Matin Emploi : Où en sont les négociations sur la gestion des contrats spéciaux de formation ?
Larbi Bencheikh : Je voudrais d'abord rappeler les différentes réformes qu'a connues la gestion de ce dossier problématique depuis la mise en place des CSF en 1996 en tant que système gouverné de façon tripartie par l'Administration, la CGEM et les Syndicat ; l'OFPPT étant chargé du secrétariat du système.
Dès 2002, une première évaluation, faite par l'OFPPT, a montré un grand nombre de dysfonctionnements, notamment la non-maîtrise budgétaire (déplafonnement des remboursements, dépassement de 100 MDH constaté en 2001…), conjuguée à l'absence de contrôle efficient et à l'inaccessibilité à une grande partie des PME/PMI représentant 95% de notre tissu économique…
Ces constats furent à la base d'une réforme entreprise en 2002 pour pérenniser le système à travers la budgétisation des CSF, le plafonnement des remboursements, la mise en place du système de Tiers-payant & formations sectorielles et l'instauration d'un contrôle sous la responsabilité du ministère. En accompagnement de cette reforme, l'OFPPT a mis en place des mesures d'amélioration de la gestion administrative des CSF, notamment de nouveaux instruments de gestion (procédures, tableaux de bord journaliers et mensuels, système d'information). Cette nouvelle organisation rigoureuse a d'ailleurs été à l'origine de la découverte, en 2004, des détournements des fonds cumulés de 70 MDH, dont 99% opérés entre 1996 et 2001. Pour mettre un terme à ces défaillances graves et rendre le système plus incitatif à l'égard des PME/PMI, une nouvelle réforme a été mise en place en 2006 : nomenclatures des domaines et des coûts de formation, clarification des responsabilités, remboursements favorable aux PME…
De plus, l'OFPPT a mobilisé toutes ses énergies pour dynamiser le système par la création de l'Agence CSF du Grand Casablanca, un portail dédié, des opérations d'assainissement d'envergure, des actions de vulgarisation auprès des entreprises… Malgré touts ses efforts, l'OFPPT continuait à être mis en cause pour les défaillances du système. Aussi, avons-nous demandé l'externalisation de la gestion des CSF dès janvier 2008 pour nous concentrer sur nos missions de base.
Nous sommes d'ailleurs revenus à la charge, début 2009, avec une proposition visant à confier les CSF à une structure type GIAC sous la houlette de la CGEM. Le 1er projet de décret présenté par le Département n'a pas eu l'aval des services compétents, à savoir, le Secrétariat général du gouvernement. Depuis, le processus de préparation des textes de loi devant sanctionner cette réforme est toujours en cours et suivi par les partenaires concernés.
Je saisis cette occasion pour réitérer notre volonté de développer l'accès à la formation continue, notamment des PME/PMI. Aussi, avions-nous proposé de mettre en œuvre annuellement par l'OFPPT des plans de formation sectoriels ou groupés dédiés aux PME/PMI sans contribution financière directe ni formalité administrative de leurs parts. Ces plans de formation devraient être en effet directement financés sur une fraction de la TFP décidée par le Comité de gestion des CSF.
La CGEM «s'en prend» à l'Office quant à la gestion de la taxe sur la formation professionnelle. Où en sont les choses actuellement ?
La gestion de la TFP, dans le cadre des CSF, est régie par des textes, dont le décret du 4 avril 2002. Conformément à ce décret et depuis 2007, 30% de la TFP est dédié au CSF. Cette fraction, qui correspondant actuellement à 350 MDH, est budgétisée au profit des CSF et individualisée dans le budget de l'OFPPT. Pour illustrer mon propos : le plan d'action de l'OFPPT pour l'exercice 2011-2012 est financé à hauteur de 42% par la TFP, 35% par nos ressources propres (frais d'inscription, formation continue…), le reste étant supporté par l'État.
Quels sont les secteurs où l'insertion des candidats est la meilleure ?
