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Crise financière
Les marchés démarrent nerveusement une semaine de tous les dangers
Les investisseurs surveilleront de près la publication de la première estimation du PIB américain
 Publié le : 27.10.2008 | 15h21
   
 
 
Les marchés d'Asie ont entamé nerveusement lundi une semaine à haut risque, au cours de laquelle une batterie d'indicateurs et de résultats de grosses entreprises servira à évaluer l'ampleur des ravages causés par la crise financière sur l'économie mondiale.
 
La crise frappe de plein fouet les économies émergentes. Appelé à la rescousse, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé dimanche soir une aide “substantielle” à la Hongrie, quelques heures après l'octroi d'un prêt de 16,5 milliards de dollars à l'Ukraine conditionné par l'adoption d'un programme anticrise. Auparavant, le FMI avait déjà secouru l'Islande et la Géorgie. Les investisseurs surveilleront de près jeudi la publication de la première estimation du Produit intérieur brut (PIB) américain au troisième trimestre, attendu en recul. Plusieurs autres indicateurs économiques clés sont attendus d'ici vendredi aux Etats-Unis, en Europe et au Japon.

“Si la chute des Bourses a pour origine les craintes d'une récession internationale, alors la semaine prochaine sera très mauvaise. Le calendrier économique est rempli d'indicateurs qui seront uniformément exécrables”, avertissait vendredi l'analyste Carl Weinberg, de High Frequency Economics.
A l'aube de cette semaine délicate, les marchés asiatiques étaient extrêmement volatils lundi matin.

La Bourse de Séoul perdait 0,66% vers 02h10 GMT. Après un très mauvais début de journée, le marché a promptement rebondi après l'annonce par la Banque Centrale de Corée du Sud d'une baisse surprise de 75 points de base de son taux directeur, à 4,25%, mais est retombé dans le rouge par la suite. A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei gagnait 0,40% à la mi-séance, récupérant timidement du terrain après avoir plongé dans la matinée sous les 7.600 points, ce qui ne s'était pas vu depuis 26 ans.

Les investisseurs tokyoïtes sanctionnaient durement les titres des trois plus grandes banques du pays, Mitsubishi UFJ, Mizuho et Sumitomo Mitsui. Un article de presse a prêté à ces institutions financières l'intention de lancer des augmentations de capital massives pour relever leurs ratios de solvabilité, en chute libre en raison de l'effondrement des Bourses mondiales.
La Bourse de Taipeï a pour sa part ouvert sur un plongeon de plus de 6%. Vers 02h10 GMT, Sydney chutait de 2,72%, Shanghai de 2,42% et Manille de 6,10%.
Hong Kong était indécis à l'ouverture, tandis que les Bourses de Singapour et de Kuala Lumpur étaient fermées lundi en raison d'un jour férié. A l'affût de tous les signes de détérioration de la conjoncture, les marchés attendent aussi une avalanche de résultats et de perspectives d'entreprises américaines, européennes et japonaises. Certaines risquent d'annoncer des plans d'économies, des réductions d'effectifs et des abaissements d'objectifs. A New York, ce sera le tour d'ExxonMobil, la première capitalisation du Dow Jones, Kraft Foods
ou encore Procter & Gamble. Egalement annoncés, les géants pétroliers BP et Shell à Londres.

A Francfort, Lufthansa, Bayer, puis la Deutsche Bank ou encore Volkswagen.
A Paris, Alcatel-Lucent, France Télécom, Michelin, l'Oréal et Pernod Ricard.
Après une révision à la baisse des perspectives de Sony vendredi, les géants japonais Panasonic, Honda, Nissan, Toshiba ou encore Hitachi publient aussi cette semaine leurs performances pour le trimestre de juillet à septembre. La Réserve fédérale américaine devrait encore abaisser son taux directeur mercredi, actuellement fixé à 1,5%, et le gouvernement japonais a annoncé dimanche qu'il était prêt à multiplier par cinq, jusqu'à 110 milliards de dollars, le montant à injecter dans les banques en difficulté.
Une banque autrichienne spécialisée dans le crédit aux communes, la Kommunalkredit Austria AG, dont l'un des principaux actionnaires est la banque franco-belge Dexia, a entamé dimanche des discussions avec les autorités afin d'obtenir une aide de l'Etat.

