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mise à jour : 08 septembre 2010, 18h34 GMT
 
 
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Santé Mentale
Le triste quotidien des malades
La Journée mondiale de la santé mentale, célébrée chaque 10 octobre, semble oublier nos patients
 Publié le : 07.10.2008 | 16h58
   
 
 
Il serait bon à savoir que la schizophrénie touche 1% de la population marocaine, soit 300.000 personnes.
 
Que 42% de la population, soit 12,6 millions de Marocains, souffrent de maladies mentales (même s'il s'agit de phobies !). Et pour couronner le tout, il n'y a que 350 psychiatres exerçant dans notre pays ! «La situation des troubles mentaux au Maroc est pour le moins dramatique. A vrai dire, nous avons beaucoup de pain sur la planche, mais nous continuerons à nous battre même si on n'avance que d'un millimètre», souligne le professeur Driss Moussaoui, présent lors d'une conférence tenue le 6 octobre dernier, à quelques jours de la Journée mondiale de la santé mentale. «Ce n'est pas facile de travailler en psychiatrie dans notre pays, preuve en est le nombre de psychiatres en exercice. De plus, l'exemple le plus concret de cette situation c'est qu'à Casablanca, la ville la plus peuplée du Royaume, il n'y a pas d'hôpital psychiatrique! Il y a seulement un centre de psychiatrie qui laisse à désirer», témoigne Naima Trachen, présidente d'Amali, association marocaine d'appui, de lien et d'initiation des familles de personnes en souffrance psychique. Ce témoignage en dit long sur l'indifférence sociale à l'égard des personnes atteintes d'un trouble mental au Maroc.

En effet, ledit centre psychiatrique est un service universitaire comprenant 200 lits, où il est de coutume de voir une seule infirmière veiller, de jour comme de nuit, sur une cinquantaine de malades mentaux. Cet exemple suffit pour nous donner une idée sur les afflictions endurées par les malades mentaux, ces châtiés de la vie! Néanmoins, le travail associatif qui doit accompagner les efforts d'Amali, est complètement inerte. A titre d'exemple, aucune association marocaine ne daigne se sacrifier pour le soutien moral et médical des personnes schizophrènes. Après la schizophrénie, vient la psychose maniaco-dépressive (suivies d'autres psychoses!). Celle-ci n'est pas moins ravageuse que la première dans notre pays, mais elle reste relativement la moins connue, d'où l'absence de statistiques exactes la concernant, et par conséquent, de sa prise en charge à temps. Mais qu'en est-il de ses causes? «Les troubles mentaux sont incontestablement l'emblème de la société où ils sont existants», entrevoit le psychiatre Driss Moussaoui et d'ajouter: «Il ne suffit pas de voir ces avancées scientifiques dans notre société pour crier victoire et dire que la santé mentale va bien chez nous, car lorsqu'il y a un manque quelque part, cela signifie que la situation est vraiment horrible dans tout le pays».

Malencontreusement, ces troubles demeurent un tabou au Maroc et le laxisme médical subsiste. D'ailleurs, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d'alarme en rappelant que ces maladies, à part entière, ne bénéficient pas dans notre pays du budget général qui doit leur être alloué. Par conséquent, nos malades mentaux restent marginalisés, rejetés, ou dans le meilleur des cas, pris en charge en retard…Quant aux conséquences de ces troubles sur l'entourage du malade, elles sont loin d'être apaisantes. Car en tête du peloton viennent les couples qui n'hésitent pas à divorcer pour ne plus vivre des situations dramatiques, puis ces parents vivant dans l'anxiété permanente, ou alors devenant sujets à des maladies attaquant leur système nerveux. Quant aux souffrances vécues par les malades eux-mêmes, elles sont encore plus considérables: D'abord le repli sur soi, puis les sentiments profonds de mal-être, en passant par les persistantes crises nerveuses...

Ces désastreuses menaces font des malades, ainsi que de leurs entourages, la première cible du tabagisme et de la toxicomanie et la liste des dégâts reste kilométrique. C'est d'autant plus vrai si l'on sait que les cellules d'écoute spécifiques à ces cas sont inexistantes au Maroc. Chose qui ouvrirait le chemin aux dérapages les plus épouvantables et devrait exhorter le ministère de la Santé à agir au plus vite. Côté soins, le bonheur n'est pas au rendez-vous. A en juger le budget propre aux médicaments qui est très rachitique. Face à ce constat, l'association Amali se met en quatre pour collecter les dons nécessaires pour soutenir les familles de malades mentaux. Finalement, la meilleure consolation reste la sympathie sociale car la guérison de ces personnes est aussi, une question d'intégration.
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Quand la drogue s'en mêle

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, les personnes dépendantes à une matière toxique, (ne serait-ce que la nicotine) perdent facilement leur liberté à s'abstenir, que cela concerne leur envie de se droguer ou leur volonté et leur aptitude à agir en personne autonome dans leur vie normale. Toutefois, la terminologie a voulu que la dépendance se fasse en trois étapes à savoir l'addiction, l'usage et l'abus et c'est essentiellement ce troisième stade qui mène aux troubles mentaux sachant qu'il est souvent inévitable. Pour ce qui est des causes, la consommation de drogues est souvent, voire toujours, le résultat du dédain social. En définitive, seul un détail pourrait en dire long sur la situation de la santé mentale au Maroc : Notre pays est le cinquième marché africain en terme de vente de nicotine…

Journaliste stagiaire
   
 
   
  Par Houda Belabd* | LE MATIN
   
 

 
 
 
 
 
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