Le trend haussier des prix a été freiné et même des chutes ont été opérées
Publié le : 23.06.2009 | 17h23
Les principaux indicateurs du secteur révèlent une reprise de l'activité immobilière au cours des deux derniers mois de 2009.
Les indicateurs qui renseignent indirectement sur l'offre et la demande en logement montrent la nette progression de ces deux composantes du marché immobilier par rapport à leur situation au cours du quatrième trimestre de 2008. Aujourd'hui le marché immobilier ne connaît pas de crise, mais plutôt une récession positive. Les principaux acteurs du marché immobilier sont toujours en très bonne santé. Les ménages continuent d'animer le marché du logement principal. Les banques poursuivent le financement du secteur et les promoteurs nationaux et internationaux continuent d'investir pratiquement au même niveau que l'année passée.
Toutefois, le retour de conjoncture, constaté dernièrement, a opéré une autorégulation importante du marché. D'une part, la tendance haussière des prix a été freinée et même des chutes ont été opérées. La production de logements commence à s'orienter plus vers des produits plus adaptés aux besoins du marché. Un retour important des phénomènes négatifs qui ont émergé ces derniers temps en parallèle au développement rapide qu'a connu le secteur. Ainsi, la spéculation et le noir, deux faits nuisibles pour le secteur, connaissent aujourd'hui un recul important selon les données d'une récente étude menée auprès d'un échantillon représentatif d'acquéreurs. Aussi, les chiffres disponibles montrent que la forte pression qui s'est faite sur le foncier est en train de fléchir, les acquisitions des grandes surfaces foncières se fait de plus en plus rare, suite au manque de visibilité chez les investisseurs. Même les banques refusent, aujourd'hui, catégoriquement le financement des acquisitions foncières. Les promoteurs essaient d'exploiter les réserves foncières déjà constituées au cours de la phase précédente.
Aujourd'hui, la majeure partie des transactions concernent le marché de logement principal. Les prix de sortie au niveau du marché de logement primaire sont plus étudiés, et les marges pratiquées tendent à être plus correctes. L'État, à travers le Groupe Al Omrane, continue de booster le marché immobilier et le dynamiser à travers plusieurs actions stratégiques. La promotion de logement de faible coût et l'habitat social et le logement destiné aux couches moyennes. Les investissements directs programmés pour 2009 seront de l'ordre de 8,5 milliards et l'activité physique va porter sur des mises en chantier de l'ordre de 190.000 unités d'habitat. La mobilisation du foncier public qui va jouer un rôle important dans la régulation du marché en faveur des couches sociales cibles.Le système bancaire continue jusqu'à aujourd'hui de soutenir le secteur de la promotion immobilière. Les taux bancaires sont toujours très favorables suite d'une part à la politique monétaire adoptée par Bank Al-Maghrib qui a décidé récemment de baisser son taux directeur de 25 points de base. Et par l'élargissement de la garantie de l'État à travers le Fonds Daman Assakan en faveur des ménages des couches moyennes qui veulent acquérir leur logement.
Les derniers indicateurs disponibles révèlent que le secteur de l'immobilier et le premier destinataire des crédits. Avec près de 30%, ce secteur occupe le 1er rang par rapport au reste de l'économie nationale. Au cours des quatre premiers mois de cette année, les crédits drainés par l'immobilier soit pour l'acquisition ou pour l'investissement ont atteint 17,5 milliards de DH en augmentation de 72% par rapport à la même période de 2008. Les ventes du ciment, qui représentent, un indicateur important sur la santé des investissements dans le BTP et particulièrement la promotion immobilière ont enregistré une reprise importante par rapport au 4e trimestre de 2008. Les ventes des quatre premiers mois de 2009 ont atteint 4,8 millions de tonnes, ce qui révèle que nous sommes pratiquement au même niveau d'investissement que l'année dernière. ------------------------------------------------------------------
Ventes de ciment à fin mai
Selon l'Association professionnelle de Cimentiers (APC), les ventes de ciment ont progressé, le mois de mai, de 2,35% comparativement au même mois de l'année précédente à 1,39 million de tonnes. Sur les cinq premiers mois, l'écart par rapport à la même période de 2008 est presque résorbé. En effet, le recul n'est plus que de -0,78% à 6,15 millions de tonnes, au lieu de -3,64% à fin février, -2,48% à fin mars et -1,66% à fin avril. Par région, le centre sud (Marrakech, Tadla-Azilal et Doukkala-Abda), le centre nord-est (Rabat-Salé, Meknès Fès et régions) et l'ouest (Grand Casablanca et Chaouia-Ourdigha) sont les premiers consommateurs. Ces trois régions dépassent les 250.000 tonnes vendues en mai. Par ailleurs, le Nord (Tanger et Tétouan), le Sud et l'Oriental se maintiennent sous la barre des 200.000 tonnes. Les chiffres de l'APC montrent, également, que le négoce continue d'accaparer le gros des ventes de ciment avec 73% à fin mai dernier, contre 72% durant la même période un an auparavant. Le BTP suit avec 11% (légère baisse par rapport au 13% de l'année dernière), alors que les bétons prêts à l'emploi (BPE) et le préfabriqué se situent respectivement à 10% et à 6%. Pour sa part, le conditionnement en sac concerne 72% des ventes contre 22% pour le vrac.