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Améliorer l'employabilité des jeunes

Suite aux derniers développements survenus dans la région, les projecteurs sont fixés sur la région MENA et surtout la zone Nord Afrique. Les résultats de l'étude menée par l'AFD, la Banque Mondiale et le Centre de Marseille pour l'intégration en Méditerranée (CMI) sont clairs : la formation des jeunes méditerranéens est inadéquate. D'une part, les défaillances de l'enseignement supérieur sont pointées du doigt tandis que d'autre part, le manque de perspectives d'emploi pour les jeunes ressurgit comme un obstacle majeur.

Améliorer l'employabilité des jeunes
Suite aux derniers développements survenus dans la région, les projecteurs sont fixés sur la région MENA et surtout la zone Nord Afrique. Les résultats de l'étude menée par l'AFD, la Banque Mondiale et le Centre de Marseille pour l'intégration en Méditerranée (CMI) sont clairs : la formation des jeunes méditerranéens est inadéquate. D'une part, les défaillances de l'enseignement supérieur sont pointées du doigt tandis que d'autre part, le manque de perspectives d'emploi pour les jeunes ressurgit comme un obstacle majeur.
Les jeunes diplômés se retrouvent, à la fin de leurs études, handicapés et manquent de ressources pour bâtir carrière irréprochable. Cela nous renvoie au manque de l'adéquation emploi/formation. Selon l'étude, «les pays de la région MENA doivent se tourner vers des activités à plus forte valeur ajoutée et à plus forte intensité de savoir. Cela exige un climat plus favorable à l'investissement privé mais aussi à l'investissement direct étranger à fort contenu technologique».
Il est également nécessaire de mettre un terme à l'offre pléthorique de diplômés en sciences humaines et sociales qui ont peu de chances de trouver du travail en dehors de la fonction publique, lit-on dans le document final. Les établissements d'enseignement supérieur doivent maintenant préparer les étudiants à répondre aux objectifs de croissance du secteur privé et les doter des compétences requises pour accompagner le développement des services et de l'industrie manufacturière. «Les programmes de l'enseignement supérieur vont devoir être remaniés afin de fournir les compétences cognitives, comportementales, sociales et techniques nécessaires pour répondre aux mutations rapides qu'entraîne la mondialisation. C'est ce que demandent les jeunes des pays arabes et il appartiendra aux gouvernements d'y répondre de manière systématique».

Certes les gouvernements ont leur part de responsabilité dans ce chaos mais les jeunes également doivent être conscients de la situation actuelle et essayer de remédier aux lacunes qui en résultent.
Pour les jeunes, améliorer son employabilité pour décrocher un bon poste et percevoir un salaire décent s'avère un «must». Avec le développement des nouvelles technologies et l'ouverture, via le net, sur l'environnement international, nul n'a d'excuses.
Chaque jeune fraîchement diplômé est appelé à faire une auto-évaluation de ses capacités et se préparer en amont pour pouvoir mener à bien un entretien d'embauche. Autre conseil, que les experts ne cessent de répéter : personnaliser son cV et sa lettre de motivation. Ces deux documents étant le passeport d'entrée des jeunes auprès des recruteurs, ils doivent être bien ficelés avant leur envoi.

Autre mesure importante, à prendre en considération : définir son projet professionnel ou tout simplement se fixer un objectif réalisable et essayer de l'atteindre en s'outillant, soit via la formation en langues ou dans d'autres domaines ou encore via le perfectionnement de ses connaissances techniques.
Pour les jeunes qui poursuivent encore leurs études, il faudra qu'ils les complètent avec un diplôme dans une filière prisée sur le marché du travail. Cela nous renvoie vers le manque d'orientation dont souffrent les jeunes dès le bac. Inutile de se ruer tous vers les branches liées aux sciences humaines, qui ont pour principal débouché l'administration. Il faudra s'orienter davantage vers les branches scientifiques et techniques pour avoir plus de chance de trouver un bon job dès la sortie de l'université ou de l'école supérieure.

Aussi, les entreprises sont appelées à s'investir, de plus en plus, dans la mise en place des programmes de formation et aussi dans l'octroi des stages au profit des étudiants. Cela ne peut qu'être bénéfique pour les deux parties.
In fine, améliorer l'employabilité des jeunes est un défi majeur pour tout pays qui se respecte et pour toute personne aspirant à un avenir meilleur.

