Les professionnels tablent sur un fléchissement des ventes locales.
Publié le : 22.11.2009 | 10h25
Selon l'enquête d'opinion menée par Bank Al-Maghrib sur un échantillon de 400 entreprises opérant dans le secteur industriel national, il a été révélé que la production industrielle a enregistré une hausse d'un mois à l'autre pour l'ensemble des branches.
57% des réponses font, en effet, ressortir, un développement de l'activité contre 21% signalant une régression, soit un solde de 36%. Pour les trois prochains mois, les industriels s'attendent à une poursuite de cette orientation. La hausse devrait concerner l'ensemble des branches mais à des degrés divers. Dans ce sillage, il convient de noter que le taux d'utilisation des capacités de production a quasiment stagné à 69%. Hors raffinage, ce taux se situe à 67%. Par branche, il a atteint 73% dans les industries agro-alimentaires, 72% dans les industries chimiques et parachimiques, 74% dans les industries électriques et électroniques, 65% dans les industries du textile et du cuir et 56% dans les industries mécaniques et métallurgiques.
Les ventes globales, pour leur part, ont été orientées à la hausse, en liaison essentiellement avec l'amélioration des ventes locales. En revanche, pour les trois prochains mois, les industriels tablent sur un fléchissement des ventes locales et une hausse des ventes étrangères. Plus en détail. Hormis les industries chimiques et parachimiques qui ont connu une baisse des livraisons, les autres branches ont affiché une progression des ventes globales. À court terme, les professionnels tablent sur une amélioration des ventes dans l'ensemble des branches, à l'exception des industries électriques et électroniques et les industries chimiques et parachimiques. Quant aux nouvelles commandes, elles ont affiché une progression durant le mois d'octobre, particulièrement celles adressées aux industries du textile et du cuir, aux industries mécaniques et métallurgiques ainsi qu'aux industries électriques et électroniques.
S'agissant des stocks de produits, ils sont jugés à leur niveau habituel. Quant au carnet des commandes, il reste, selon les industriels, inférieur à la normale. Sur un autre registre, les résultats de l'enquête ont révélé un recul des prix des produits finis d'un mois à l'autre, avec un solde d'opinion de -22%. Une baisse qui, d'après les industriels, devrait se maintenir durant les trois prochains mois. Reste à souligner que la baisse des prix des produits finis observée au niveau global recouvre une hausse des prix dans les industries électriques et électroniques, une stagnation dans les industries du textile et du cuir et une baisse dans les autres branches. A court terme, seuls les opérateurs des industries électriques et électroniques prévoient une hausse des prix des produits finis, les autres branches ayant anticipé une baisse.
Force est de signaler, par ailleurs, que déjà les résultats de l'enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib du mois de juillet ont levé le voile sur des signes d'amélioration, avec notamment une hausse de la production et des ventes, ainsi que le maintien pour le troisième mois consécutif des stocks à leur niveau normal et du taux d'utilisation des capacités à un niveau supérieur à celui observé à fin 2008. Ce qui laisse entendre que les anticipations favorables des professionnels se confirment. ------------------------------------------------------------------
Le textile reprend des couleurs
Après un grand creux ces derniers mois, l'industrie textile pourrait reprendre des couleurs durant les mois prochains. En témoigne une baisse au niveau des exportations des vêtements confectionnés et des articles de bonneterie qui apparaît en décélération par rapport aux mois précédents. Le lourd mouvement de déstockage intervenu en Europe au cours des derniers mois qui touche à sa fin devrait contribuer à cette amélioration. Cette tendance est d'autant plus réjouissante qu'elle intervient sur des marchés européens qui demeurent déprimés. D'ailleurs, les exportations tunisiennes de textile et d'habillement ont repris du poil de la bête, le mois dernier, après avoir fait grise mine durant des mois. Elles se sont, spectaculairement redressées en octobre, atteignant une valeur de 428 millions de dinars, soit 18,3 % de mieux qu'en octobre de 2008 qui fut une excellente année. Il convient cependant de rester prudent car la montée du chômage en Europe va continuer mécaniquement à peser sur la consommation vestimentaire. Et faire preuve d'un optimisme mesuré car les exportations tunisiennes des 10 premiers mois de 2009 restent encore inférieures de 10 % à celles des dix premiers mois de 2008… ce qui, malgré tout, n'est pas une si mauvaise performance dans le contexte de crise économique.