L'insertion des lauréats est un indicateur clé dans notre stratégie pour s'assurer de l'adéquation formation/emploi. Aussi, menons-nous annuellement une enquête d'insertion dont les résultats permettent de réajuster l'offre de formation en fonction des besoins du marché de l'emploi. La dernière enquête menée, réalisée par un cabinet externe, a fait ressortir un taux d'insertion qui varie actuellement entre 75 et 100%. Les secteurs qui affichent les taux les plus élevés sont le transport (95%), l'audiovisuel et le cinéma (91%), le tertiaire (77%), le BTP (77% en moyenne et 100% pour certaines filières)… Le tourisme de son côté affiche 82% d'insertion, ce qui nous conforte dans notre stratégie d'accompagnement du secteur sur la base des besoins exprimés et des recommandations du Contrat RH 2008-2012.
Les effectifs d'apprenants sont en hausse, comment agir pour améliorer la qualité des enseignements fournis?
Il est vrai que les effectifs des formés ont été multipliés par 6 depuis 2001 et nous en sommes fiers ! Il s'agit d'une augmentation planifiée, en phase avec les besoins de l'économie qui a permis de doter le Maroc de près de 800.000 jeunes formés et de répondre de manière efficiente aux sollicitations croissantes des opérateurs économiques en ressources humaines qualifiées.
Quant à la qualité de la formation, il s'agit d'un processus qui démarre en amont de la formation : toute filière mise en place répond à un besoin du marché de l'emploi actuel ou futur. Nous nous basons sur les études réalisées par les différents Départements ministériels, sur les recommandations stratégiques des programmes nationaux et les sollicitations des partenaires.
De plus, l'OFPPT a initié d'autres actions pour garantir des formations de qualité. Je citerai la spécialisation des formateurs et des espaces de formation, la certification ISO des établissements, des cursus et des stagiaires... Il faut également savoir que 3.900 modules de formation ont été élaborés couvrant ainsi l'ensemble des filières de formation, contre 124 modules réalisés en 2001. Ce chiffre donne la mesure de l'action menée dans la réingénierie des filières de formation.
Cette opération est réalisée grâce aux 9 Centres de développement des compétences, et en partenariat étroit avec les professionnels.
De son côté, le corps formateur est capital pour assurer une formation de qualité. Il bénéficie de bilans de compétences et de perfectionnements individualisés. Nous avons également initié un processus de certification par des organismes de renommée tels que CISCO, CNAM, Microsoft, Véritas, Schneider… dont ont déjà profité près de 930 formateurs.
Enfin, la qualité est également recherchée dans l'implication des professionnels à tous les niveaux de décision de notre institution, et qui de ce fait interviennent dans tout le processus de formation.
Justement, que faire pour améliorer l'implication des professionnels dans la gestion et l'animation des centres de formation ?
Comme rappelé précédemment, notre offre de formation est mise en place en étroite concertation avec les fédérations et associations professionnelles qui siègent à tous les niveaux de gouvernance de l'OFPPT (Conseil d'administration, comité de gestion). Cet esprit partenarial, nous l'avons élargi à l'implication effective et directe des branches professionnelles dans le processus de formation, depuis la définition des besoins, l'élaboration des programmes et la validation des acquis des stagiaires, jusqu'à la cogestion des établissements de formation. Pour ce faire, nous avons institué des organes permanents de gouvernance au niveau central (Comité directeur), des directions régionales (Comité régional) et locales (Comité de gestion de l'établissement). Ainsi, afin de renforcer davantage cette implication, je propose la validation des projets de cartes de formation au niveau national et régional par la CGEM, l'implication des professionnels dans le développement de la formation alternée ainsi que la présidence systématique des jurys d'examens par les professionnels.
Qu'en est-il du projet de création de licences professionnelles à l'OFPPT ?
