Les quatre partis formant le gouvernement multiplient les réunions dans le cadre de ce qui est communément appelé «la présidence de la coalition gouvernementale». Un cadre mis sur pied le 16 décembre 2011, à la suite de la signature du pacte de la majorité, après moult rencontres entre les quatre partis de l’équipe Benkirane : Parti de la justice et du développement (PJD), le Parti de l’Istiqlal (PI), le Mouvement populaire (MP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS).
Ainsi, après la réunion du 15 février dernier, qui avait permis d’enterrer la hache de guerre entre le PJD et le PI (qui demandait un remaniement ministériel depuis que Hamid Chabat a été élu à sa tête), une autre réunion, non moins décisive a eu lieu le 1er mars. Et depuis, les contacts se sont poursuivis dans le cadre du secrétariat de la majorité, une nouvelle structure mise sur pied dans le cadre de la révision du pacte de la majorité, une révision qui a visé, rappelons-le, à combler les lacunes de la charte de la majorité et à rendre plus efficaces la coordination et la concertation entre ses membres. Ainsi, lors des dernières réunions, les quatre partis se sont mis d’accord sur plusieurs points afin de donner du sang neuf au pacte de la majorité. Il est prévu que ce pacte, finalisé aujourd’hui, soit publié dans les prochains jours dans sa nouvelle version. Abdelahad Fassi Fihri, membre du bureau politique du PPS et représentant du parti au sein de la présidence de la majorité ainsi qu’au sein du secrétariat de la majorité, nous en dévoile les principales nouveautés.
Présidence de la majorité
L’avant-dernière réunion des partis de l’équipe gouvernementale, le premier mars, avait été consacrée à l’adoption des modifications à apporter au pacte de la majorité. Ainsi, la charte de la majorité a décidé de créer une instance appelée la présidence de la majorité. Laquelle est composée de douze membres à raison de trois représentants de chacun des quatre partis membres. Avant, cette composition n’était pas claire, mais aujourd’hui, les choses sont bien définies. Il y a des représentants nommément désignés au sein de la présidence dans sa nouvelle formule. Qui sont-ils ?
On y trouve au nom du Parti de la justice et du développement (PJD), le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, le ministre d’État, Abdallah Baha et le chef du cabinet du chef de gouvernement, Jamaa Moatassim. L’Istiqlal est représenté par le secrétaire général du parti, Hamid Chabat, le président de la première chambre, Karim Ghellab et l’ancienne ministre de la Santé, Yasmina Baddou. Le Mouvement populaire est représenté quant à lui par le ministre de l’Intérieur Mohand Laenser, en plus de Said Ameskan et Driss Meroune, tous deux membres du bureau politique. Pour sa part, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) est représenté par le secrétaire général du parti, Nabil Benabdallah, Amine Sbihi et Abdelahad Fassi Fihri, membres du bureau politique.
Cette instance est appelée à se réunir mensuellement (auparavant le pacte de la majorité prévoyait des réunions trimestrielles) pour discuter des questions nécessitant une coordination entre les partis de la coalition gouvernementale, notamment la vision et l’orientation politique s’agissant des grands dossiers que doit traiter le gouvernement. Il est également habilité à évaluer l’action du gouvernement et à prendre les mesures de nature à dynamiser l’action de l’Exécutif…
Secrétariat de la présidence
Un secrétariat de la présidence a été mis sur pied. Il est chargé de préparer l’ordre du jour et les dossiers à traiter par la présidence. Le secrétariat prépare les éléments des différents dossiers à traiter pour que la présidence puisse prendre les décisions idoines. Pour cela, des commissions pourront être constituées par ses soins afin de préparer les données pour chaque dossier. Ce secrétariat se réunit selon le rythme dicté par le nombre et l’importance des dossiers à traiter.
Il est à noter que le secrétariat va se réunir incessamment pour préparer l’ordre du jour de la prochaine réunion de la majorité. Cet ordre du jour portera vraisemblablement sur des questions économiques et sociales. La dernière réunion du secrétariat a eu lieu jeudi dernier. Or, ses membres ont estimé nécessaire de se revoir le plus tôt possible parce qu’il y a beaucoup de sujets à débattre. Le secrétariat de la majorité est composé de quatre personnes : Jamaa Moatassim (PJD), Yasmina Badou (PI), Said Ameskane (MP) et Abdelahad Fassi Fihri (PPS).
Majorité parlementaire
Autre nouveauté du pacte de la majorité : l’importance donnée à l’amélioration de la coordination entre les composantes de la majorité au sein de l’Institution législative. Et ce, en renforçant la coopération entre les groupes parlementaires au sein de la chambre des représentants et la chambre des conseillers. Ainsi, un ensemble de réunions de la présidence avec les groupes parlementaires est programmé. Le but est d’avoir une vision cohérente et unifiée au sujet de l’action parlementaire, les projets de loi, la diplomatie parlementaire… Il s’agit d’initier des consultations préalables sur tous les sujets pour éviter les divergences pouvant apparaitre après. Malgré le fait que, constitutionnellement, chaque groupe ou chaque parlementaire peut soumettre ses propositions de loi, il a été décidé que cela soit fait en concertation. Et ce, pour avoir l’appui des autres groupes de la majorité et même du gouvernement…
Ordre du jour
Lors des dernières réunions, les partis de la majorité ont examiné des sujets jugés urgents. Ainsi, ils devront se retrouver prochainement pour unifier la vision des partis de la coalition gouvernementale et éclairer la vision du gouvernement, notamment au sujet de la compensation, des retraites, des élections et de la régionalisation. Au menu figurent également des questions d’ordre économique et social comme la problématique de l’emploi, la sécurité routière…
Le remaniement ministériel
La question du remaniement ministériel a été posée par le Parti de l’Istiqlal. Mais, ce n’est pas une question à traiter immédiatement ou en urgence… Sur le principe, le sujet n’est plus tabou puisqu’il a été posé. Mais il ne figure pas à l’ordre du jour maintenant. Il sera traité au moment opportun, «calmement et sereinement». S’agissant de l’information relayée par une certaine presse relative à la création d’une commission au sein des partis de la majorité pour traiter des éventuelles divergences entre les composantes de la coalition, elle s’avère infondée. La gestion de tels cas relève de la présidence de la majorité elle-même, la seule habilitée à traiter ce genre de problèmes.
