Les engagements réitérés lors du Conseil de gouvernement
Vers une issue favorable du dossier de l'enseignement supérieur
Publié le : 18.01.2008 | 16h57
Après les derniers débrayages dans le secteur de l'enseignement, le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, Ahmed Akhchichine, a été amené à informer le Conseil de gouvernement des développements du dialogue social avec les partenaires sociaux.
A priori, il semble satisfait du déroulement des négociations, quoiqu'il affiche sa déception des grèves observées lors des dernières semaines par certaines centrales syndicales. Il signale la plus haute importance de la poursuite du dialogue et la garantie de son institutionnalisation à tous les niveaux de la gestion en tant que mécanisme fondamental pour la gestion et la lutte contre les dysfonctionnements plutôt que de se contenter de régler les problèmes en suspens.
De ce fait, les partenaires sociaux pourraient participer à l'élaboration des choix stratégiques du système de l'éducation et de la formation. Dans le domaine de l'enseignement supérieur, il paraît que le dossier revendicatif s'achemine vers une issue favorable.
Le Syndicat national de l'enseignement supérieur universitaire (SNESUP) avait observé, il y a quelques jours, une grève en raison de la non application des accords conclus avec le ministère en août dernier. Les syndicalistes étaient on ne peut plus conscients que la balle est dans le camp de la Primature et mettaient, ainsi, la pression en appelant à la grève.
Leur action semble avoir tenu ses fruits, puisque plusieurs projets de loi viennent d'être adoptés lors du dernier Conseil de gouvernement. Mais, le SNESUP reste, malgré tout, méfiant. Contacté par Le Matin, Fouzia Guedira, secrétaire général du syndicat, préfère attendre quelques jours avant de pouvoir se prononcer. " Nous sommes convaincus de la légitimité de notre cahier revendicatif et nous continuerons à militer jusqu'à l'aboutissement de nos requêtes ", dit-elle. Le bureau du SNESUP a tenu une réunion jeudi dernier et a envoyé, hier, une lettre au Premier ministre pour demander une audience afin d'être informé des résultats du Conseil de gouvernement.
Ce dernier vient d'adopter plusieurs textes relatifs à l'enseignement supérieur. Il s'agit en premier lieu d'un projet portant modification aux deux décrets relatifs aux statuts des enseignants chercheurs dans l'enseignement supérieur et de ceux exerçant dans les établissements de formation des cadres supérieurs. Il permettra aux professionnels et experts marocains et étrangers ayant des compétences scientifiques et une expérience professionnelle d'assurer des fonctions d'enseignement, en vertu de contrats de durée fixe, et donnera aux candidats qui désirent préparer un doctorat d'Etat ou universel un nouveau délai allant jusqu'au 1er septembre 2012.
Cet amendement permettra également aux détenteurs d'un doctorat d'Etat ou d'un diplôme dont l'équivalence est reconnue de participer aux concours d'embauche dans le cadre des maîtres assistants. On procédera également à une classification des enseignants assistants de l'enseignement supérieur ayant décroché un doctorat d'Etat dans cette même période.
Le projet a trait aussi à un point fondamental qui a fait couler beaucoup d'encre : le règlement de la situation administrative et financière des enseignants chercheurs titulaires du doctorat français embauchés avant le 20 février 1997. Et ce, en les réintégrant dans le grade de professeurs qualifiés à compter de septembre 2004, tout en préservant l'expérience acquise et en leur permettant de passer le concours de professeur d'enseignement supérieur une fois qu'ils auront l'ancienneté requise. ---------------------------------------------------------
Adoption de six projets de décrets
Le Conseil de gouvernement a adopté six projets de décrets présentés par le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique. Le premier texte, modifiant et complétant le décret relatif aux établissements et cités universitaires, porte sur la création de sept nouveaux établissements universitaires et le changement du nom d'un établissement universitaire à Casablanca.
Le deuxième projet porte modification aux deux décrets relatifs aux statuts des enseignants chercheurs dans l'enseignement supérieur et de ceux exerçant dans les établissements de formation des cadres supérieurs. Le troisième projet de décret porte sur le régime d'études et d'examens pour l'obtention du doctorat, du diplôme des études supérieures approfondies et du diplôme des études supérieures spécialisées, ainsi qu'aux conditions et procédures relatives aux établissements universitaires habilités à dispenser ces études et à délivrer ces diplômes.
Le quatrième texte définit les mesures disciplinaires fixées par le Conseil de discipline de l'établissement à l'encontre des étudiants qui ne se conforment pas aux règlements régissant l'université, les établissements et les centres y relevant. Le cinquième projet est relatif aux indemnités dont bénéficient les enseignants qui dispensent des cours dans l'enseignement supérieur. Le sixième texte porte sur les indemnités accordées aux cadres de l'administration de l'Education chargés de la gestion des établissements de l'éducation et de l'enseignement public.