Au mépris des engagements et en violation des accords de cessez-le-feu, le polisario a décidé d'organiser du 14 au 18 décembre une mascarade de congrès à Tifariti, localité marocaine située dans une zone tampon que les stipendiés d'Alger occupent impunément. Ce prétendu congrès, prévu à quelques semaines du troisième round des discussions de Manhasset, n'a d'autre objectif que de saboter les efforts des Nations unies pour mettre en œuvre un règlement au conflit du Sahara.
Car, tout concourt à accréditer avec insistance l'idée que l'Algérie, qui est derrière cette tartufferie, n'en démord pas d'entraver le processus de règlement en cours. Sinon, comment expliquer que le polisario, engagé en principe dans les porparles, peut-il monter une telle provocation, au risque de mettre en cause les résolutions pertinentes de l'ONU et les recommandations qui en découlent ? Le Parlement marocain, à travers ses deux Chambres, réuni en séance plénière mercredi, a vigoureusement dénoncé la tenue demain du congrès du polisario dans la zone tampon de Tifariti. A l'unanimité, il a adressé une lettre au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, l'invitant à intervenir d'urgence pour empêcher qu'un tel congrès se tienne à Tifariti, localité du Sahara marocain. De son côté, l'ambassadeur, représentant permanent du Maroc aux Nations unies, El Mostafa Sahel, a estimé qu'il s'agit-là " d'une violation grave et caractérisée des accords de cessez-le-feu conclus en 1991 ".
Pour mieux articuler sa condamnation, il rappelle dans une lettre adressée à Ban Ki-moon les propos de celui-ci soulignant que " le déplacement de centaines de personnes vivant sur le territoire algérien et leur encadrement par des éléments militaires, habillés en civil pour la circonstance, constituent une violation de l'accord militaire n°1 (rapport S/2005/254 du 19 avril 2005) et contribuent à l'exacerbation des tensions sur le terrain et peuvent provoquer une détérioration de la situation "(rapport S/2005/648 du 13 octobre 2005). On ne conçoit pas qu'un mouvement ou à plus forte raison un pays comme l'Algérie, engagé officiellement dans le processus de règlement de l'ONU, se renie à ce point et piétine les accords avec désinvolture à quelques semaines des pourparlers de Manhasset.
On ne comprend pas non plus pourquoi le Maroc, si prévenant, a-t-il donné son accord à la reprise du troisième round, avant de s'assurer que nos adversaires, habitués aux manœuvres dilatoires, n'allaient pas encore porter la dague dans le dos de l'ONU et de la communauté mondiale ! A moins qu'il ne constitue une mascarade pour regagner la confiance des troupes désenchantées, ou au mieux une autre fuite en avant, le congrès du polisario est aujourd'hui un mauvais signal pour les nouveaux contacts de Manhasset.