Internet, connectivité, communication, NTIC…

Le Maroc fait figure de modèle sur le continent africain

Publié le : 6 juin 2012 - Abderrahim Bourkia et Réda Bensaoud, LE MATIN

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Avec 49% d’internautes, le taux de pénétration du Web au Maroc est supérieur à celui des pays voisins tels que la Tunisie et l’Égypte, mais également des pays subsahariens plus riches comme l’Afrique du Sud ou encore l’Angola. C’est en substance ce qui ressort de la récente analyse réalisée par le cabinet international d’études stratégiques McKinsey sur l’impact d’Internet sur les économies émergentes. Afin de mesurer cet impact, les analystes du cabinet ont dû élaborer un indice de contribution de l’Internet au PIB d’un pays donné, dénommé «iGDP Index». Le taux de contribution de l’Internet au PIB marocain est ainsi évalué à 0,9%, devançant de facto l’ensemble des pays du continent et même la Turquie ou encore la Russie. «Près des deux tiers de l’impact économique proviennent de la consommation privée tirée par la croissance rapide des recettes issues de l’Internet mobile et des voyages en ligne», souligne-t-on dans le rapport. Au total, cela représente près de 500 millions de dollars US en 2010.

Au-delà de la consommation privée, le Maroc émerge comme un centre pour l’offshoring des métiers IT (Information Technology) et BPO (Business Process Outsourcing). Cette évolution est rendue possible par l’amélioration de l’infrastructure Internet, par la proximité culturelle et géographique de l’Union européenne, par des salaires des cadres de moitié inférieurs à ceux versés dans l’Union européenne, et par un nombre relativement important de diplômés de l’enseignement supérieur. Le gouvernement a mis en place un plan global en faveur du progrès de ces services qui comprend le lancement de zones spéciales de développement. Parmi celle-ci, Casablanca Nearshore Park et Rabat Technopolis. «Ces zones bénéficient d’incitations fiscales, d’un allègement des procédures administratives et d’une infrastructure et de services de qualité pour les entreprises opérant dans le secteur», soutient l’analyse de McKinsey.

Favoriser les cartes de paiement

Parallèlement à l’«iGDP», McKinsey a développé un autre indice (eCP) susceptible d’évaluer la capacité d’un pays à favoriser le développement d’une plateforme de e-commerce. Pour ce qui est du score du Maroc sur cet indice, il est élevé comparativement aux pays du continent africain, mais reste très faible comparé à celui des économies les plus matures. Cela dit, il existe des solutions concrètes pour lever les freins au e-commerce. La première d’entre elles réside incontestablement dans le fait d’améliorer l’écosystème de paiement en ligne dans le pays. Le cabinet McKinsey préconise d’encourager les consommateurs à détenir leurs propres cartes de paiement (exemple : cartes de débit ou de crédit) ainsi qu’en sécurisant les transactions en ligne. Au-delà du taux de pénétration des cartes de paiement, des initiatives telles que l’introduction d’une plate-forme de paiement en ligne sécurisée par le Centre monétique interbancaire (CMI) aident à généraliser les paiements en ligne, et à renforcer la confiance des internautes dans les systèmes de paiement en ligne. Cependant, les populations à faibles revenus sont à la traîne, bien que la popularité grandissante de l’Internet mobile commence à gommer ces différences.

Certes, il y a une croissance rapide de pénétration et développement d’Internet au Maroc, mais il existe encore quelques bémols qui handicapent sa progression et sa démocratisation. L’analyse de McKinsey relève que l’écosystème Internet du Maroc fait toujours face à trois contraintes qui ralentissent sa progression. Il s’agit du coût de l’accès à Internet, du développement de l’infrastructure associée qui se voit plus soutenue dans les zones urbaines que dans les zones rurales moins peuplées ainsi que du niveau de la diffusion de la culture numérique qui reste limitée.

Sur ce dernier point, le rapport précise, dans le même ordre d’idées, que les populations de seniors disposant de faibles revenus et habitant en zones rurales sont les moins susceptibles d’être reliées à l’Internet. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer cela, entre autres, le non accès aux ordinateurs, la pauvreté et le taux élevé d’analphabétisme dont souffrent les populations rurales, ce qui rend compliquée la pénétration de l’Internet dans ces zones.


Les recommandations de McKinsey

Une saine concurrence entre fournisseurs d’accès à l’Internet pourrait être renforcée afin de faire baisser le prix des abonnements.
Dans le but d’améliorer la culture numérique, les autorités peuvent, comme cela est mentionné dans leur plan stratégique, promouvoir les formations aux technologies de l’information et de la communication auprès des élèves et des enseignants tout en reliant établissements scolaires et institutions universitaires au Web. Au-delà de l’accès à l’Internet, la prochaine étape consiste à encourager les utilisateurs à créer des contenus et à réaliser plus d’activités en ligne.
Cela comprend, d’une part, la promotion de services comme les paiements sécurisés «on line» pour faciliter le commerce électronique et la banque en ligne, et d’autre part, le développement des services d’administration en ligne (e-gouvernement). Au-delà des gains de productivité générés pour l’administration et de la plus grande transparence, le développement des services d’administration en ligne servira de catalyseur à l’usage professionnel d’Internet. Il sera la vitrine des avantages engendrés par les démarches numériques (déclaration électronique des impôts sur les sociétés, par exemple) auprès des dirigeants de PME. Au fur et à mesure qu’il lèvera, ou même réduira, les principaux obstacles à son développement numérique, le Maroc pourra exploiter le potentiel de développement colossal que représente Internet pour son économie.


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