La bataille des clans n'a, finalement, pas eu lieu lors de l'assemblée générale de la Ligue du Grand Casablanca d'athlétisme. Les opposants de l'actuel président de l'instance régionale, Mutapha Machich, ont préféré ‘'zapper'' l'assemblée et en tenir une autre vendredi à la salle Abdessamad El Kanfaoui.
Le clan, réunissant une quinzaine de clubs, a même élu un président en la personne de Bachir Znagui. Le lendemain, à Dar Chabab de Derb Ghallef, s'est déroulée la fameuse assemblée de la Ligue en présence du secrétaire général de la Fédération royale marocaine d'athlétisme (FRMA), M'hamed Nouri. Rassemblant onze représentants de clubs, l'AGE n'a pas pu atteindre le quorum. Et conformément aux lois en vigueur, elle a été reportée. Elle aura lieu dans quinze jours qu'il y ait de quorum ou non. Prenant la parole, M'hamed Nouri, également président du Comité des statuts et règlements, a rappelé que la tenue d'une assemblée générale extraordinaire se fait à la demande du président de la Ligue ou des deux tiers du comité.
Et d'ajouter que, selon l'article n° 12.2 des statuts de la FRMA, c'est à la fédération de donner son accord pour l'organisation d'une assemblée extraordinaire. L'instance fédérale a même le droit de refuser une telle requête. Les tensions au sein de la Ligue ont éclaté au grand jour après que son président a annoncé sa démission. Une démission qu'il a reportée jusqu'à la tenue de l'AGE sous la pression, dit-il, de la fédération et de certains clubs. Mutapha Machich a toutefois tenu à faire un mea-culpa se déclarant comme étant le premier responsable de la crise actuelle de la Ligue. «J'ai longtemps fermé les yeux sur plusieurs dépassements et maintenant, j'en paie les frais. J'aurait dû me monter plus ferme», a-t-il déclaré.
L'absence de quorum n'a pas empêché les membres présents à cette assemblée de débattre le sujet dans une ambiance clame et sereine. Fidèle à lui-même, Mohamed Maâzaoui, premier vice-président de la Ligue, a déploré le manque d'infrastructures dont souffre la ville de Casablanca qui abrite pourtant une vingtaine de clubs. Commentant la situation dans laquelle se trouve l'athlétisme, surtout dans la capitale économique, Mohamed Noudir, ex-DTN, a fondu en larmes dans l'»intimité» de la salle.
«Il y a malheureusement des clubs qui n'existent que sur papier. Et pire encore, certaines personnes qui prétendent aimer ce sport encouragent nos athlètes à quitter le Maroc pour aller ‘'courir sous les drapeaux d'autres pays''. Parfois, ils les aident à fuir leur pays», s'est-il indigné. Il a également pointé du doigt Mohamed Snissi, l'un des principaux organisateurs de l'assemblée du vendredi. Il est, selon M.Noudir, le principal instigateur de la crise. En tout cas, les représentants des clubs se sont donné rendez-vous dans quinze jours pour clore une fois pour toutes ce dossier. Affaire à suivre…
Casse-tête administratif
Un fait sans précédent auquel sera confrontée la préfecture d'arrondissements de Casablanca-Anfa. En deux jours, il y a eu deux assemblées de la Ligue du Grand Casablanca d'athlétisme. L'une, tenue en présence d'un responsable de la FRMA, chargée de gérer ce sport au niveau national, l'autre tenue par les opposants au président actuel. A quelle partie la préfecture va-t-elle délivrer le quitus ? Une chose est sûre: il ne peut pas y avoir deux quitus pour deux assemblées différentes d'une même entité morale.