La Cour des comptes française se fait des soucis pour les dépenses publiques sur les 2 prochaines années. Elle a estimé hier qu’il «existe des risques réels de dérapage des dépenses publiques en 2015». Pour l’institution, des risques et incertitudes continuent de peser sur la trajectoire des finances publiques retenue par les pouvoirs publics pour 2015 d'une part, pour 2016 et 2017, d'autre part, a déclaré Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes lors d'une audition devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale.
Dans son rapport sur la situation et les perspectives des Finances publiques, la Cour évalue le dérapage possible des dépenses entre 1,8 et 4,3 milliards d'euros, «portant selon elle principalement sur les missions Travail et emploi, Solidarité et insertion et Défense», indique l’Agence France presse (AFP). Parmi les risques invoqués figurent l'aléa de la non-livraison des navires Mistral à la Fédération de Russie «qui va entraîner un remboursement conséquent - et la vente des fréquences hertziennes si celle-ci devait être reportée à 2016», souligne l’AFP. «Les tensions sont plus fortes en 2015 qu'en 2014», a précisé Didier Migaud.
Pour le président de la Cour, l'effort sur le déficit public (de 4% du PIB en 2014 à 3,8% du PIB en 2015) restait faible au regard de la situation économique. Rappelons-le, le gouvernement français s'est engagé auprès de ses partenaires européens à ramener son déficit public (État, protection sociale, collectivités territoriales) à l'équivalent de 3,8% du produit intérieur brut en 2015. Pour y arriver, il était question d’économiser 21 milliards d'économies en tendance dans la dépense publique. «Nous n'avons pas d'inquiétude particulière à ce stade de l'année, pas de raison de s'inquiéter» sur la tenue de la norme de dépense, a réagi le ministère des Finances, évoquant une gestion tendue «classique» en milieu d'année.
