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Une stratégie de lutte sur les rails

Le ministère de l'Education nationale et l'Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) joignent leurs efforts pour une meilleure sensibilisation au fléau dans le milieu scolaire et universitaire. Une convention de partenariat signée hier à Rabat jette ainsi les bases de coopération entre les deux parties dans ce domaine particulier.

Une stratégie de lutte sur les rails
Elle porte, notamment, sur l'intégration efficace des valeurs de transparence, d'éthique et d'intégrité dans le cursus scolaire, la formation des professionnels de l'éducation aux méthodes d'enseignement de ces valeurs, et la promotion de la recherche scientifique en matière de lutte contre la corruption.

Il s'agira également selon Abdeslam Aboudrar, président de l'ICPC, d'élaborer une carte du fléau dans le secteur de l'éducation ainsi qu'une stratégie visant à l'enrayer. La question de la gouvernance dans le domaine de l'éducation occupe elle aussi une place de choix dans le partenariat scellé.
Le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, Ahmed Akhchichine, fait savoir qu'un état des lieux de la gouvernance dans le secteur sera fait. De même, il sera question d'«intégrer dans les programmes scolaires des valeurs de transparence, d'intégrité et de reddition des comptes en tant que piliers de la bonne gouvernance et organiser un concours national pour encourager les créations des élèves et des étudiants dans le domaine de la moralisation et de la lutte contre la corruption », poursuit le ministre, s'exprimant lors d'une journée d'études tenue hier à Rabat autour du thème « consolidation de l'intégration des valeurs d'intégrité et de prévention de la corruption dans les programmes d'éducation ». Toutes ces actions s'inscrivent en droite ligne avec la stratégie de l'ICPC faisant de la sensibilisation et de la communication autour du phénomène son fer de lance.
«Une approche globale et inclusive s'impose pour pouvoir toucher notamment l'école, l'université, les centres de formation, les lieux de culte, la famille, les médias et les associations, en variant le discours en fonction de chaque catégorie ciblée», précise M. Aboudrar.

Dans le secteur de l'éducation, l'on peut dire que le terrain est déjà préparé pour la prévention contre la corruption. Pour preuve, il n'y a pas un seul programme scolaire qui ne prévoit pas des contenus relatifs à la moralisation de la vie publique, éparpillés entre les disciplines et les matières enseignées. Après avoir passé en revue certains de ces contenus, Fouad Chafiqi, directeur des curricula au ministère de l'Education nationale, tient à faire ce constat : « Il ne suffit pas d'intégrer des thèmes en relation avec les valeurs de transparence et d'intégrité dans les curricula pour que les élèves s'en imprègnent. Il faut surtout penser à la manière la plus efficace de les intégrer, mais aussi à la formation des enseignants pour qu'ils puissent les véhiculer convenablement », insiste-t-il.
Et de préciser que « ces questions vont être au centre des discussions lors des ateliers de travail programmés durant cette journée d'études».
Le premier atelier animé par l'expert international Richard Bader, traite des «expériences internationales dans le domaine de la prévention de la corruption à travers l'éducation et la formation : meilleures pratiques, obstacles et difficultés».

Par ailleurs, les participants au deuxième et troisième ateliers encadrés par des professionnels de l'éducation se pencheront sur les formules de consolidation de l'intégration des valeurs d'intégrité, de moralisation et de prévention de la corruption dans les curricula et passeront au peigne fin les contenus scolaires promouvant ces valeurs. Dans les deux derniers ateliers, les débats seront axés, d'une part, sur l'animation pédagogique et la formation des formateurs et des enseignants à la question de la moralisation de la vie scolaire et, d'autre part, sur les activités scolaires susceptibles de participer à la prévention du fléau parmi les élèves et étudiants.
Une présentation des résultats et des conclusions tirées des débats viendra clore les travaux de cette journée d'études.

Une dimension pédagogique évidente

La Convention des Nations unies contre la corruption entrée en vigueur en décembre 2005, comporte une dimension pédagogique évidente de la lutte contre le fléau. C'est ainsi qu'elle exhorte les Etats parties à inclure dans leurs politiques publiques des programmes d'éducation et de formation à l'intention des fonctionnaires du secteur de manière à leur permettre de remplir dignement leurs missions et de renforcer leur conscience des risques de corruption dans leurs milieux de travail. En deuxième lieu, la convention appelle à favoriser la participation active des organisations de la société civile en matière de lutte contre la corruption, de renforcement de la conscience collective de ses dangers. Elle préconise comme tremplins l'organisation d'activités médiatiques et le lancement de programmes de sensibilisation incluant les curricula scolaires et universitaires.
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