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«Le Festin nu» de Mohamed El Baz

L'artiste expose ses œuvres récentes jusqu'au 27 mai à l'Atelier 21 de Casablanca.

«Le Festin nu» de Mohamed El Baz
C'est jusqu'au 27 mai que le public des arts plastiques pourra admirer les œuvres récentes de Mohammed El Baz dans une exposition intitulée « le Festin nu », et ce à l'Atelier 21 de Casablanca. Dans cette collection d'œuvres contemporaines, Mohamed El Baz poursuit son intérêt pour les artistes en construisant dans son exposition une sorte d'histoire de l'art fantasmée.
Il a rassemblé une communauté d'artistes, qui comptent dans les livres de l'histoire de l'art, en mettant au cœur du projet les relations des artistes avec la maladie, l'insomnie.
La conjonction des noms de ces artistes avec des gélules, des pilules et d'autres médicaments génère un malaise et invite à quelques interrogations qui sont au cœur du travail de Mohamed El Baz. Qui est le malade ? L'artiste ou bien le monde où il vit ? L'art ne serait au bout du compte qu'une drogue, une panacée, pour lutter contre la seule certitude : la mort ? Telles sont quelques-unes des questions au centre de cette importante exposition qui se compose de « peintures photographiques ».

L'artiste commente en ces termes sa nouvelle série : « J'ai voulu dans ce nouveau travail signaler les quelques personnalités de l'art qui m'ont marqué. Je leur ai concocté un traitement médical. J'ai prescrit à chacun de ces artistes une série de pilules colorées, chacun en fonction d'une pathologie fantasmée. » Au plus près de l'aspect médical, les nouvelles œuvres de Mohamed El Baz ressemblent à des natures mortes. Elles possèdent une netteté photographique, propre à l'esthétique publicitaire et semblent se jouer de l'idée du beau... À la manière des artistes auxquels il rend hommage dans «le Festin Nu». Chaque tableau est une composition propre à chaque artiste, et on ne sait pas vraiment si l'ordonnance médicale s'adresse au artiste ou aux publics, sûrement les 2 à la fois... « J'ai choisi ces artistes parce que je n'arrivais pas à m'arrêter de choisir. «Le Festin nu» reste un travail ouvert... d'autres artistes, d'autres images viendront sûrement compléter la série... C'est comme un miroir tendu à ce que nous sommes et à nos velléités », explique l'artiste. D'autres travaux composent «le Festin nu», dont des mappemondes, taillées dans des tapis orientaux. Les tapis découpés, «Black Window», sont issus d'une inquiétude mondiale généralisée, en termes médiatiques s'entend... dés que l'anathème a été défini comme tel, Orient, Occident, Modernité, Tradition, Communauté, Tribu... Mohamed El Baz est un artiste contemporain marocain parmi les plus créatifs de sa génération.

Il mène une carrière internationale depuis quinze ans et a pris part à plusieurs expositions prestigieuses, dont Africa Remix, la plus grande manifestation d'art contemporain au monde dédiée au continent africain. Mohamed El Baz est à ce sujet l'unique artiste à être invité aux quatre étapes de cette exposition : au Centre Pompidou à Paris, à Düsseldorf, à Tokyo et à Johannesburg.
Le peintre compte de nombreux collectionneurs en Europe et au Moyen-Orient. Six livres ont déjà été publiés sur son art. L'œuvre de Mohamed El Baz intitulée «Double like» a été adjugée lors d'une importante vente chez Christie's, le 19 avril 2011 à Dubaï, pour la somme de 32 000 dollars US. Cette vente confirme l'intérêt croissant que suscite l'artiste sur la scène internationale.

Parcours de l'artiste

Mohamed El Baz est né en 1967 à Ksiba. Après l'obtention en 1989 du diplôme national d'art plastique à l'École régionale d'Art de Dunkerque, il a réussi à décrocher en 1992 le diplôme national supérieur d'Expression plastique à l'École nationale supérieure de Paris-Cergy. Il a également poursuivi des études à l'Institut des Hautes études en Arts plastiques à Paris. Depuis 1993, Mohamed El Baz réalise un projet intitulé Bricoler l'incurable. Toutes les manifestations auxquelles il a pris part sont considérées comme des détails de ce vaste projet. Le terme détail est à appréhender selon la même acception qu'il recouvre quand on parle du détail d'une peinture.
Chaque exposition est dès lors un fragment de cet ensemble, dont certaines composantes, les «détails», se retrouvent d'un lieu à l'autre et s'adaptent à chaque nouveau contexte. Pour trouver des pendants à l'entreprise de Mohamed El Baz, il faut les chercher dans la littérature, du côté des auteurs qui ont consacré leur vie à la réalisation d'une œuvre : «La Comédie humaine» de Balzac ou «À la recherche du temps perdu» de Proust.



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