Partenariat entre le Conseil régional et le CRDH-Université
Publié le : 19.04.2009 | 11h34
Dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la précarité ayant pour objectif de garantir aux personnes les plus vulnérables les conditions fondamentales d'une vie dans la dignité, une étude à été élaborée par l'Université Hassan Ier de Settat dans le cadre d'une convention de partenariat entre le Conseil régional, le CRDH-Université.
Supervisée par le professeur Ahmed Najmeddine, président de ladite université, cette étude a évalué la population vivant dans la précarité ou risquant d'y basculer à 10.772 personnes réparties dans les différentes communes des trois provinces de la région (Settat, Khouribga et Benslimane). Ce chiffre représente environ 0,65% de la population totale de la région (3,59% de la population précaire à l'échelle nationale) estimée à qulque 300.000 personnes. Première de son genre, l'étude de la précarité dans la région Chaouia-Ouardigha s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la précarité. Cette dernière a pour objectif de garantir aux personnes les plus vulnérables les conditions fondamentales d'une vie dans la dignité. L'objectif de l'étude, qui s'étend sur l'ensemble du territoire de la région, est l'élaboration d'une carte régionale de précarité sur la base du recensement de la population cible et le diagnostic des centres d'accueil. Ceci va permettre de dégager les besoins de mise à niveau des structures existantes ainsi que les capacités nouvelles qu'il est nécessaire de créer dans le territoire de la région, et ce à travers une planification pluriannuelle pour la période 2008-2010.
Pour rappel, les huit catégories de population en situation de précarité identifiées dans le cadre de l'INDH sont les jeunes sans-abri et les enfants des rues, les ex-détenus sans ressources, les enfants abandonnés, les malades mentaux sans-abri, les femmes en situation de grande précarité sans ressources, les personnes handicapées en situation démunie, les mendiants, les vagabonds et les personnes âgées démunies. La ventilation des chiffres sur les 8 catégories prioritaires a fait ressentir que la catégorie des femmes en situation de précarité sans ressources constitue 27,3% de la population étudiée. Elles sont suivies par les personnes âgées démunies (26,3%). Les personnes handicapées en situation démunies viennent en troisième position avec un pourcentage de 26,2%. L'étude de la précarité au niveau des trois provinces de la région Chaouia-Ouardigha fait ressortir un effectif de 8.247 personnes au niveau de la province de Settat, soit 77% de la population étudiée, 1.535 personnes au niveau de la province de Khouribga et 990 autres au niveau de la province de Benslimane. Une traduction de ces chiffres par rapport à la population totale des trois provinces montre que le phénomène de la précarité, pour ce qui est des huit catégories ciblées, touche 0,86% de la population de la province de Settat, 0,3% de la population de la province de Khouribga et 0,9% de la population de la province de Benslimane.
La répartition spatiale de la population précaire dans les trois provinces de la région a aussi montré que l'ampleur du phénomène est très ressentie au niveau des grandes communes urbaines. Les effectifs les plus importants sont enregistrés au niveau des municipalités de Bouznika (province de Benslimane), Khouribga et Oued Zem et Settat. La segmentation des populatio ns précaires ciblées en catégories distinctes n'implique pas une homogénéité parfaite à l'intérieur d'une même catégorie. Plusieurs facteurs ont été pris en considération pour leur rôle direct dans l'amplification du phénomène et aussi leur effet important sur la nature et le volume des prestations à fournir aux individus appartenant à une même catégorie. Il s'agit, en fait, du profil socio-démographique de la population ciblée qui se traduit en termes de sexe, d'âge, de degré d'intégrité psychique. Il est également question du degré de précarité qui varie en fonction de la stabilité de l'environnement familial et du logement. Trois groupes ont été ainsi identifiés: les personnes vivant dans la rue, les personnes vivant dans les centres d'accueil et les personnes à risque d'exclusion sociale. On a ainsi relevé que les personnes n'ayant pas de logement représentent un effectif de 521 personnes, soit 4,83% de la population précaire.
Cette catégorie est répartie sur les trois provinces de la région avec des taux variables: 281 personnes au niveau de la province de Settat, 196 au niveau de la province de Khouribga et 44 autres au niveau de la province de Benslimane. Quant aux personnes ayant un logement instable, elles présentent un effectif de 1.316 cas : 888 au niveau de la province de Settat, 269 au niveau de la province de Khouribga et 159 au niveau de la province de Benslimane. La catégorie des personnes vivant dans des structures d'accueil se compose généralement d'un large éventail de personnes en situation précaire, vivant dans des structures d'accueil, relevant de l'Etat ou d'ONG. Les cinq centres d'accueil étudiés hébergent un effectif de 739 personnes. Quant aux personnes à risque d'exclusion sociale, elles ont été identifiées sur la base de la situation économique et/ou familiale : 1.487 personnes n'ayant pas de revenu stable mais ayant un environnement familial instable, 1.191 personnes n'ayant ni environnement familial ni revenu économique,199 personnes ayant un revenu irrégulier et un environnement instable et 82 personnes n'ayant pas d'environnement familial mais ayant un revenu économique irrégulier. ----------------------------------------------------------------------
Diagnostic participatif
L'étude a été précédée par une autre sur le diagnostic participatif et qui a concernée 70 communes de la province de Settat. Elle a été mandatée par la direction générale des collectivités locales (DGCL) et l'Agence de développement sociale (ADS) et l'Université Hassan 1er. Abdechakour Rais, alors wali du Chaouia-Ouardigha avait, à plusieurs occasions, indiqué que le diagnostic participatif demeure à la base de tout développement territorial. Ceci à travers une connaissance des problèmes et aussi à travers leur diagnostic. Ces derniers permettent une approche participative transparente basée sur le dialogue. L'objectif étant de multiplier les efforts pour renforcer l'apport des intervenants dans l'opération de développement. Le diagnostic a permis de créer une banque de données et de préparer une carte électronique de suivi réel de toutes les étapes de réalisation sur le plan local des projets de l'INDH.