Egypte

Aggravation de la pauvreté et de la situation alimentaire

Publié le : 22 mai 2013 - AFP

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La pauvreté et la situation alimentaire se sont aggravées au cours des dernières années en Egypte, avant et après la révolution qui a renversé Hosni Moubarak début 2011, indique une étude internationale rendue publique mardi au Caire.

La part de la population touchée par l'insécurité alimentaire est passée de 14% en 2009 à 17% en 2011, selon cette étude réalisée par le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) basé à Washington et l'agence statistique égyptienne (CAPMAS).

Les retards de croissance dus à la malnutrition sont passés de 23% à 31% des enfants de moins de cinq ans entre 2005 et 2011.

Entre 2009 et 2011, 15% des quelque 84 millions d'Egyptiens ont basculé dans la pauvreté, deux fois plus que le nombre de ceux qui en sont sortis, souligne encore ce document.

La pauvreté a, notamment, progressé dans les zones urbaines, passant de 11 à 15,3% de la population des villes durant ces trois années.

En 2010-2011 le pays comptait un quart -25,2%- de pauvres parmi sa population (auxquels s'ajoutent plus de 20% de personnes très proches de la pauvreté), contre 21,6% dans les années 2008/2009.

Bien que la plupart des données s'arrêtent à l'année 2011, l'étude suggère que la vulnérabilité économique de la population n'a fait qu'empirer depuis, avec la sévère crise qui frappe le pays aujourd'hui.

«La période de transition qui a suivi la révolution a vu croître les défis de l'environnement macro-économique de l'Egypte, avec une croissance ralentie, des revenus plus faibles et un chômage plus élevé», souligne le rapport. Mais le phénomène s'inscrit aussi dans une dégradation qui remonte à bien avant la révolution.

«L'incapacité des gens à avoir un accès convenable à la nourriture est largement dû à la hausse des taux de pauvreté et à une succession de crises survenues depuis 2005», notamment l'épidémie de grippe aviaire de 2006 et les crises alimentaires, énergétiques et financières des années 2007-2009, écrit le représentant pour l'Egypte du PAM, GianPietro Bordignon.

L'étude recommande notamment une réforme du coûteux système de subventions publiques aux produits de base, notamment alimentaires, afin de le recentrer sur la partie de la population la plus pauvre et dégager des fonds pour d'autres actions, en faveur de l'emploi par exemple.

«Le système actuel ne cible pas ceux qui en ont le plus besoin», écrit un chercheur de l'IFPRI, Clemens Breisinger, qui estime qu'une réforme permettrait à l'Etat égyptien de faire des économies budgétaires tout en répondant mieux aux besoins des plus faibles.

La réforme du système des subventions -blé, carburants, gaz domestique etc- est au coeur des négociations entre l'Egypte et le Fonds monétaire international (FMI) pour l'octroi d'un prêt de 4,8 milliards de dollars, qui n'ont toujours pas abouti malgré des mois de discussions. 

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