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Mardi 09 Juin 2026
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Le Maroc aux réunions des gouverneurs

Le Maroc, qui vient d'obtenir le statut de «pays bénéficiaire potentiel de la Banque européenne de reconstruction et de développement» (Berd), a pris part, pour la première fois, aux réunions du Conseil des gouverneurs de cette Banque, dont la 22e session se tient les 10 et 11 mai à Istanbul, représenté par le ministre de l'Economie et des Finances, Nizar Baraka.

Le Maroc aux réunions des gouverneurs
«La Berd a commencé à travailler au Maroc, où environ 23 millions d'euros ont été mobilisés sur une enveloppe de 180 millions qui a été affectée à l'ensemble des pays du sud de la Méditerranée», a précisé Baraka. (Photo : AFP)

Le Royaume a été retenu comme pays potentiellement d'opérations de la Berd, avec l'Egypte, la Jordanie et la Tunisie, dans le cadre de l'élargissement du mandat de la Banque à la région méridionale et orientale du bassin méditerranéen (Semed). 

Baraka, qui conduit une délégation composée de Mohamed Lotfi Aouad, ambassadeur du Maroc en Turquie, Faouzia Zaaboul, directeur du Trésor et des Finances extérieures, et Abdelali Eddebbagh, chef de division de la Balance des paiements à la même direction, a participé à une table ronde des gouverneurs de la Berd sur le thématique du «soutien à la croissance dans un contexte de reprise incertain». 

Cette rencontre a été une occasion pour mettre l'accent sur la nouvelle vision de la Berd, qui repose sur le renforcement du financement de la Petite et moyenne entreprise (PME), la croissance inclusive (employabilité des jeunes, insertion des femmes etc.), le développement régional et du monde rural et la flexibilité des interventions de la Berd, a indiqué Baraka dans une déclaration à MAP-Istanbul. 

Sans attendre la ratification finale de la décision d'extension de ses opérations à la région Semed, la Berd a commencé à travailler au Maroc, où environ 23 millions d'euros ont été mobilisés sur une enveloppe de 180 millions qui a été affectée à l'ensemble des pays du sud de la Méditerranée (Maroc, Egypte, Jordanie et Tunisie), a précisé le ministre. 

Ces financements font partie d'un fonds de 1 milliard d'euros consacré par la Berd à cette région, un montant qui devrait atteindre jusqu'à 2,5 milliards d'euros à l'horizon 2015 avec la fin du processus de ratification, a-t-il souligné. 

«La Berd a acquis un savoir-faire important en matière d'appui à la PME et de développement de ce secteur lors de son accompagnement de l'Europe de l'Est dans sa transition économique, et c'est dans ce sens que nous considérons que leur accompagnement du développement du Maroc, particulièrement du secteur privé, arrive à point nommé», a dit le ministre. 

Baraka a saisi, cette occasion, pour mettre l'accent sur les attentes du Maroc, notamment en matière d'appui à la PME et la TPE (très petite entreprise) et de l'internationalisation et l'insertion des PME marocaines au niveau du commerce mondial. 

Il a, également, souligné les efforts du Maroc dans le domaine de la croissance inclusive avec notamment l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et les actions entreprises pour soutenir les jeunes créateurs d'emploi et les femmes chefs d'entreprises, ainsi que l'approche genre, où le Royaume est très en avance. 

Le ministre a appelé, par ailleurs, à ce que l'aspect infrastructures soit pris en compte dans les projets de la Berd, notamment en ce qui concerne l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, invitant également la Banque à accompagner le développement de «la croissance verte». 

Baraka a saisi cette occasion pour faire part de l'engagement du Royaume du Maroc à agir dans le sens d'une meilleure intégration régionale. 

Les réunions annuelles de la Berd, qui se tiennent pour la première fois en dehors de la région d'activité traditionnelle de la Banque, celle des pays post-communistes, focalisent sur les défis économiques et de transition dans les zones d'actions de la Banque, avec un accent particulière sur la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, qui connait des changements profonds sur tous les plans suite au printemps arabe. 

Les conférenciers se penchent, deux jours durant, sur les moyens de renouer avec la croissance aussi bien par l'innovation technologique et les finances que par l'accroissement de la compétitivité, le soutien aux PME ou la promotion des meilleurs talents de l'entreprenariat, comme les femmes chefs d'entreprises. 

La séance d'ouverture de ce meeting annuel de la Berd a été marquée par la participation effective des chefs d'Etat de trois pays arabes, l'Egypte, la Jordanie et la Tunisie en l'occurrence, au cô té du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, et de son homologue du Kosovo, Hashim Thaci. 

La Berd a été fondée en 1991 pour favoriser le passage des pays de l'ex-bloc soviétique à l'économie de marché. Elle intervenait à l'origine dans les pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, avant d'étendre récemment ses interventions au sud de la Méditerranée. 

Cet intérêt pour la région Semed se veut «un appui aux changements historiques intervenus en 2011 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», tiennent à préciser les dirigeants de la BERD, dont les actionnaires ont apporté leur soutien unanime à l'élargissement du mandat de la banque, l'autorisant à lancer des activités dans la région Semed. 

La Berd, qui dispose d'un bureau local dans chacun des quatre pays choisis, s'attend à investir jusqu'à 2,5 milliards d'euros dans la région Semed à l'horizon 2015.  

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