mise à jour : 09 février 2010, 19h09 GMT
 
 
lematin.ma > tous les numéros de economie > La vigilance est de mise
Voyageurs
Les professionnels ne cèdent pas
 Publié le : 09.10.2008 | 15h09
   
 
 e-Matin
 
 Multimédia
Fête du Trône 2009
 
 
 
 Caricatures
Par : Abdallah Darkaoui
 
 Agenda
février 2010
l m m j v s d
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
 
Publicité (120x600)
 
 
 
Mercredi dernier, certains chauffeurs de taxi et de camions de moins de huit tonnes ont lancé une grève qui a d'ailleurs échoué.
 
«On n'est pas concerné par cette grève, mais par son objet qui est le code de la route. Un code que l'on ne rejette pas dans son intégralité. Notre position concerne certaines dispositions relatives à la responsabilité en cas d'infractions commises. On ne conteste pas les sanctions pénales ou pécuniaires», rétorque Najib Ben Haddou, directeur de la Fédération du transport routier des voyageurs, affiliée à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Parmi ces dispositions qui inquiètent les professionnels, au risque d'ailleurs de voir les investissements dans le secteur flancher, figure la sanction infligée à l'entreprise de transport pour des faits commis par le conducteur. L'excès de vitesse constaté par camera automatique, la fuite du conducteur ayant causé un accident, l'arrêt pour ramassage ou dépôt de voyageurs sur l'autoroute, surnombre de voyageurs et refus d'obtempérer… sont des violations du code par les chauffeurs, mais in fine, c'est le propriétaire du véhicule qui se trouve sanctionné. Une aberration que les professionnels ne tolèrent pas.

«C'est une violation à la Constitution ». Le volet formation continue n'est pas en reste. Les professionnels sont tout à fait conscients qu'elle constitue  un élément essentiel pour la mise à niveau du personnel conducteur. Seulement, une disposition prévue par le code de la route suscite toujours la colère des professionnels. Il s'agit du fait que la prorogation de la validité de la carte du conducteur professionnel après 5 ans de conduite est conditionnée par une formation sanctionnée par une attestation délivrée après avoir passé avec succès un examen. Un problème délicat aux yeux des professionnels pour la simple raison qu'un conducteur disposant d'une expérience de 5 ans ou plus, peut se trouver interdit de conduire en cas d'échec à l'examen, alors qu'un conducteur débutant continuera à conduire au moins pendant 5 ans. Ceci étant, les professionnels du transport des voyageurs ne lâchent pas du lest. Aujourd'hui où le code de la route quitte les tiroirs du ministère de l'Equipement et du Transport pour se retrouver au Parlement au niveau de la commission de l'Intérieur et des Infrastructures, ils se remettent à la table des négociations. Les discussions ont commencé le mois dernier avec les groupes parlementaires.

 Même pour la libéralisation du secteur du transport la grogne continue. A préciser que lors de la réunion du 17 septembre dernier, avec les deux fédérations de transport de voyageurs, à savoir la FNTR et la FMTPRP, Karim Ghallab, ministre de l'Equipement et du Transport, a fait savoir aux transporteurs que son ministère dispose actuellement d'une vision claire sur la libéralisation du secteur de transport. Il s'agit notamment des conditions d'accès à la profession basée sur le professionnalisme, la définition de la notion du transporteur professionnel, la classification des entreprises de transport et des lignes, ainsi que la création d'un fonds d'indemnisation. Le ministre s'est arrêté à l'annonce de ces grands axes.
Pour avoir des données suffisantes sur ces points, les professionnels lui ont demandé d'organiser une réunion pour débattre du sujet de la libéralisation du secteur de transport routier de voyageurs. Seulement, le ministre n'a pas répondu positivement à cette demande. Il a préféré ne pas annoncer actuellement des données qui pourraient ne pas avoir l'aval des autres ministères concernés
par la libéralisation comme celui des finances par exemple.

Dans ce sillage, pas convaincus, les transporteurs manifestent leur inquiétude quant à une réforme de transport de voyageurs en élaboration par l'administration. La libéralisation va coïncider probablement avec la levée des barrières douanières à l'horizon 2010-2012, tandis que les entreprises de transport de voyageurs ne sont pas préparées à ce défit. Les entreprises vivent aujourd'hui dans une situation catastrophique : une très faible rentabilité, un marché déséquilibré (700 autorisations non utilisées), une anarchie totale dans la gestion des gares routières…
-------------------------------------------------------------------

stand bye

Outre la réforme du secteur routier des voyageurs toujours en attente, la fiscalité lourde, la mauvaise gestion des gares routières, le problème des agréments est un autre élément qui noircit le tableau du secteur. En effet, la délivrance des agréments sans se baser sur les besoins réels du marché est toujours de mise. Ainsi, le déséquilibre entre l'offre et la demande se traduit par des prix de plus en plus bradés qui peuvent être inférieurs aux prix réglementés de 40 à 50%, d'autant que les autocars, avec un taux de remplissage qui se limite à 50%, n'arrivent pas à rentabiliser. D'où les arrêts multiples en court de route pour sauver la mise, avec tous les risques d'accidents que de tels comportements génèrent.

Une situation qui s'aggrave avec des départs de la gare routière toutes les 10 minutes pour la même ligne. Sans oublier la contrainte du temps que le chauffeur doit respecter depuis le point de départ à l'arrivée, sinon il sera sanctionné par les inspecteurs du transport routier. Tout cela n'est que la conséquence de l'injection incontrôlée des agréments. Sachant qu'actuellement, le nombre d'agréments avoisine les 3500 dont près de 1083 non exploités et sur les 2300 autocars, il existe 700 autorisations exploitées directement par ses propriétaires. Pire encore, aujourd'hui, des centaines de dossiers sont en instance de régulation depuis 3 ou 4 ans. Ils se rapportent essentiellement à la cession d'agrément d'héritiers ou de changement d'itinéraires.
   
 
   
  Par Nadia Benyouref | LE MATIN
 


 Les autres titres
Marché boursier
La crise de la confiance
Banques centrales arabes
L'ombre de la crise
Interview • Abdellatif Jouahri
«Mettre en place une cellule de veille»
Bourse de Casablanca
Chant des sirènes
Bancaires cotées
Des coudées assez franches
Tous les autres articles
   
 
 
 
 
 L'actualité
 
 
 
 
 
 Editions hebdomadaires
 
 
 Votre avis
Selon vous, au Maroc, l'arrivée des femmes à la scène politique, fera t-elle avancer leur cause?
Oui
Non
Sans opinion
 
 
 
lematin.ma
 
Actualité
 
Services
 
Pratique
 
 
Droits de reproduction et de diffusion réservés ©lematin.ma 2001-2007