D'abord, il faut savoir que dans les faits, nous dispensons déjà des cursus de niveau supérieur à technicien spécialisé, à travers les formations qualifiantes. Ce sont des formations spécifiquement dédiées aux jeunes ayant un niveau supérieur ou égal à bac+2. De plus, l'OFPPT réclame, depuis longtemps, la mise en place dans ses établissements de diplômes bac+3, en concrétisation des recommandations de la Charte nationale de l'éducation, qui prévoyait également l'instauration de passerelles entre l'OFPPT et l'Enseignement supérieur et les parcours professionnalisants qui ouvrent la voie à une insertion aisée des diplômés. Nous attendons donc impatiemment la révision du cadre juridique pour dispenser et délivrer des diplômes de Licences professionnelles, car les besoins en profils pointus sont en constante augmentation, eu égard aux nombreux projets structurants que connaît le pays. C'est un chantier important pour l'OFPPT et qui apportera, j'en suis convaincu, plus de dynamisme à l'offre de la formation au Maroc.
Comment promouvoir davantage l'apprentissage et l'alternance pour aider les jeunes à s'adapter facilement au sein d'une entreprise ?
Je demeure convaincu de la pertinence des modes de la formation par apprentissage et par alternance, comme étant les meilleurs, puisque l'espace de production est l'espace idéal pour le développement de compétences. Néanmoins, il faut garantir les conditions de l'apprentissage dans l'entreprise et c'est là où le bât blesse ! En effet, l'OFPPT a mené, en 2006, un audit sur la formation par apprentissage qui a fait ressortir les dysfonctionnements flagrants à tous les niveaux : forte déperdition, défaut de suivi technico-pédagogique des apprentis, absence de tuteur qualifié, affectation des apprentis à des tâches inadaptées et exploitation des stagiaires comme main-d'œuvre… Sur la base de cet audit, nous avons réduit les effectifs concernés par ce mode. Un projet de développement a été mis en place dans le cadre du programme MEDAII et la réforme de ce mode a démarré en 2007-2008 avec une seule filière dans le textile. Le constat est moins alarmiste pour la formation alternée, bien que les conditions d'accueil des stagiaires ne soient pas optimales. Néanmoins, nous sommes décidés à développer davantage ce mode de formation, notamment grâce au partenariat avec les fédérations et associations professionnelles pour une meilleure implication des tuteurs. Les effectifs sont d'ailleurs en hausse : 56.000 stagiaires en 2011-2012 contre 7.389 en 2002-2003, dont 51% dans le secteur industriel.
Larbi Bencheikh : Je voudrais d'abord rappeler les différentes réformes qu'a connues la gestion de ce dossier problématique depuis la mise en place des CSF en 1996 en tant que système gouverné de façon tripartie par l'Administration, la CGEM et les Syndicat ; l'OFPPT étant chargé du secrétariat du système.
Dès 2002, une première évaluation, faite par l'OFPPT, a montré un grand nombre de dysfonctionnements, notamment la non-maîtrise budgétaire (déplafonnement des remboursements, dépassement de 100 MDH constaté en 2001…), conjuguée à l'absence de contrôle efficient et à l'inaccessibilité à une grande partie des PME/PMI représentant 95% de notre tissu économique…
Ces constats furent à la base d'une réforme entreprise en 2002 pour pérenniser le système à travers la budgétisation des CSF, le plafonnement des remboursements, la mise en place du système de Tiers-payant & formations sectorielles et l'instauration d'un contrôle sous la responsabilité du ministère. En accompagnement de cette reforme, l'OFPPT a mis en place des mesures d'amélioration de la gestion administrative des CSF, notamment de nouveaux instruments de gestion (procédures, tableaux de bord journaliers et mensuels, système d'information). Cette nouvelle organisation rigoureuse a d'ailleurs été à l'origine de la découverte, en 2004, des détournements des fonds cumulés de 70 MDH, dont 99% opérés entre 1996 et 2001. Pour mettre un terme à ces défaillances graves et rendre le système plus incitatif à l'égard des PME/PMI, une nouvelle réforme a été mise en place en 2006 : nomenclatures des domaines et des coûts de formation, clarification des responsabilités, remboursements favorable aux PME…
De plus, l'OFPPT a mobilisé toutes ses énergies pour dynamiser le système par la création de l'Agence CSF du Grand Casablanca, un portail dédié, des opérations d'assainissement d'envergure, des actions de vulgarisation auprès des entreprises… Malgré touts ses efforts, l'OFPPT continuait à être mis en cause pour les défaillances du système. Aussi, avons-nous demandé l'externalisation de la gestion des CSF dès janvier 2008 pour nous concentrer sur nos missions de base.