La banque belge KBC poursuivait de son côté des négociations sur un “mécanisme d'aide publique”.
Dans le Golfe, le Koweït a créé une cellule de crise et s'est engagé à garantir les dépôts bancaires, après l'annonce que Gulf Bank, second établissement de l'émirat, avait subi “des pertes” dans des transactions sur des produits dérivés.
Les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) avaient pourtant affiché samedi “leur confiance dans la stabilité” du système financier régional, lors d'une réunion extraordinaire à Ryad.

Les pays du Golfe s'attendent aussi à ce que “les économies du Golfe continuent de croître à un bon niveau”, malgré la chute des cours du pétrole, principale source de revenu. Le brut est tombé vendredi sous les 65 dollars le baril, à des années-lumière des 147 dollars de juillet dernier.
En Europe, les cinq Premiers ministres des pays nordiques tiendront une réunion extraordinaire lundi à Helsinki consacrée à l'Islande. Le FMI avait volé vendredi au secours de ce pays ruiné par la déconfiture de son système bancaire, en lui accordant un prêt de 2,1 milliards de dollars, le premier consenti à un pays d'Europe de l'Ouest depuis 1976.
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Nouvelle journée sombre


Les marchés financiers ont entamé dans le rouge une semaine cruciale pour évaluer l'ampleur de la crise économique mondiale, avec une avalanche de résultats d'entreprises et d'indicateurs économiques attendus généralement sur une note très pessismiste.

Quelques minutes après leur ouverture à 08h00 GMT, Londres cédait 3,32%, Francfort 3,54% et Paris perdait plus de 5%. Deux heures plus tôt, Tokyo s'était effondré de 6,36% en clôture, l'indice Nikkei tombant au plus bas depuis 26 ans. Le marché japonais souffre d'une forte hausse du yen, au plus haut depuis 13 ans face au dollar, qui pénalise les exportations et a sanctionné les titres des trois plus grandes banques du pays --Mitsubishi UFJ, Mizuho et Sumitomo Mitsui-- auxquelles la presse japonaise prête l'intention de souscrire des augmentations de capital massives pour renforcer leur solvabilité. Le gouvernement japonais a annoncé dimanche qu'il était prêt à multiplier par cinq, jusqu'à 110 milliards de dollars, le montant à injecter dans les banques en difficulté et le Premier ministre japonais Taro Aso a dévoilé lundi un nouveau train de mesures anticrise.

Le marché y est resté sourd. Le marché japonais est également resté insensible à un communiqué du G7 --Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie Japon et Royaume-Uni-- qui s'est inquiété de la “volatilité excessive du yen” et s'est déclaré prêt à “coopérer” pour rétablir le calme et la stabilité sur les marchés. Après une très légère dépréciation, la devise japonaise a continué à grimper face au dollar, à 92,97 yens pour un dollar, au plus haut depuis 13 ans. Dans le sillage de Tokyo, les Bourses asiatiques battaient en retraite.Manille a plongé de 12,3%, Shanghai a perdu 6,32% et Taipei 4,65%. Sydney a clôturé en baisse de 1,6%, au plus bas en quatre ans. Vers 08h00 GMT, les Bourse de Hong Kong et Bombay perdaient toutes deux plus de 10%. Seule la Bourse de Séoul a surnagé en gagnant 0,82%, notamment grâce à une baisse suprise du taux directeur de la Banque centrale de Corée du Sud.Depuis le début de la crise à l'été 2007, la perte des richesses mondiales atteint 34.000 milliards de dollars, dont 26.000 milliards pour la chute des actions, selon Patrick Artus, directeur des études économiques du groupe français Natixis.
   
 
   
  Par AFP
   
 

 
 
 
 
 
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