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mise à jour : 02 septembre 2010, 19h22 GMT
 
 
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Institut de recherche et de développement
La science citoyenne
L'éducation scientifique est devenue un des principaux enjeux face aux défis mondiaux.
 Publié le : 02.11.2009 | 15h11
   
 
 
Pour trouver une réponse aux grands défis mondiaux (changement climatique, maladies émergentes, nanotechnologies, etc.), l'opinion publique occidentale commence de plus en plus à interroger les scientifiques. Avec le basculement des sociétés à l'économie de savoir, le rôle de la science provoque un débat dans les pays industrialisés.
 
Ainsi pour réduire la fracture scientifique entre le Nord et le Sud, un programme de promotion de la culture scientifique (PCST) dans les pays en voie de développement, financé par le ministère français des Affaires étrangères et européennes, a été mis en œuvre par l'Institut de recherche et de développement (IRD) depuis 2004 et devra s'achever en décembre prochain. « Sept appels à projets ont été effectués à l'issue desquels 157 projets ont bénéficié d'un soutien technique et financier. Des 10 pays participants à ces appels, c'est le Maroc en égalité avec le Cameroun dont le nombre de participants est le plus important. Les bilans de ces appels ainsi que la plupart des réalisations sont présentés sur le site internet, dédié à la culture scientifique dans le Sud, LatitudeScience. "Même après la fin de ce programme, nous continuerons à animer ce site, car nous avons inscrit la CST dans nos programmes à venir. Enfin, les Instituts culturels français resteront des partenaires pour les différents acteurs nationaux", a indiqué Marie-Lise Sabrié de l'IRD, lors du colloque international sur le thème « La culture scientifique et technique au Maroc : esquisse d'un état des lieux et perspectives d'une politique nationale à la lumière des expériences étrangères ».

Une rencontre a été organisée dernièrement à Rabat par le Centre national pour la recherche scientifique (CNRST) et le Réseau national pour la promotion et la diffusion de la culture scientifique et technique (RNCST). Aux côtés de ces deux acteurs, il existe d'autres structures de promotion de la CST au Maroc telles que l'Académie Hassan II des sciences et techniques, initiatrice annuellement de la Semaine de la science, le Réseau marocain pour la culture scientifique (REMECS), l'Association des enseignants des sciences de la vie et de la terre (AESVT), le Réseau des astronomes amateurs du Maroc (RAAM), etc. Ce rendez-vous a été marqué par la présentation de l'expérience française en matière d'éducation scientifique « La main à la pâte ». « Dans l'enseignement de la science, il existe deux méthodes. La première est verticale : l'information sort de la bouche de l'enseignant pour aller vers l'élève. Par exemple l'eau bout à 100 degrés.

La deuxième est horizontale : l'enfant va à la rencontre de la nature pour faire travailler son imagination. Sur ce registre, l'élève doit faire l'expérience de l'évaporation de l'eau», a souligné Yves Quéré, physicien, membre de l'Académie française des sciences, professeur à l'école polytechnique et spécialiste de l'enseignement des sciences. Quant à Ahmed Djebbar, ancien ministre algérien et historien des sciences au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en France, il a indiqué qu'il existe d'autres moyens pour intéresser les enfants à la CST, tels que la mise en valeur du savoir-faire ancestral. Sur ce registre, cet universitaire appelle à la valorisation du patrimoine scientifique marocain par la promotion de l'ethnoscience. Pour le reste, des expériences étrangère et nationale de CST ont été présentées. On retiendra celle du « Club science citoyenne » à Casablanca qui organise des ateliers scientifiques en milieu rural.

Quant au débat, les participants ont demandé la réalisation d'un état des lieux de la CST et la promotion de la médiation scientifique au Maroc. Il est à noter qu'un master médiateur scientifique, artistique et culturel a été créé par l'Institut des sciences de l'éducation à Rabat. Les participants ont discuté également du rôle du RNCST dans le pilotage d'une politique de CST. Selon certains, ce réseau est lié au CNRST et il lui sera difficile d'être indépendant. D'autres invités à ce colloque ont été surpris d'apprendre qu'un projet de Cité des Sciences dans la capitale est en gestion sans être consultés. « Il faut se méfier des grandes réalisations. Il est conseillé de commencer par un bâtiment modulaire et d'avancer petit à petit. Si le succès ne se réalise pas, cela risque d'avoir des retombées catastrophiques sur l'image de la science dans le pays », a expliqué M. Quéré. Autre sujet de discorde, la date de la Semaine de la science célébrée en ordre dispersé au nom de l'autonomie de l'université.
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Témoignage
«On propose des expositions itinérantes sur DVD»

Le Centre national de recherche scientifique (CNRS) fait de la médiation scientifique vers le grand public en partenariat avec les TV françaises et Cité des Sciences à Paris. Il existe sur notre site CNRS Image une photothèque. C'est gratuit. Il faut seulement créer un compte. Le site propose également des visites virtuelles de laboratoires. Nous proposons des expositions numériques itinérantes aux écoles par l'envoi des DVD. Elles peuvent être imprimées sous forme de petits livrets. Le public peut trouver aussi sur notre site d'autres rubriques telles que « Science au lycée », «Saga sciences », etc. Catherine Balladure • CNRS Image à Paris

«Absence de la culture scientifique en préscolaire»
Plusieurs constats entravent la promotion de la culture scientifique et technique (CST) dans notre pays tels que l'absence de la culture scientifique en préscolaire, ainsi que l'inexistence de formation pour les éducatrices de ces établissements scolaires. Autre obstacle, la faiblesse de l'exploitation des manuels d'éveil scientifique au niveau du primaire à cause des méthodes d'enseignement utilisées (absence d'expérimentation, manque de formation des enseignants). Par ailleurs, l'enseignement des matières scientifiques au collège et au lycée est lésé par le manque des moyens d'expérimentation, l'absence des séances de travaux pratiques dans certains établissements et le grand effectif des élèves dans les classes. MALIKA IHRACHEN • AESVT à Casablanca
   
 
   
 
 Repères
France
  «Notre centre se positionne comme un acteur local. Dans ce sens, il propose des solutions partant de la réalité en matière d'éducation scientifique comme l'organisation d'un débat entre agriculteurs, ostréiculteurs et scientifiques », a indiqué Didier Moreau de l'Espace Mendès France à Poitiers.
  Canada
  «Nous avons suscité depuis 2000 un débat sur le rôle de la science dans la société. Il y a eu également sensibilisation des élus par l'organisation de petits déjeuners avec ces représentants. Quant aux patrons, ils ont ouvert leur usine au public pour lui expliquer leur travail», a noté Lise Santerre du Conseil de la science et de la technologie au Québec.
  Espagne
  «C'est un musée interactif dont l'objectif n'est nullement de montrer des choses, mais de les expérimenter. Notre démarche repose aussi sur la rencontre de la science avec le théâtre et la musique », a indiqué Javier Médina du parc des sciences de Grenade.
  Par Rachid Tarik | LE MATIN
   
 

 
 
 
 
 
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