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Les cinémas se dépeuplent
 Publié le : 14.11.2007 | 16h41
   
 
 
Des chiffres alarmants sur le secteur au Maroc bien que les productions soient de qualité
 
Paradoxe marocain: alors que les films d'auteurs s'améliorent et se multiplient, le Royaume ne compte guère plus d'une soixantaine de salles obscures fréquentées par 2,5 millions de spectateurs contre 250 salles et 15 millions d'entrées en 1995.
"C'est singulier, nous constatons une hausse significative de la quantité et de la qualité des films produits et une diminution inquiétante du nombre de salles de cinéma et des sociétés de distribution", déplore le réalisateur marocain Saâd Chraïbi, dont le dernier film, ‘'Jawhara'' (fille de prison) est sorti en 2004. Depuis le début de l'année, 15 longs-métrages et une trentaine de courts- métrages ont été réalisés par des artistes marocains. Neuf films marocains ont été primés en 2006 lors des Festivals internationaux de cinéma. Mais la possibilité de les voir au Maroc devient de plus en plus improbable.

Autre hiatus relevé par S. Chraïbi, "le Maroc organise près de 30 Festivals de cinéma, locaux et internationaux, mais aucun n'a réussi à alerter les autorités sur l'inquiétante baisse concernant la fréquentation des salles obscures".
La parabole, le délabrement des salles et le piratage ont porté des coups presque mortels aux salles de cinéma. "Le multiplexe de Casablanca n'enregistre que 700.000 entrées par an, alors qu'il pourrait en réaliser le triple", note Ali Hajji, responsable de la programmation de Casa-Ciné, un festival qui a drainé en une semaine près de 50.000 spectateurs à Casablanca. Si à la tête du box-office national figurent des films marocains, les entrées qui les concernent ne dépassent pas les 150.000, alors qu'en 1998, "Femmes et femmes" de Saâd Chraïbi avait attiré 600.000 spectateurs.

"Avec le piratage, le public a deux possibilités: acheter un DVD à 5 dirhams (environ 0,50 euro) disponible à tout moment ou débourser 35 dirhams (3 euros) pour un ticket de cinéma", a-t-il ajouté. "Nous réfléchissons à la reconversion des salles à l'abandon. Rénovées, elles pourraient devenir des salles d'art et d'essai ou des multiplexes qui représentent le mode de consommation du futur", a-t-il expliqué à l'AFP.

Près d'une trentaine de villes n'ont déjà plus de salles de cinéma, alors que le Maroc se distinguait sur ce point de ses voisins maghrébins. "En Algérie, nous devons avoir au maximum 10 salles de cinéma qui fonctionnent, entre Alger, Oran et Constantine", assure Nadir Moknèche, réalisateur algérien de "Viva Laldjérie" et de "Délice Paloma".
"Le cinéma s'est développé avant l'Indépendance et nous possédons des trésors méconnus de cette époque au Centre cinématographique marocain", confie Khalil Benkirane, réalisateur et responsable de la programmation des documentaires au Festival de Casa-Ciné. Après 1958, le cinéma marocain n'a connu qu'une ‘'parenthèse de liberté''. "L'image représentait un danger durant les années de plomb", explique Dalila Ennadre, réalisatrice des documentaires "Je voudrais vous raconter" et "El Batalett".

Lors de Casa-Ciné, les documentaristes ont fait part des difficultés que rencontre ce genre au Maroc, faute d'institutions et d'aides publiques. "Notre pays change énormément, nous devrions pouvoir filmer en permanence dans la rue pour en rendre compte", constate Khalil Benkirane, faisant allusion à la modernisation dans laquelle s'est engagé le Royaume.
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Des salles qui ferment

Ce n'est un secret pour personne, le nombre des salles de cinéma n'en finit pas de faire peau de chagrin depuis les années 80. «Nous étions à quelque 280 salles en 1980, nous en serons probablement à la fin de 2006 à 70, voire 60 salles sur tout le Maroc », avertit Hassan Belcadi, secrétaire général de l'Association marocaine des salles de cinéma.

Les propriétaires pointent un doigt accusateur vers le piratage, devenu il est vrai, une véritable industrie, mais le problème, semble-t-il, est un peu plus compliqué que cela. Les nouvelles technologies, qui permettent aujourd'hui d'avoir son cinéma chez soi, ont certainement une relation avec la désaffection du public à l'égard du cinéma, de même la profusion de l'offre cinématographique qui provient de partout dans le monde.

Il faut savoir que les salles de cinéma ne peuvent plus avoir la même fonction que par le passé où elles avaient le monopole de l'offre.
   
 
   
  Par AFP
   
 

 
 
 
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