Le Conseil du gouvernement a adopté, jeudi dernier, le projet de décret 2-14-500 portant création de la commission interministérielle de l'eau. Présenté par le secrétaire général du gouvernement, au nom du ministre de l'Énergie, des mines, de l'eau et de l'environnement, ce projet de décret permettra de garantir l'accès à cette denrée vitale et la mise en place d'une gestion intégrée et durable des ressources en eau disponibles et mobilisées, a indiqué le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, lors d'un point de presse à l'issue de ce Conseil. Il s’agit aussi d’institutionnaliser le travail de la commission interministérielle de l'eau, en tant que mécanisme gouvernemental ayant pour mission de coordonner les politiques et programmes sectoriels en la matière.
Ce projet de décret vient quelques mois après que le Conseil économique, social et environnemental, a rendu public un rapport où il déplore le fait que la Commission interministérielle de l’eau soit inactive, et que les Agences des bassins hydrauliques soient peu efficaces à cause de leur manque d’autonomie décisionnelle et des dotations financières et des moyens humains insuffisants.
Le document du CESE critique ouvertement la gouvernance de la gestion des ressources en eau, soulignant le manque de coordination entre les deux principales entités chargées de cette question, à savoir le ministère délégué chargé de l’Eau et le Conseil supérieur de l’eau et du climat. «Malgré l’existence du ministère délégué chargé de l’Eau et du Conseil supérieur de l’eau et du climat, conçu en accord avec l’article 13 de la loi sur l’eau 10-95, et dont la raison d’être est la formulation de recommandations sur les orientations et les schémas directeurs globaux de la politique de l’eau nationale, l’étendue des attributions de chacun des acteurs n’a pas atteint la maturité et l’efficience nécessaires pour devenir suffisamment visible». Par ailleurs, le Conseil du gouvernement a adopté jeudi également un projet de loi portant approbation d'un accord relatif aux mesures prises par les autorités portuaires pour interdire, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, adopté par la 36e Conférence de la FAO. Présenté par la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, ce projet de loi N° 14.60 vise à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, à travers le contrôle de l'accès aux ports des bateaux utilisés dans la pêche et les activités y afférentes. Le texte prend en considération les dommages causés par cette pêche au stock de poisson, au système écologique marin et aux conditions de vie des pêcheurs légaux, ainsi que les risques qui pèsent sur l'exploitation rationnelle des réserves en poisson.
