Le patronat marocain veut engager avec le gouvernement un nouveau Pacte pour la croissance et la compétitivité et attend du concret et des réponses franches aux différentes questions et problématiques posées aux entreprises, a indiqué, mercredi à Casablanca, la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Miriem Bensalah Chaqroun.
S'exprimant lors d'une rencontre tenue avec le Chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane sur «le climat des affaires au Maroc», la présidente de l'organisation patronale a estimé que la nouvelle donne de la crise économique, qui frappe les partenaires internationaux du Royaume et impacte l'économie nationale, requiert «un changement de méthode car le monde a changé».
«La consolidation des acquis de notre économie et le redressement de notre appareil productif, suppose une nouvelle vision et de nouveaux instruments de pilotage», a ajouté Miriem Bensalah Chaqroun faisant observer que «la confiance, qui est à la base de tout acte d'investissement, a besoin de la moralisation de l'économie, de plus de transparence et de solidarité, de la bonne gouvernance et surtout de fluidité».
Evoquant la question du financement de l'économie nationale, Miriem Bensalah Chaqroun a souligné que le Maroc reste parmi les pays émergents où la part du financement en provenance du marché financier reste de moindre importance et représente environ 2,5% des investissements réalisés, notant que «l'évolution de la Bourse de Casablanca témoigne du degré de fragilité du mécanisme de financement de l'économie nationale».
En matière de réforme fiscale, la présidente de la CGEM a affirmé que les mesures de simplification, de rationalisation et de modernisation du système fiscale méritent d'être poursuivies «de façon plus accentuée». «Nous devons améliorer l'efficacité fiscale à travers la mise en place d'un système intégré de taxation, l'amélioration des services aux contribuables et des ajustements de la fiscalité des entreprises», a-t-elle insisté.
En général, a-t-elle poursuivi, les principaux sujets à traiter en partenariat avec le gouvernement restent comment parvenir à une fiscalité plus adaptée, une justice rapide, équitable et efficace, une relance des investissements, une responsabilité concertée et partagée avec les acteurs sociaux, un respect des droits des employeurs et employés et une égalité des chances dans l'acte d'entreprendre.
Par ailleurs, Miriem Bensalah Chaqroun a annoncé, dans une déclaration à la presse à l'issue de cette réunion, la mise en place d'un cadre constitué de commissions et d'organes dans différentes thématiques, présidé par le chef de gouvernement et la CGEM, devant tenir des réunions périodiques tous les trois de mois. «Nous voulons tous être efficaces et avoir des prises de position et des décisions qui sont pérennes.
La situation est difficile mais n'est pas insurmontable», a-t-elle relevé, précisant que «c'est pour cette raison qu'on a pris rendez-vous pour prendre des mesures concrètes à court, moyen et long termes».
