Ces six tendances sont les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), les socialistes (PSE), l'Alliance des libéraux et démocrates (ALDE), les Verts, la Gauche, puis la vague nationaliste et populiste.
La première de ces tendances est le Parti populaire européen (PPE), qui a constamment disposé du plus grand groupe au sein de l'hémicycle.
Aujourd'hui, cette formation de centre-droit revendique pas moins de 70 partis membres de 40 pays (UE et non UE), dont sont issus la plupart des chefs d'Etat et de gouvernement actuellement en exercice, outre qu'il dispose au sein de l'Exécutif européen de 13 commissaires (dont le Président). Le fanion de cette formation est porté par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, ex-Premier ministre et ancien Président de l'Eurogroupe, grand disciple de la rigueur budgétaire.
Quoique critiquée pour sa gestion de la crise économique et ses politiques de redressement, cette formation qui a présidé dix ans durant la Commission européenne, ne semble pas avoir perdu de sa superbe puisqu'elle trône en tête des intentions de vote de quatre pays, dont l'Allemagne, l'Espagne et la Pologne.
La deuxième formation, le Parti des socialistes européen (PSE), est historiquement la deuxième formation politique en termes d'importance au sein du PE. Cette plateforme qui réunit 56 formations socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes de l'UE et du voisinage, ambitionne d'arriver en tête des élections pour une alternance à la tête des leviers de commande du dispositif communautaire.
Portée par le président sortant du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz (58 ans), comme candidat à la tête de l'Exécutif européen, cette formation fortement engagée dans l'édifice institutionnel européen lutte contre l'euroscepticisme ambiant en proposant un traité social dans le prochain collège et un renouveau économique. Elle est créditée dans les derniers sondages comme première force politique dans sept pays, dont notamment l'Italie, la Roumanie, le Portugal et la Suède.
La troisième formation est le Parti de l'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe, qui revendique plus de 55 partis libéraux membres sur l'ensemble du continent. Prônant le principe de liberté en politique, en économie ainsi que dans tous les autres domaines de la société, cette formation est conduite aux élections européennes par l'ancien Premier ministre belge et eurodéputé, Guy Verhofstadt.
Selon les dernières intentions de vote, cette formation pourrait essuyer les revers du libéralisme européen.
La quatrième tendance est celle des Verts qui, privés de leur totem fétiche, le Franco-allemand Daniel Cohn-Bendit qui a fait sa révérence à la politique à la dernière session du Parlement européen, ont opté pour un leadership dans le binôme de la jeune allemande Ska Keller et le Français José Bové. Cette formation qui prône notamment la lutte contre le chômage des jeunes, la transition énergétique, le refus du nucléaire et des gaz de schiste et le rejet du traité transatlantique compte glaner une percée dans les votes de fin de semaine.
Pour sa part, la Gauche européenne semble avoir trouvé en le Grec Alexis Tsipras son leader emblématique. Cette formation rejette les plans d'austérité imposés par l'Europe, le traité de libre-échange avec les USA, et plaide pour un moratoire et effacement partiel de toutes les dettes jugées insupportables ainsi que pour un New Deal européen pour relancer la croissance. Les intentions de vote la donnent favorite dans deux pays, la Grèce et l'Irlande.
La sixième tendance est alimentée par la vague qui surfe sur l'euroscepticisme, le chauvinisme et le rejet de la migration. Selon les sondages, cette tendance pourrait créer la surprise au sein du prochain hémicycle grâce aux scores en France, au Royaume-Uni, et un tant soit peu en Grèce.
Toutefois, les tendances des intentions du vote européen ne seront pas déterminées dans l'ensemble de l'espace communautaire des 28 mais seulement au niveau de quelques pays gros pourvoyeurs de députés, comme institué par les textes de l'UE.
A la tête de ces pays, qui s'accaparent 453 sièges des 751 que compte le Parlement européen, on compte l'Allemagne avec 96 sièges, suivie de la France (74), de l'Italie (73) et du Royaume uni (73), puis l'Espagne (54), la Pologne (51) et la Roumanie (32).
