Plongée dans une sérénité qui anticipe un hiver placide, un tantinet glamour, luxueuse et transformée en «Watch Valley», la ville de Monaco vient d'abriter un événement international significatif : la présentation par Franck Muller, le bijoutier genevois, d'une partie de sa précieuse collection de montres.
Le Maroc, si l'on peut dire, a été convié à cette manifestation qui a réuni les représentants du même groupe, mais aussi le gotha de la joaillerie mondiale. Kamal Séfrioui, président des boutiques Mystères de Casablanca, Fès et Marrakech, distributeur exclusif entre autres des marques Chaumet, Grisogono, Fred et Choppard notamment, a marqué sa présence avec la présentation d'un projet de création d'un grand événement au Maroc. Il est, par ailleurs, considéré comme le « meilleur distributeur » dans la région par les dirigeants du groupe Frank Muller. Quelque 600 distributeurs, amateurs des montres par dizaines, représentants de la presse internationale spécialisée, tous se sont retrouvés dans le cadre idyllique du palace Monte Carlo Bay et dans les salons lambrissés d'empire de l'hôtel de Paris.
Franck Muller et son associé Vartan Sirmakes, entourés de leurs proches et de leurs collaborateurs ont décidé de relever le pari par temps de crise : le premier « World Presentation of haute horlogerie » et le tout premier modèle Aeternitas Mega 4, considérée par les orfèvres montre compliquée mais tout de suite adulée, comportant une sonnerie Carillon Westminster. Elle a été remise lors du dîner de gala à un puissant acheteur américain. C'est aujourd'hui la dernière de la manufacture genevoise et le porte-drapeau de la collection « Conquistador Grand Prix » qui conjugue tendance sportive et innovation technologique du groupe Franck Muller. La collection Infinity Reka et Reka Safari, dédiée aux femmes apportent une touche et une sensualité qui n'a d'égale que l'engouement de centaines de femmes de par le monde pour une montre innovée. Une star de la télévision italienne, Ana Lache, est venue spécialement à Monaco pour la porter.
La remise de la « Franck Muller Aeternitas Mega 4 », dernier et prestigieux cri de la nouvelle collection est le fruit de cinq ans de travaux et de recherche. C'est , susurre-t-on dans les couloirs de l'événement, « le bracelet le plus compliqué du monde », avec notamment 36 complications, dont 25 visibles sur le cadran et le fond de la boîte, elle-même dotée et armée de 1483 composants. Sa valeur marchande est de 2,7 millions de dollars, ce qui fait d'elle la montre la plus chère jamais vendue, en dehors des enchères. Ce qui n'a pas empêché Michael J. Gould, arrivé par Jet privé de son profond Colorado, aux Etats-Unis, collectionneur invétéré, de venir l'acheter lors de la soirée de gala. Ce décor en dorures mais sobre a vite fait d'éclipser la dernière manifestation organisée il y a peu au « château » de Genthod et le trio de la Traviata a animé, en chœur, une soirée de gala haute en couleurs et forte en symboles.
L'histoire du groupe « Franck Muller» s'apparente à une saga, elle est consubstantielle à son fondateur, quand bien même ils seraient deux à en tracer la ligne d'évolution. Un site historique, planté dans un décor original, le « Watchland » de Genthod qui abrite la manufacture, un esprit de communication, des inventeurs et des équipes compétentes, c'est une machine de fabrication de très haut niveau, élevée en face du Mont-Blanc et du lac, visité tous les jours par les passionnés de la montre, mais surtout par le mythe de ce jeune horloger dont le nom, comme un mage, survole les esprits et les continents. On se bouscule au portillon pour visiter le Watchland de Franck Muller, au Genthod mais aussi à Plan-les-Oautes, Vernier, Meyrin et dans les « bois » des Franches-Montagnes , du Jura, on lui fait la courte échelle parce qu'il est porteur d'un projet d'usine de 30 millions de francs suisses.
Partout dans le monde des enseignes portant son nom sont inaugurées. Ce sont aussi quelque 1500 employés qui fourmillent, rappellent et maintiennent une tradition ancestrale d'horlogerie qui est à la Suisse profonde ce que l'identité universelle est à une nation. On dit que pour « réaliser une montre Franck Muller, il faut 30 métiers » qui vont du cadran au tourbillon en passant par la gravure ! Bel euphémisme ! Franck Muller était un passionné des objets, des vieux objets métalliques, collectionneur qui ratissait large dans les vieilles boutiques d'antiquaires, en quête d'objets et d'instruments démodés. Il tomba un jour sur une montre Rolex, qu'il prendra en affection, il la transformera, notamment au niveau du cadran et des chiffres qu'il renversera. Il la présentera à des amis, elle fera ainsi le voyage dans le temps et dans l'espace, elle vaudra ainsi son pesant d'or, parce qu'entre temps, d'une aventure passionnée à une création en série, Franck Muller ne sera pas le Franck du petit village ou même de Berne, mais l'inventeur universel.
Cette montre de collection, baptême du feu s'il en est, a été achetée à des millions de dollars par un collectionneur de New York qui a pris la peine de se déplacer à Genthod et la décliner non sans fierté devant son créateur. Emblématique, Franck Muller voue une passion pour le Maroc et Marrakech en particulier. Il a créé un modèle qui porte le nom de la ville ocre, véritable joyau. Il réfléchit à l'élargissement de son espace au Maroc, mais parle de celui-ci, de sa civilisation, de ses institutions, de son Roi et de son peuple avec tendresse. Franck Muller est un mystique, comme on n'en voit pas de nos jours. Il incarne le challenge mais ne perd jamais son humanisme, quand bien même le succès, les flonflons et le clinquant menaceraient quotidiennement l'apaisement et une certaine sagesse qu'il entend préserver.