Même en temps de crise, la franchise enregistre au Maroc une évolution extraordinaire. Cette année, le secteur connaît une progression de 8% en nombre d'enseignes et de 12% en celui des points de vente, le pays étant en mouvements socio-économiques importants ces dernières années. En effet, la franchise y compte parmi les secteurs les plus dynamiques et connaît un essor grâce à l'amélioration du pouvoir d'achat, l'évolution du consommateur marocain, la démocratisation du crédit à la consommation et l'ouverture croissante du Royaume sur le monde.
Par ailleurs, la nature de l'investissement n'y est pas pour rien: la franchise séduit de plus en plus les investisseurs locaux car le franchisé, tout en étant propriétaire de son entreprise, est juridiquement indépendant et bénéficie du savoir-faire et de la réputation d´une enseigne. C'est le contexte qui a marqué «Maroc Franchise 2009», le salon marocain de la franchise et du commerce, qui s'est déroulé du 7 au 10 mai à la Foire internationale de Casablanca en sa 8e édition.
Salon et secteur matures. Initié par la Fédération marocaine de la franchise (FMF), «Maroc Franchise 2009» se veut une plate-forme fournissant toute la logistique nécessaire pour canaliser des investisseurs motivés et prêts à entreprendre, ainsi qu'un espace de rencontre et d'échange d'expertises entre les franchiseurs, franchisés, développeurs de réseaux et investisseurs, afin d'améliorer leurs compétences dans le domaine, ont indiqué les organisateurs lors d'une conférence de presse tenue jeudi à Casablanca.
Le Salon a connu la participation d'experts financiers et juridiques. Ils sont intervenus pour expliquer la nouvelle culture de la distribution et clarifier les principes de base de la franchise, les conditions de son développement au Maroc, sa réglementation et ses limites. Au programme aussi figuraient plusieurs rencontres notamment sur «le financement de la franchise» et «la franchise en période de crise économique». Parallèlement, la présence de conseillers à cet événement a permis d'apporter appui et encadrement aux futurs opérateurs afin de réussir leur implantation et leur développement. Et dans une démarche d'accompagnement des investisseurs, un pôle immobilier a proposé des emplacements commerciaux stratégiques et variés en fonction de la spécificité des commerces et des enseignes.
Côté international, ont participé au «Maroc Franchise 2009» des délégations provenant de la France, d'Algérie, du Liban, de Dubaï et d'Abou Dhabi, pour la présentation des opportunités de partenariat entre le Maroc et ces pays et ces émirats. Pour Abderrahmane Belghiti, président de la FMF, la tenue de ce salon est une preuve de la vitalité du secteur. «Les enseignes s'installent tous les mois dans des secteurs diversifiés, faisant le bonheur des consommateurs qui les accueillent avec satisfaction, car ils trouvent aujourd'hui près de chez eux les marques et les produits qu'ils achetaient auparavant à l'étranger», affirme-t-il. S'agissant des contraintes qui relativisent encore l'essor du secteur, A. Belghiti avance deux handicaps majeurs : le financement et l'inaccessibilité de l'immobilier commercial, au coût souvent prohibitif et le foncier étant parfois rare.
Selon lui, ceci peut être transcendé à l'avenir avec la mise en place par les banques de produits spécifiques à la franchise et aussi la poussée du concept «Mall» dans les grandes villes du Maroc. Cependant, il n'en demeure pas moins que l'avenir de la franchise au Maroc est prometteur, car pour le président de la FMF, il existe encore des secteurs d'activité qui restent à investir et aussi d'autres horizons d'implantation en dehors de l'axe Casablanca-Rabat. Sur le positionnement du Maroc dans le domaine, il note que le Royaume avec l'Egypte sont les seuls pays dans le monde arabe où la franchise a atteint un stade de développement significatif.
Un rayonnement qui serait à s'amplifier avec des améliorations administratives, estiment des professionnels de la franchise, avançant la persistance d'une certaine lourdeur en matière d'octroi des autorisations et plaidant pour un allègement à ce niveau comme pour une large communication autour du concept de la franchise qui demeure encore peu connu.
Autre préoccupation, il est nécessaire pour les opérateurs marocains dans la franchise d'orienter leurs investissements dans le créneau des services et des nouveaux métiers et de ne point se contenter, comme il est souvent le cas, de la distribution, option primaire de la franchise. D'autant que certains secteurs restent sous-exploités ou carrément inexploités, comme l'éducation, les loisirs, l'informatique, l'Internet, l'artisanat ou encore la cuisine marocaine.
Confection et cosmétique
La France se maintient comme principal pays d'origine des réseaux implantés au Maroc avec 34% des enseignes, concentrées principalement dans les secteurs de la confection, de la cosmétique et de la coiffure. D'où, l'importance de ce salon de la franchise et du commerce, véritable carrefour de rencontres et de découvertes de la diversité de l'offre proposée par toutes les formes de commerce en réseau, découlant de plusieurs secteurs d'activité.
Enfin, un espace exclusif réservé à la FMF a permis à ses membres d'informer et conseiller gratuitement les visiteurs du salon sur la franchise, son cadre légal, ses obligations et ses spécificités par rapport aux autres formes de commerce.