Nous sommes d'ailleurs revenus à la charge, début 2009, avec une proposition visant à confier les CSF à une structure type GIAC sous la houlette de la CGEM. Le 1er projet de décret présenté par le Département n'a pas eu l'aval des services compétents, à savoir, le Secrétariat général du gouvernement. Depuis, le processus de préparation des textes de loi devant sanctionner cette réforme est toujours en cours et suivi par les partenaires concernés.
Je saisis cette occasion pour réitérer notre volonté de développer l'accès à la formation continue, notamment des PME/PMI. Aussi, avions-nous proposé de mettre en œuvre annuellement par l'OFPPT des plans de formation sectoriels ou groupés dédiés aux PME/PMI sans contribution financière directe ni formalité administrative de leurs parts. Ces plans de formation devraient être en effet directement financés sur une fraction de la TFP décidée par le Comité de gestion des CSF.
La CGEM «s'en prend» à l'Office quant à la gestion de la taxe sur la formation professionnelle. Où en sont les choses actuellement ?
La gestion de la TFP, dans le cadre des CSF, est régie par des textes, dont le décret du 4 avril 2002. Conformément à ce décret et depuis 2007, 30% de la TFP est dédié au CSF. Cette fraction, qui correspondant actuellement à 350 MDH, est budgétisée au profit des CSF et individualisée dans le budget de l'OFPPT. Pour illustrer mon propos : le plan d'action de l'OFPPT pour l'exercice 2011-2012 est financé à hauteur de 42% par la TFP, 35% par nos ressources propres (frais d'inscription, formation continue…), le reste étant supporté par l'État.
Quels sont les secteurs où l'insertion des candidats est la meilleure ?
L'insertion des lauréats est un indicateur clé dans notre stratégie pour s'assurer de l'adéquation formation/emploi. Aussi, menons-nous annuellement une enquête d'insertion dont les résultats permettent de réajuster l'offre de formation en fonction des besoins du marché de l'emploi. La dernière enquête menée, réalisée par un cabinet externe, a fait ressortir un taux d'insertion qui varie actuellement entre 75 et 100%. Les secteurs qui affichent les taux les plus élevés sont le transport (95%), l'audiovisuel et le cinéma (91%), le tertiaire (77%), le BTP (77% en moyenne et 100% pour certaines filières)… Le tourisme de son côté affiche 82% d'insertion, ce qui nous conforte dans notre stratégie d'accompagnement du secteur sur la base des besoins exprimés et des recommandations du Contrat RH 2008-2012.
Les effectifs d'apprenants sont en hausse, comment agir pour améliorer la qualité des enseignements fournis?
Il est vrai que les effectifs des formés ont été multipliés par 6 depuis 2001 et nous en sommes fiers ! Il s'agit d'une augmentation planifiée, en phase avec les besoins de l'économie qui a permis de doter le Maroc de près de 800.000 jeunes formés et de répondre de manière efficiente aux sollicitations croissantes des opérateurs économiques en ressources humaines qualifiées.
Quant à la qualité de la formation, il s'agit d'un processus qui démarre en amont de la formation : toute filière mise en place répond à un besoin du marché de l'emploi actuel ou futur. Nous nous basons sur les études réalisées par les différents Départements ministériels, sur les recommandations stratégiques des programmes nationaux et les sollicitations des partenaires.
De plus, l'OFPPT a initié d'autres actions pour garantir des formations de qualité. Je citerai la spécialisation des formateurs et des espaces de formation, la certification ISO des établissements, des cursus et des stagiaires... Il faut également savoir que 3.900 modules de formation ont été élaborés couvrant ainsi l'ensemble des filières de formation, contre 124 modules réalisés en 2001. Ce chiffre donne la mesure de l'action menée dans la réingénierie des filières de formation.
Cette opération est réalisée grâce aux 9 Centres de développement des compétences, et en partenariat étroit avec les professionnels.