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«La clé de la réussite est en soi et non ailleurs»

Mohamed Benouarrek, directeur du Pôle Stratégie, Organisation et Capital Humain – Promamec


Quels sont les ingrédients nécessaires pour améliorer l'employabilité des jeunes ?
Améliorer son employabilité est une obligation de chaque individu tout au long de sa vie professionnelle. Afin d'y parvenir, il faudra bien commencer par déterminer un objectif : je veux intégrer le monde de l'emploi via la fonction commerciale, financière, logistique, etc. Ou bien, je cherche une mutation vers un autre métier ou secteur, etc. A partir de ce point, votre viseur doit pointer un objectif ultime. La seconde étape consiste à fixer des objectifs intermédiaires pour y parvenir. L'étape suivante est de déterminer le gap qui vous sépare de l'atteinte de votre objectif. C'est une phase critique car il faudra avoir l'honnêteté et le courage nécessaires afin de s'auto-évaluer objectivement et de mettre le doigt sur les écarts négatifs. La quatrième étape est de se lancer dans les actions de formation et développement personnel permettant d'arriver à son objectif. Certains chercheront à améliorer leur maîtrise de la langue française, d'autres à améliorer la conduite d'un entretien d'embauche afin de réussir à franchir ce pas. Pour une autre catégorie, le souci primordial reste celui de savoir comment se présenter correctement et comment présenter le CV.
Bref, l'amélioration de son employabilité passe parfois par des actions de formation liées au savoir (apprentissage d'une langue, notions, etc.), savoir-faire via le développement ou acquisition d'une technique, méthode (via des stages, workshops, etc.), ou savoir-être lié au développement des attitudes (la confiance en soi, gestion de son stress, etc.). Les axes de développement qui peuvent améliorer son employabilité sont nombreux et dépendent de deux variables en général: l'individu et son objectif.

Quelles sont les lacunes auxquelles il faut parer dans le futur ?
A mon humble avis, il existe trois lacunes communément partagées par plusieurs jeunes : la non-personnalisation de son CV, la non-maitrise des techniques et méthodes pour gérer un entretien afin de faire valoir ses attitudes et aptitudes, et puis le manque de confiance en soi.
Pour la première lacune, il est recommandé de chercher des traits distinctifs de forme et de contenu pour son CV. Les CV's clonés ont de bonnes chances à se retrouver dans des poubelles ou viviers non exploités. Ceci est également applicable pour la lettre de motivation qui doit convaincre le recruteur potentiel de votre vive motivation afin de rejoindre son entreprise.
La deuxième lacune est liée au manque de marketing de soi lors d'un entretien de recrutement. Nombreux sont ceux qui cumulent les diplômes et les certificats sans prendre le temps et le recul nécessaires afin de développer des arguments pertinents pour réussir leurs entretiens ou bien la bonne approche et méthode pour y parvenir. Savoir se vendre lors d'un entretien est une compétence rarissime qu'il faut développer surtout chez les jeunes et les novices.
La troisième lacune que je juge handicapante est le manque de confiance en soi. Il reste important de chercher les zones de doute chez soi et d'y remédier. Ceci peut être du à l'éducation, la non-maitrise de certaines compétences visibles (comme pour les langues), ou tout simplement le manque de préparation. Si vous n'avez pas confiance en vous-même, comment voulez-vous que les autres vous l'accordent ?

Quels sont les obstacles qui freinent actuellement l'emploi des jeunes ?
Il existe des obstacles endogènes et d'autres exogènes. Pour le premier type d'obstacles, nous notons : des prétentions salariales démesurées, manque de stages, manque d'objectif(s) précis, manque de motivation affichée, manque de projet professionnel, manque de logique en terme d'argumentation, etc. D'autre part, des obstacles exogènes liés à la conjoncture économique générale ou celle de certains secteurs, demeurent présents comme chez d'autres pays, partout dans le monde.

A votre avis, comment le système de l'enseignement supérieur peut changer la donne ?
Le professeur doit parler un langage qui trouvera son écho en entreprise. Les syllabus et matières enseignées devraient, à mon humble avis, être pertinents pour le marché d'emploi et ses besoins évolutifs. Les disciplines purement théoriques et sans issues professionnelles ne font qu'aider à aggraver la recette des lauréats/chômeurs qualifiés. L'obligation des stages validés préalablement lors de son cursus académique est aussi une voie intéressante. Les recruteurs en général cherchent des salariés opérationnels et vite. L'enseignement supérieur doit miser encore plus sur le pragmatisme et le professionnalisme afin de répondre à ce besoin.

Les entreprises sont-elles assez déterminées pour accepter plus de diplômés, alors que les nouvelles mesures de l'emploi favorisent cela ?
Je reste optimiste par pur réalisme. Au Maroc, la volonté est sincère pour favoriser l'insertion des jeunes dans le tissu économique. L'entreprise de son côté est consciente de l'importance critique de l'insertion des jeunes : dynamisme et énergie obligent.

Que conseillez-vous aux jeunes eux-mêmes pour améliorer leur employabilité ?
La jeunesse est le carburant de toute croissance socio-économique. L'insertion des jeunes est un gage de continuité. Toutefois, il y a lieu de noter que se lamenter et se ‘victimiser' ne mènent à rien. Il faudra savoir que la clé de la réussite est en soi et non ailleurs. Pour cela il faudra travailler intelligemment sur soi et chercher les interfaces et adéquations avec le marché d'emploi. A retenir : c'est seulement dans un dictionnaire où ‘réussite' vient avant ‘travail'.
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