Conseil de la ville

Le budget du maire adopté à l’unanimité

Publié le : 20 janvier 2014 - Yousra Amrani, LE MATIN

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La tempête qui avait frappé le Conseil de la ville au cours des trois derniers mois et allait emporter avec elle le maire de Rabat Fathallah Oualalou s’est subitement calmée.
En effet, malgré le raz de marée engagé par les élus de la commune, dirigé par les représentants du Mouvement populaire (MP) et du Parti authenticité et modernité (PAM) et qui visait à faire sauter le président du Conseil, celui-ci a réussi, au cours de la semaine dernière, lors d’une session extraordinaire, à faire passer son projet de budget.

Cette adoption intervient trois mois après l’échéance fixée. Pourtant, tout portait à croire que la gestion de ce dossier allait être menée différemment. En effet, face à une crise qui a perduré entre les élus au sein du Conseil et leur président, tous les scénarios étaient envisagés, notamment la dissolution de la majorité ou encore le départ du maire. Mais au-delà de l’exactitude ou non de ces prévisions, la situation d’impasse à laquelle était arrivée la majorité annonçait déjà une paralysie générale des services vitaux gérés par cette instance. En effet, devant le blocage du budget proposé par le bureau dirigeant, des services gérés directement par les arrondissements allaient être bloqués, notamment celui de l’éclairage public. Le ministère de l’Intérieur, conscient de la gravité de la situation, avait élaboré un budget sur mesure et l’avait envoyé au Conseil pour adoption en vue de débloquer la situation. Mais finalement, c’est bien le budget proposé par le maire de la capitale qui a fini par être adopté et à l’unanimité. Une vraie prouesse pour Fathallah Oualalou.

D’après un conseiller au sein de la majorité, une seule raison justifierait ce revirement à 180 degrés. Les élus mécontents ont été rappelés à l’ordre par leurs partis politiques, lesquels sont allés, semble-t-il, jusqu’à mettre la pression sur ces derniers pour montrer plus de souplesse dans la gestion de cette crise.
Bien que le budget a été adopté, la mésentente entre les différents élus a déteint sur le rendement de la commune qui n’a cessé d’accumuler des déficits financiers.
«Ce n’est un secret pour personne qu’il existe de sérieux problèmes entre les différentes composantes de la majorité, que ce soit l’USFP, le PJD, le PAM et le MP. Désormais, nous avons de plus en plus de mal à identifier la composition de cette majorité. Mais le plus dangereux, c’est que ces discordes ont atteint même le bureau exécutif du Conseil. Et ces divisions se traduisent malheureusement par des querelles, lors des sessions ordinaires qui se transforment en espace de règlement de compte», nous confie Aadi Bouarfa, conseiller portant les couleurs de l’USFP.

D’après cet élu, plusieurs milliards de dirhams sont à récupérer de l’exploitation de certains biens relevant de la commune, mais le conseil n’entreprend aucune mesure pour récupérer son dû, vu que ces actifs sont exploités par des personnalités influentes. «Car pour entamer une telle initiative, il faudra d’abord du courage», s’exclame le même élu.
Le montant du nouveau budget adopté n’est pas non plus pour arranger les choses. L’enveloppe budgétaire accordée par le ministère de tutelle ne dépasse pas les 880 millions de dirhams. Un montant qui servira à peine à couvrir les dépenses nécessaires pour le fonctionnement. On sait donc d’avance que 2014 sera une année marquée par l’absence de tout projet d’investissement. 


Un budget très serré

880 millions de dirhams, voilà en gros le budget débloqué par le ministère de l’Intérieur en faveur du Conseil de la ville. Il faut noter que la moitié de cette somme, soit 442 millions de dirhams, sera consacrée uniquement aux salaires du personnel. Par ailleurs, la commune prévoit la mobilisation de 220 millions de DH pour financer la gestion déléguée des déchets ainsi que 35 millions de dirhams pour l’éclairage public. Pourvu que la commune puisse s’en sortir avec un budget aussi réduit !


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