite un véritable plaidoyer en faveur du Royaume du Maroc, soulignant qu'aucun Etat du continent ne doit être absent de l'Union et que «l'écrasante majorité des pays africains sont des amis du Maroc». Voici donc un acte de foi dont la portée politique est considérable.

Le Sénégal, on ne le dira jamais assez, demeure l'un des soutiens les plus précieux à la réintégration du Maroc au sein de l'organisation panafricaine. Il en est d'autres, nombreux et différents, qui militent dans le même sens pour que justice soit rendue. Cette prise de position solennelle appelle, en effet, quelques compléments : d'une part, le Maroc en quittant en 1986 l'Organisation de l'unité africaine (OUA) n'a jamais quitté l'Afrique, bien au contraire. D'autre part, ni son poids, ni son influence ne souffrent en quoi que ce soit de son retrait après que la morbide OUA, prise d'assaut par les mercenaires du polisario et soutenus par l'Algérie et un certain Edem Kodjo, ancien secrétaire général, eut reconnu la pseudo-rasd. Tous les observateurs de l'époque avaient qualifié l'entrée au sein de l'OUA de hold-up caractérisé, parce que la légalité et la raison d'être même de l'organisation étaient piétinées.

Le Maroc avait quitté l'organisation dans la dignité, mais il a continué à cultiver et entretenir de profondes relations avec les pays d'Afrique, excepté quelques stipendiés à la solde d'Alger, comme entre autres Madagascar du président Didier Ratsiraka, l'Algérie et plus tard l'Afrique du Sud de Mbeke. Paradoxalement, il conviendrait de dire que plus le Maroc était dégagé de ses responsabilités au sein de l'OUA, autrement dit plus il s'en éloignait, mieux il s'en portait. Il a mis en œuvre une authentique vision politique d'échanges bilatéraux, directs et féconds, il s'est rapproché davantage des autres pays d'Afrique et ouvert des chantiers de coopération concrets, donnant corps à cette notion de «partenariat Sud-Sud» en vogue.

Absent au sein de l'OUA ou de l'UA, le Maroc est en revanche demeuré plus présent, mais à vrai dire omniprésent sur de nombreux chantiers de développement où il a mis son savoir-faire et son expérience à la disposition des gouvernements qui le souhaitent. Les nombreux et multiples voyages que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a effectués dans le continent témoignent de toute évidence de sa volonté d'approfondir l'amitié du Maroc avec les autres peuples d'Afrique, de renforcer la vocation continentale de notre pays et de militer pour l'unité et la solidarité, sans pour autant céder aux démons de la politique. C'est une amitié concrète, une coopération concrète aussi que le Maroc propose et offre aux autres pays.

Le ministre sénégalais des Affaires étrangères n'a pas tort de souligner qu'en dépit de son retrait de l'OUA, et du fait également qu'il ne soit pas membre de l'Union africaine, le Maroc reste un partenaire privilégié pour ses amis africains et respectés aussi pour ceux qui le sont moins, jalousé même par ceux qui le combattent – ils sont rares ! La mémoire continentale n'oublie que c'est au Maroc que les premiers jalons de l'unité africaine avaient été plantés.

Elle ne saurait occulter la réalité, tangible et vivante, que les fondateurs de l'OUA s'étaient réunis en 1961 à Casablanca sous l'égide de feu S.M. Mohammed V pour jeter les bases de l'organisation panafricaine. On parlait alors du « groupe de Casablanca » qui, outre le Maroc, comprenait le Ghana, l'Egypte, la Tunisie, l'Ethiopie, la Libye, le Soudan, la Guinée-Conakry, le Mali et le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Tous ces pays avaient adhéré au credo de l'unité et du respect mutuel. Il convient de rappeler que le texte de la Charte de l'OUA avait été soumis à approbation par les pays membres et que le Royaume du Maroc avait émis une réserve officielle, consignée dans les archives de l'organisation selon laquelle il contestait la clause « …l'intangibilité des frontières héritées du colonialisme ».

Il avait, et pour cause, ses raisons d'entériner ce passage, parce que « l'intangibilité des frontières héritées du colonialisme » constituait un héritage post-colonial qui résultait de partages arbitraires opérés au gré des humeurs des puissances, créant ici et là des Etats factices, ex nihilo et des situations explosives pour plus tard. De plus, le Maroc ne récupérait à l'époque ni son Sahara, ni ses présides au Nord et encore moins ses provinces du sud-est, incorporées par la France à l'Algérie. Les « sages » d'Afrique, ceux qui ont la mémoire encore vive, savent, à vrai dire, à quoi s'en tenir avec cette histoire de l'Afrique, de l'UA et du Maroc.
   
 
   
  Par LE MATIN
   
 

 
 
 
 
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