Libéralisation multilatérale dans le cadre de l'OMC
La stratégie de diversification des partenariats n'a pas atteint son point culminant
Publié le : 28.06.2008 | 15h15
Nul doute, les efforts de la libéralisation commerciale sur les plans bilatéral et régional se sont avérés d'une incidence positive sur l'accroissement des flux commerciaux extérieurs du Royaume et, partant, sur le renforcement de son ancrage à l'économie mondiale.
Néanmoins, indique la DPEF (Direction de la prévision et des études financières), une telle orientation ne devrait pas occulter la nécessité de poursuivre la libéralisation multilatérale dans le cadre de l'OMC qui offre des opportunités économiques indéniables, notamment pour ce qui est de la prise en compte des exigences et impératifs de développement des pays émergents et en développement à l'image du Maroc. De plus, la stratégie de diversification des alliances et des partenariats économiques poursuivie par le Maroc ne semble pas avoir atteint son point culminant à même de générer une véritable redistribution du commerce extérieur marocain sur des partenaires-clés.
Le poids prépondérant de l'UE est sans rappel et ne devrait pas connaître d'altération notable du moins à court terme. Ceci est d'autant plus compréhensible que les accords régionaux Sud-Sud conclus par le Royaume pivotent autour de l'accord d'association qui demeure, de loin, le socle de l'intégration régionale. L'entrée en vigueur de cet accord et de son corollaire le démantèlement tarifaire permettent d'offrir quelques enseignements à même de cerner la trajectoire parcourue et d'apprécier ses répercussions préliminaires sur l'économie nationale, notamment en matière des flux commerciaux. En ce qui concerne les exportations, la part de l'UE dans les exportations totales du Maroc est demeurée relativement stable, tandis que du côté des importations, le poids de l'Union européenne s'est progressivement replié (52,4% en 2006 contre 57% en 1996).
Parmi les pays de l'UE, la France et l'Espagne représentent les principaux partenaires du Maroc qui détiennent respectivement 28 et 21% des exportations et 17 et 12% des importations. Pour les conjoncturistes de la DPEF, ceci laisse suggérer d'emblée que le poids de l'Union européenne, comme partenaire commercial de premier plan, n'a connu qu'une légère modification par rapport aux années précédant la conclusion de l'accord d'association. Toutefois, une telle approche simpliste ne permet pas de rendre compte effectivement de l'impact réel du libre-échange avec l'UE. Pour ce faire, il convient de se référer au ratio exportations/ PIB, considéré comme un indicateur permettant d'évaluer l'effet «création de commerce».
Ce dernier est passé de 13,9 à 16% respectivement entre 1996 et 2005. De son côté, le ratio importations/PIB est passé, entre les deux périodes, de 15 à 21,3%. Une telle évolution traduit une relative substitution des produits européens à ceux en provenance du reste du monde. Cette tendance est appelée à s'accentuer en lien avec les besoins croissants de l'économie nationale en matière de rattrapage économique qui sous-tend une forte demande d'importations de biens d'équipement. Ainsi, l'achèvement du démantèlement tarifaire devrait nécessairement générer d'importants effets de détournement de commerce au profit de l'UE.
Au vu des données disponibles, il apparaît clairement que le potentiel de l'accord d'association entre l'UE et le Maroc en matière de création de suppléments de flux commerciaux est loin d'être atteint. La part détenue par le Maroc sur les marchés de l'Union demeure encore en deçà des niveaux atteints par d'autres pays, pourtant, ne bénéficiant pas de sa proximité géographique et culturelle. En revanche, le caractère incompressible des importations en provenance de l'UE constitue un facteur de taille qui explique le caractère ascendant des approvisionnements auprès des fournisseurs européens.
Plusieurs facteurs peuvent être retenus pour expliquer une telle situation. Il s'agit notamment du caractère limité de la libéralisation commerciale qui n'a concerné que les biens d'équipement et intermédiaires, pour lesquels le Maroc dispose de peu d'atouts compétitifs pour élargir sa part de marché, en l'absence d'effets positifs des investissements européens en termes de transferts technologiques. ---------------------------------------
De multiples enjeux…
Une année après l'entrée en vigueur de l'ALE entre le Maroc et les Etats-Unis, les échanges commerciaux entre les deux partenaires ont enregistré une évolution remarquable. Le commerce bilatéral a progressé de 30%, pour s'établir à près de 11,3 MMDH. La part des Etats-Unis dans le total des échanges extérieurs du Maroc est passée ainsi de 3 à 3,5% entre 2005 et 2006. En particulier, les exportations marocaines vers les Etats-Unis se sont chiffrées à 2,1 MMDH. Elles ont porté principalement sur la machinerie électrique, l'habillement, les conserves alimentaires, les chaussures et les fruits et noix comestibles.
De leur côté, les importations marocaines en provenance des Etats-Unis ont progressé plus rapidement pour atteindre 9,2 MMDH. Nonobstant des développements positifs, l'ALE avec les Etats-Unis n'est pas sans enjeux pour l'économie nationale. La libéralisation du secteur agricole, compte tenu de son irréversibilité, constitue une véritable source d'inquiétudes. L'avenir de ce secteur stratégique demeure largement tributaire de la réussite de son processus de mise à niveau. Cette démarche est radicalement différente de celle qui a été retenue avec l'UE.