Le Maroc vient d'exprimer sa satisfaction pour la teneur et les conclusions du débat de la 4e Commission des Nations unies sur le Sahara marocain. A juste titre donc, il se félicite que cette instance, dont le rôle n'est pas aussi décisif que l'on pourrait croire, ait adopté une résolution inspirée par le réalisme, voire le pragmatisme recommandé dans cette affaire par le Conseil de sécurité. « Le Maroc, précise un communiqué publié par la Mission permanente à New York, se félicite de l'adoption par consensus, ce jour par la 4e Commission de l'Assemblée générale de la Résolution relative au Sahara marocain, un consensus réalisé pour la 3e année consécutive et qui illustre la convergence du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale sur les fondamentaux de la solution politique voulue par la communauté internationale ».
La résolution adoptée par la 4e Commission écarte d'emblée toute autre solution que l'option politique, préconisée à la fois par l'ensemble des nations et confortée par le Conseil de sécurité en 2007 qui a adopté le plan d'autonomie. On rappellera que le Conseil de sécurité a expressément recommandé une « négociation intense, substantielle et empreinte de réalisme et d'esprit de compromis ». Ce qui veut dire, et le représentant du Maroc aux Nations unies, Mohamed Loulichki, n'a pas manqué de le souligner, que seule la négociation politique et consensuelle devrait être prise en compte.
Depuis deux ans, en effet, la 4e Commission s'est pertinemment appliquée à s'inscrire dans la droite ligne des recommandations du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale. A tous points de vue donc, elle s'est conformée aux votes et a fait oeuvre de cohérence. Sans doute, devrait-on souligner que pour la première fois dans ses annales, la 4e Commission des Nations unies ne s'est pas départie de l'exigence de vérité. Et celle-ci consiste à mettre en évidence le caractère pertinent de la négociation politique, à écarter la mention de référendum sur lequel table depuis toujours le gouvernement algérien mais qui a été rejeté comme option depuis des années.
Dans son livre «Un demi-siècle dans les arcanes de la politique», le professeur Abdelhadi Boutaleb témoigne : «le chiffre de 350.000 personnes a été avancé. Or, je sais que les marcheurs étaient au nombre de 524.000. Quand, au départ, on avait ouvert la voie aux volontaires, leur nombre avait atteint 3 millions. Ensuite, il a été envisagé de le ramener à un million et, enfin, il a été fixé à 524.000. Le Roi Hassan II a ordonné que toutes les couches de la population marocaine, des différents villes et villages, y participent». De même, on a ouvert la voie à la participation de délégations venues de pays frères et amis. Il y avait des volontaires de l'Arabie Saoudite, de l'Irak, du Qatar, du Koweït, de la Jordanie, du Liban, du Soudan, du Sultanat d'Oman et du Gabon.
D'autres sont venus même des Etats-Unis pour représenter une organisation non gouvernementale. Ils étaient contre le colonialisme et soutenaient la libération du Sahara. Chacun hissait le drapeau de son pays. Les marcheurs portaient le Coran comme gage de paix, pour montrer que le Maroc ne partait pas pour une quelconque conquête. 500.000 exemplaires du Livre Saint ont été imprimés et distribués pour l'occasion. Sur le plan logistique, 12.000 camions et autocars, ainsi que 113 trains ont été mobilisés pour transporter les volontaires de leurs régions d'origine à Marrakech. De là à Tarfaya, le transport s'est effectué par camions et autocars. «L'homme semble oublier qu'il peut, par une simple marche pacifique, aboutir à plus des résultats que n'en obtiendrait une entreprise militaire», avait affirmé feu S.M. Hassan II, à la veille du lancement de la Marche Verte, le 6 novembre 1975. Un événement qui allait donner une forte impulsion à la dynamique de l'histoire du Royaume.
Trente-quatre ans après cette grande épopée, le Maroc est bien chez lui dans ses provinces du Sud, appuyé en cela sur un droit historique, une identité marocaine et des liens remontant à plus de 12 siècles. Trente-quatre ans après cette même épopée, le Royaume se félicite de l'adoption par la quatrième Commission de l'Assemblée générale de l'ONU d'une résolution sur le Sahara marocain qui, en s'abstenant une nouvelle fois de faire mention du référendum classique à options extrêmes, écarte les approches dogmatiques que certaines parties continuent à vouloir ressusciter.