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Abdelilah Benkiran dévoile le fond de sa pensée
Le nouveau patron du PJD opère des micro-ruptures discursives
 Publié le : 06.08.2008 | 17h55
   
 
 
C'est un homme sûr de lui qu'était Abdelilah Benkiran, fraîchement élu à la tête du PJD, au Forum du Matin, mardi dernier. Depuis qu'il a succédé à Saâd Eddine Othmani, l'on a senti un changement qui s'est opéré dans son comportement. Sourire aux lèvres, le nouveau patron du parti de la Lampe prend la posture du diplomatiquement correct, mesurant ses mots, affable. Bref un gentleman qui n'a presque rien à voir avec la réputation de faucon qu'on lui colle.

Sur les constantes du Royaume, monarchie et institutions, il est sans équivoque. Il le dit, avec la conviction qu'il faut, être hanté par le souci de stabilité, de sécurité et de liberté du citoyen dans son pays. Concernant les prochaines communales de 2009, Benkiran ne nourrit pas de grandes ambitions. Il est, en fait, on ne peut plus clair en affirmant qu'«il n'y aura pas de raz-de-marée» pour la simple raison que le parti n'a pas suffisamment de candidats à présenter. Le responsable ne manquera pas de réaffirmer que son parti est surtout présent dans les villes et qu'il ne faudrait pas par conséquent trop compter sur le rural.

Quant aux alliances possibles, le nouveau SG dit n'avoir pas cessé d'envoyer des fleurs à des partis comme l'USFP, l'Istiqlal ou le MP. Rien n'empêche dès lors que le PJD noue des alliances avec des partis à ancrage comme l'Union socialiste pour tenir tête au MTD et son nouveau parti politique qui verra le jour courant ce mois d'août. Toutefois, Benkiran préfère ne pas donner trop d'importance à ce phénomène sur lequel il n'a pas arrêté de poser des questions. Pour lui, mais avec des nuances mesurées, Fouad Ali El Himma n'est qu'un politique parmi les autres.
S'agissant de sa volonté de gérer autrement le parti, l'invité des « 90 minutes pour convaincre » est pour plus de délégation des pouvoirs.

Il a reproché, entre autres, à Saâd Eddine Othmani de ne pas donner assez de marge de manœuvre à ses collaborateurs. Mais, il ne s'empêche pas pour autant de reconnaître au président du conseil national du PJD les faits d'armes qui ont impacté sur l'évolution de cette formation. Quant à ses priorités et malgré le référentiel islamique du parti, A. Benkiran dit vouloir d'abord honorer le contrat avec les électeurs en menant les réformes qui s'imposent. Et ce n'est certainement pas à coup de leçon moralisatrice que cela puisse être mis en œuvre. Il pense en premier lieu à celle de la justice la qualifiant de pilier de la gouvernance.

L'éducation, l'emploi et la santé viennent ensuite selon l'ordre d'intérêt. Mais avant tout, le nouveau SG a besoin de temps pour se concentrer sur son propre parti, qui est au fronton des priorités de début de son mandat.
   
 
   
  Par Mostafa Bentak | LE MATIN
   
 

 
 
 
 
 
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