A Damas, des affrontements ont éclaté jeudi matin dans le camp palestinien de Yarmouk à Damas, selon des militants et des témoins.
Les violences ont fait mercredi 143 morts à travers le pays --75 civils, 41 soldats et 27 rebelles-- selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ce bilan ne peut être vérifié auprès de sources indépendantes.
A Alep, la grande ville du Nord, poumon économique de la Syrie, des affrontements se sont déroulés dans le quartier de Mohafaza et des obus ont visé les quartiers de Machhad et Saleheddine, provoquant la mort d'une enfant et faisant sept blessés, selon l'OSDH.
Un civil a, en outre, été tué dans sa maison par balles selon l'OSDH. Malgré les combats qui ont fait 15 morts civils dans la ville mercredi des manifestations nocturnes se sont produites dans plusieurs quartiers d'Alep pour appeler au départ du président Bachar Al-Assad. L'armée syrienne et les rebelles avaient acheminé mercredi des troupes vers cette ville.
Si Alep tombe, «le régime est fini et les deux adversaires le savent», a estimé mercredi Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, précisant que des hélicoptères de l'armée avaient mitraillé certains secteurs de la ville. Selon l'OSDH, le régime a, également, fait usage d'hélicoptères pour attaquer des poches de résistance à Damas.
Pour Washington, le recours à des moyens aériens d'attaque par le régime du président Bachar Al-Assad démontre sa «perversité».
«Le gouvernement Assad, selon des informations, est en train d'utiliser des hélicoptères, des avions et des chars pour perpétrer des violences haïssables contre les Syriens et des civils sans armes», a indiqué le porte-parole du Président américain Barack Obama, Jay Carney.
«Cela constitue un autre indice de l'étendue de la perversité dont Assad et son gouvernement ont démontré qu'ils étaient capables», a-t-il ajouté.
Heurts dans la capitale
A Damas, où les forces régulières semblaient avoir rétabli leur contrôle sur la plupart des quartiers, des affrontements ont éclaté jeudi dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk (sud), selon des habitants et les Comités de coordination populaire. «Les combats aux roquettes anti-char et à la mitrailleuse ont éclaté vers 07h00 (04h00 GMT). Je ne peux pas sortir de chez moi», a déclaré un habitant joint au téléphone par l'AFP.
Des détonations étaient entendues dans le quartier de Hajar Al-Aswad et un témoin a affirmé avoir vu des chars se diriger vers ce quartier périphérique proche du camp de Yarmouk. Les corps de 14 personnes ont été découverts dans le quartier de Qaboun, dont l'armée régulière a repris le contrôle au cours des derniers jours.
Des violences ont, également, été signalées dans la province de Deir Ezzor (est) où deux personnes ont été tuées et dans la ville de Hama (centre) où deux civils ont été tués par des tirs sur leur voiture selon l'OSDH.
Sur le plan diplomatique, l'Arabie Saoudite va proposer dans les prochains jours à l'Assemblée générale de l'Onu d'adopter une résolution qui fera référence à la menace de Damas d'utiliser ses armes chimiques en cas d'intervention étrangère, selon l'ambassadeur saoudien à l'Onu.
Cette initiative de l'Arabie saoudite -qui soutient l'opposition syrienne comme d'autres pays du Golfe- fait suite à l'échec jeudi dernier au Conseil de sécurité d'une résolution occidentale menaçant Damas de sanctions.
La Russie, partenaire de longue date du régime syrien, avait bloqué, pour la troisième fois et aux côtés de la Chine, cette résolution.
Après les désertions en série au sein de l'armée, ce sont deux ambassadeurs syriens, Lamia Hariri à Chypre et son mari Abdel Latif Al-Dabbagh aux Emirats arabes unis, qui ont abandonné leurs postes.
Le 12 juillet, l'ambassadeur de Syrie à Bagdad, Nawaf Farès, avait fait défection.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a exhorté la Communauté internationale à agir pour faire cesser le «massacre», alors que la moitié des 300 observateurs de l'Onu ont quitté la Syrie, selon un responsable de l'Onu, leur présence ayant échoué à mettre un terme à la spirale de violences.
Plus de 19.000 personnes ont perdu la vie depuis le début en mars 2011 d'un mouvement de contestation du régime qui s'est militarisé au fil des mois.
