Les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité et cofondateur des Nations unies en 1945, viennent de réitérer leur soutien officiel aux efforts de l'organisation mondiale pour un règlement du problème du Sahara. A l'issue de ses entretiens avec son homologue marocain, Taieb Fassi Fihri, Condoleezza Rice a exprimé son appui personnel à ces efforts et souligné aussi la convergence entre le Maroc et les Etats-Unis sur ce point et d'autres questions d'intérêt commun. La position de la Secrétaire d'Etat américaine, quand bien même elle ne serait pas nouvelle, apporte un supplément de clarification à la vision américaine dans ce conflit.
On rappellera qu'au lendemain du 3e round des pourparlers de Manhasset, le gouvernement américain a exprimé sa satisfaction concernant la « proposition du Maroc d'accorder une véritable autonomie au Sahara ». Les responsables américains estiment que « l'autonomie fournit une option sérieuse et crédible, un point de départ réaliste capable de mener vers un règlement de ce conflit ». En rappelant ces différentes positions et les déclarations diverses qui les soutiennent, nous sommes en mesure de soutenir que la position américaine à l'égard du processus de règlement au Sahara n'a aucunement changé. Washington soutient ainsi les efforts de l'ONU, mais surtout se réjouit que le projet d'autonomie du Maroc constitue un « bon point de départ, crédible » et plausible.
L'administration américaine est connue pour ne soutenir des initiatives que sur la base d'un constat réaliste et lucide. Elle ne fait jamais de concession et, dans l'affaire du Sahara précisément, elle défend le principe d'un règlement politique juste et équitable. A l'intérieur comme à l'extérieur du Conseil de sécurité où leur voix pèse d'un grand poids et leur influence joue un rôle décisif, les Etats-Unis adhèrent comme toujours au credo de la paix et du dialogue comme moyen pour y arriver. Leur philosophie politique ne se trouve nullement en contradiction avec leurs déclarations, lancées ici et là, pour dire que la région du Maghreb devrait être épargnée des embrasements qui sévissent un peu partout ailleurs.
Les menaces proférées à longueur de journée par un polisario de plus en plus belliqueux, qui plus est partie prenante dans le processus de Manhasset, ne les laissent ni indifférents ni, en revanche, suscitent leur inquiétude outre mesure. Les Etats-Unis suivent à coup sûr avec intérêt les efforts déployés par les Nations unies pour mener à bien le processus de règlement au Sahara. Ils s'aperçoivent sans difficultés que la bonne volonté et la bonne foi du Maroc se heurtent à la malveillance permanente d'un polisario arrogant et d'une Algérie encline plus que jamais à saboter la dernière chance de la paix dans cette région stratégique, sensible et fragilisée qu'est devenu encore le Maghreb.
La diplomatie américaine n'a pas perdu de son poids depuis qu'elle a cessé, il y a quelques années, à ne regarder les conflits du monde qu'à travers le prisme de la rivalité Est-Ouest. A présent, elle entend réduire la dimension, la géographie et la pertinence des conflits. Et celui du Sahara, pourvu aujourd'hui d'une solution cohérente et consensuelle avec le projet d'autonomie, s'inscrit bel et bien dans le cadre de la vision que Washington entend tracer pour le monde parce que ce projet incarne la solution d'avenir…