La stratégie adoptée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement (2005-2015), place au premier rang de ses préoccupations les technologies de traitement des eaux usées des populations rurales et péri-urbaines toujours sous-équipées. Comme dans le reste du monde, le Maroc connaît un déficit en matière de traitement des eaux usées en milieu rural. «Aujourd'hui, l'épuration des eaux usées rural es est un thème pris avec beaucoup d'intérêt dans des pays qui ont achevé l'assainissement urbain. Ce sujet intéresse surtout les communes ayant peu de moyens et qui peuvent se doter de stations d'épuration à faible coût. Ces technologies sont adaptées aux conditions arides comme le Maroc», a souligné Dimitri Xanthoulis, professeur à Gembloux agro-biotech (ex-faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux) en Belgique, lors de la conférence organisée dernièrement à l'institut des études agronomiques et vétérinaires (IAV) Hassan II de Rabat sur le thème «L'épuration des eaux usées à faible coût pour les zones rurales et périurbaines».
Ces technologies qui sont dotées de systèmes modulaires adaptés à 100 habitants peuvent s'agrandir au fur et à mesure que les ressources financières d'une commune augmentent. Elles sont adaptées pour les habitations dispersées dans le milieu rural comme c'est le cas pour le Maroc.
L'Allemagne est leader dans ce domaine avec quelque 50 000 stations, les Etats-Unis, eux, possèdent 8000 installations. En Belgique, des habitants se réunissent pour réaliser leur propre station de traitement des eaux usées. Cette démarche ne manque pas d'avantages. Primo, ils réalisent des économies pour leur commune qui n'est plus obligée d'investir dans des infrastructures de raccordement des eaux au réseau d'assainissement. Secundo, ils bénéficient d'une prime pour la mise en place de la station et en plus ces volontaires ne paient pas de taxe sur le traitement des eaux usées. « Ces technologies à faibles coûts qui peuvent aussi être utilisées pour l'irrigation s'intègrent au paysage en offrant une zone de verdure permanente. Il y a possibilité de produire de la biomasse et possèdent un faible impact en carbone. Pour encourager les particuliers à s'engager dans cette voie, nous avons réalisé un kit pour l'auto-construction constitué d'un plan, d'un vidéo montage et des guides (technique, mise en œuvre et exploitation), accompagnés d'une formation», a ajouté M. Xanthoulis.
Pour promouvoir ces technologies à faibles coûts, une formation de techniciens est prévue à l'IAV. L'Office national de l'eau potable (ONEP) a commencé à réaliser des branchements particuliers d'eau dans des villages. Et comme il n'intervient pas dans l'assainissement rural, des problèmes de santé ne vont pas tarder à apparaître. D'habitude, les villageois stockent les eaux usées dans des fosses au risque de polluer les nappes phréatiques ou les laissent se déverser dans la nature. Lorsque ces fosses sont pleines, des foyers ruraux déboursent jusqu'à 2000 DH pour les vider. «Les populations rurales peuvent faire recours à ces technologies à filtres plantées à la verticale et à l'horizontale qui sont anciennes et qui reviennent à la mode en Europe. Grâce à leur faible coût, elles sont adaptées aux conditions climatiques et socioéconomiques marocaines et particulièrement en zones rurales et surtout là où il y a des habitations dispersées. Il faut que le Maroc se lance dans un projet pilote pour avoir un retour d'expériences», a indiqué Brahim Soudi, professeur à l'IAV Hassan II de Rabat.
Pour aider à mettre fin à cette situation inadmissible, l'une des cibles (n° 10) incluses dans les OMD consiste à Réduire de moitié, d'ici à 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d'assainissement de base. Le groupe spécial sur l'Eau et l'assainissement du projet du Millénaire des Nations unies a, en outre, reconnu récemment que le succès ou l'échec de tous les OMD dépendait du développement et de la gestion intégrés des ressources en eau car les personnes défavorisées, si elles sont privées d'eau, ne peuvent pas assurer leur subsistance.
Ces technologies qui sont dotées de systèmes modulaires adaptés à 100 habitants peuvent s'agrandir au fur et à mesure que les ressources financières d'une commune augmentent. Elles sont adaptées pour les habitations dispersées dans le milieu rural comme c'est le cas pour le Maroc.
L'Allemagne est leader dans ce domaine avec quelque 50 000 stations, les Etats-Unis, eux, possèdent 8000 installations. En Belgique, des habitants se réunissent pour réaliser leur propre station de traitement des eaux usées. Cette démarche ne manque pas d'avantages. Primo, ils réalisent des économies pour leur commune qui n'est plus obligée d'investir dans des infrastructures de raccordement des eaux au réseau d'assainissement. Secundo, ils bénéficient d'une prime pour la mise en place de la station et en plus ces volontaires ne paient pas de taxe sur le traitement des eaux usées. « Ces technologies à faibles coûts qui peuvent aussi être utilisées pour l'irrigation s'intègrent au paysage en offrant une zone de verdure permanente. Il y a possibilité de produire de la biomasse et possèdent un faible impact en carbone. Pour encourager les particuliers à s'engager dans cette voie, nous avons réalisé un kit pour l'auto-construction constitué d'un plan, d'un vidéo montage et des guides (technique, mise en œuvre et exploitation), accompagnés d'une formation», a ajouté M. Xanthoulis.
Pour promouvoir ces technologies à faibles coûts, une formation de techniciens est prévue à l'IAV. L'Office national de l'eau potable (ONEP) a commencé à réaliser des branchements particuliers d'eau dans des villages. Et comme il n'intervient pas dans l'assainissement rural, des problèmes de santé ne vont pas tarder à apparaître. D'habitude, les villageois stockent les eaux usées dans des fosses au risque de polluer les nappes phréatiques ou les laissent se déverser dans la nature. Lorsque ces fosses sont pleines, des foyers ruraux déboursent jusqu'à 2000 DH pour les vider. «Les populations rurales peuvent faire recours à ces technologies à filtres plantées à la verticale et à l'horizontale qui sont anciennes et qui reviennent à la mode en Europe. Grâce à leur faible coût, elles sont adaptées aux conditions climatiques et socioéconomiques marocaines et particulièrement en zones rurales et surtout là où il y a des habitations dispersées. Il faut que le Maroc se lance dans un projet pilote pour avoir un retour d'expériences», a indiqué Brahim Soudi, professeur à l'IAV Hassan II de Rabat.
Situation choquante
Chaque année, plus d'un milliard d'êtres humains n'ont guère d'autre choix que d'utiliser de l'eau potentiellement dangereuse. Ainsi se perpétue sans bruit une crise humanitaire qui fait chaque jour 3.900 victimes parmi les enfants et compromet la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).Pour aider à mettre fin à cette situation inadmissible, l'une des cibles (n° 10) incluses dans les OMD consiste à Réduire de moitié, d'ici à 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d'assainissement de base. Le groupe spécial sur l'Eau et l'assainissement du projet du Millénaire des Nations unies a, en outre, reconnu récemment que le succès ou l'échec de tous les OMD dépendait du développement et de la gestion intégrés des ressources en eau car les personnes défavorisées, si elles sont privées d'eau, ne peuvent pas assurer leur subsistance.
