Le bilan des communales du 12 juin 2009 avait donné lieu à une carte politique hétéroclite ne respectant pas la logique majorité-opposition existant sur le plan national. Pour éviter la reproduction d’un tel scénario, les partis de la majorité entendent adopter une stratégie concertée et se préparer, dans le cadre d’un front commun, pour faire face aux défis des prochaines communales ainsi qu’aux premières élections du genre, les régionales. Mais cette coordination ne veut pas dire pour autant la présentation de listes communes. L’objectif principal est de constituer des majorités locales fortes au sein des prochains conseils régionaux et communaux après le scrutin du 4 septembre prochain. Une démarche qui a toute son importance, vu l’incohérence observée au niveau des bureaux qui ont dirigé les conseils communaux au lendemain du scrutin du 12 juin 2009.
En effet, les partis politiques ont dû, dans la plupart des cas, former des alliances contre nature. On avait des majorités locales ayant plusieurs origines. Ainsi, 53% de l'ensemble des communes sont dirigés par des bureaux constitués suite à des alliances faites par des partis appartenant tant à la majorité qu’à l’opposition (selon la composition de l’époque, c'est-à-dire avant les élections législatives de 2011). En effet, 118 présidents de communes urbaines étaient issus de telles alliances.
La proportion des coalitions composées uniquement de partis appartenant à la majorité ou à l’opposition ne dépassait pas 16% de l’ensemble des communes (1.503 communes dans l’ensemble). Les bureaux constitués par les conseillers des partis de la majorité ont eu la présidence de 17 communes. Presque la même chose que ceux de l’opposition, qui ont 18 présidences.
Chose tout à fait rare, il y avait des communes urbaines où des partis politiques avaient réussi à accéder à la présidence sans le recours à des alliances. Cet exploit a pu être réalisé dans 66 communes urbaines. De même, 91 conseils communaux ont été formés grâce à des alliances de huit partis politiques. Alors que quatre partis de la majorité gouvernementale ont constitué les conseils de 52% de l'ensemble des communes urbaines et rurales. Face à ce chiffre, quatre partis de l'opposition ont obtenu la présidence dans 39% de ces communes.
Pour éviter la reproduction de telles incohérences, la majorité actuelle, dirigée par le PJD, a décidé donc de mettre sur pied une équipe de travail pour préparer, dès à présent, le terrain afin de faire face aux prochaines échéances selon une vision commune. Cependant, il faut le dire, voir les quatre partis de l’actuelle majorité à la tête de conseils communaux ou se ranger dans l'opposition serait normal s’ils arrivent à se maintenir dans le prochain gouvernement. Qu’en sera-t-il dans le cas contraire ? En tout cas, c’est toujours bien d’avoir des coalitions préélectorales. Par ailleurs, on se demande comment va réagir l’opposition.