De son côté, le corps formateur est capital pour assurer une formation de qualité. Il bénéficie de bilans de compétences et de perfectionnements individualisés. Nous avons également initié un processus de certification par des organismes de renommée tels que CISCO, CNAM, Microsoft, Véritas, Schneider… dont ont déjà profité près de 930 formateurs.
Enfin, la qualité est également recherchée dans l'implication des professionnels à tous les niveaux de décision de notre institution, et qui de ce fait interviennent dans tout le processus de formation.
Justement, que faire pour améliorer l'implication des professionnels dans la gestion et l'animation des centres de formation ?
Comme rappelé précédemment, notre offre de formation est mise en place en étroite concertation avec les fédérations et associations professionnelles qui siègent à tous les niveaux de gouvernance de l'OFPPT (Conseil d'administration, comité de gestion). Cet esprit partenarial, nous l'avons élargi à l'implication effective et directe des branches professionnelles dans le processus de formation, depuis la définition des besoins, l'élaboration des programmes et la validation des acquis des stagiaires, jusqu'à la cogestion des établissements de formation. Pour ce faire, nous avons institué des organes permanents de gouvernance au niveau central (Comité directeur), des directions régionales (Comité régional) et locales (Comité de gestion de l'établissement). Ainsi, afin de renforcer davantage cette implication, je propose la validation des projets de cartes de formation au niveau national et régional par la CGEM, l'implication des professionnels dans le développement de la formation alternée ainsi que la présidence systématique des jurys d'examens par les professionnels.
Qu'en est-il du projet de création de licences professionnelles à l'OFPPT ?
D'abord, il faut savoir que dans les faits, nous dispensons déjà des cursus de niveau supérieur à technicien spécialisé, à travers les formations qualifiantes. Ce sont des formations spécifiquement dédiées aux jeunes ayant un niveau supérieur ou égal à bac+2. De plus, l'OFPPT réclame, depuis longtemps, la mise en place dans ses établissements de diplômes bac+3, en concrétisation des recommandations de la Charte nationale de l'éducation, qui prévoyait également l'instauration de passerelles entre l'OFPPT et l'Enseignement supérieur et les parcours professionnalisants qui ouvrent la voie à une insertion aisée des diplômés. Nous attendons donc impatiemment la révision du cadre juridique pour dispenser et délivrer des diplômes de Licences professionnelles, car les besoins en profils pointus sont en constante augmentation, eu égard aux nombreux projets structurants que connaît le pays. C'est un chantier important pour l'OFPPT et qui apportera, j'en suis convaincu, plus de dynamisme à l'offre de la formation au Maroc.
Comment promouvoir davantage l'apprentissage et l'alternance pour aider les jeunes à s'adapter facilement au sein d'une entreprise ?
Je demeure convaincu de la pertinence des modes de la formation par apprentissage et par alternance, comme étant les meilleurs, puisque l'espace de production est l'espace idéal pour le développement de compétences. Néanmoins, il faut garantir les conditions de l'apprentissage dans l'entreprise et c'est là où le bât blesse ! En effet, l'OFPPT a mené, en 2006, un audit sur la formation par apprentissage qui a fait ressortir les dysfonctionnements flagrants à tous les niveaux : forte déperdition, défaut de suivi technico-pédagogique des apprentis, absence de tuteur qualifié, affectation des apprentis à des tâches inadaptées et exploitation des stagiaires comme main-d'œuvre… Sur la base de cet audit, nous avons réduit les effectifs concernés par ce mode. Un projet de développement a été mis en place dans le cadre du programme MEDAII et la réforme de ce mode a démarré en 2007-2008 avec une seule filière dans le textile. Le constat est moins alarmiste pour la formation alternée, bien que les conditions d'accueil des stagiaires ne soient pas optimales. Néanmoins, nous sommes décidés à développer davantage ce mode de formation, notamment grâce au partenariat avec les fédérations et associations professionnelles pour une meilleure implication des tuteurs. Les effectifs sont d'ailleurs en hausse : 56.000 stagiaires en 2011-2012 contre 7.389 en 2002-2003, dont 51% dans le secteur industriel.
