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mise à jour : 09 février 2010, 19h09 GMT
 
 
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Editorial
Une condition « sine qua non » !
 Publié le : 02.03.2008 | 14h08
   
 
 
Le conflit du Sahara serait-il entré dans une phase nouvelle ? Dans ce qui s'apparente à un bras de fer feutré engagé entre le Maroc et l'Algérie, une nouvelle provocation vient de nous fournir la preuve tangible d'une escalade : la décision prise par le polisario de procéder à de pseudo- « poses de la première pierre » d'édifices dans la localité de Tifariti, considérée jusque-là comme zone tampon et démilitarisée par le Maroc. Celui-ci vient de mettre en garde, de la manière la plus ferme et la plus catégorique, le polisario contre toute tentative de construction de bâtiments, quels qu'ils soient, dans cette zone.

L'expression utilisée ne fait aucune concession à l'ambiguïté : « Le Maroc, précise le communiqué des Affaires étrangères et de la Coopération, ne saurait en aucune manière tolérer toute rupture du statu quo ou fait accompli dans cette zone qui a été depuis la proclamation du cessez-le-feu en 1991 exempte de présence ou d'infrastructures ». Le Maroc « réaffirme sa nette détermination à préserver par tous les moyens son intégrité territoriale sur l'ensemble de son Sahara et à sauvegarder de manière légitime sa sécurité nationale ».

Partant de ce constat, où la fermeté se conjugue à la raison, le Maroc se trouve désormais devant une sorte de dilemme : céder à la provocation du polisario et des commanditaires qui poussent au feu par derrière ? Moyennant quoi, il ferait quelque part le jeu des adversaires, tout en machiavélisme, qui crieront à l'injustice et instrumentaliseront à coup sûr toute forme de riposte de notre part.

Ne pas céder à la provocation et au chantage, se résoudre au fait accompli et se trouver nez-à-nez devant une réalité nouvelle, autrement plus dangereuse qu'elle ne l'a jamais été jusqu'ici ? Il reste une troisième option, celle de l'interpellation à nouveau de la communauté mondiale et, notamment, des Nations unies qui, faute de mettre un terme de manière efficace à ce chantage, devraient inciter le gouvernement algérien à raison garder et à éviter une inutile et stérile escalade. Les Nations unies ont imposé un cessez-le-feu en 1991 et, ce faisant, incité les parties à négocier.

C'est peu dire, en effet, que notre pays s'est constamment inscrit dans la logique définie et tracée par les Nations unies. On ne saurait dire la même chose du gouvernement algérien et de ses stipendiés du polisario. Ils violent constamment leurs engagements et piétinent à leur bon vouloir les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

A ce stade, la question urgente est de savoir pourquoi le Maroc continuerait-il à cautionner un processus de négociations recommandées par la résolution 1754 quand d'autres, Algérie et polisario, n'en tiennent aucun compte ? Pourquoi irait-il encore à Manhasset alors que ses adversaires affichent une insolente volonté de passer outre, de n'en faire qu'à leurs calculs sordides ? Tant que persistent cette politique du « pire » et cette provocation sur les flancs du territoire marocain et que le polisario et son commanditaire violeront le processus de négociations qui implique respect de leur esprit et un autre comportement, le Maroc devrait se refuser à participer aux pourparlers. Les Nations unies sont plus que jamais interpellées à leurs responsabilités. C'est une condition « sine qua non »!
   
 
   
  Par LE MATIN
   
 

 
 
 
 
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