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La désignation d’un referee tunisien provoque l'insurrection des arbitres

Au lendemain de la finale de la Coupe du Trône de volleyball, remportée par l’AS FAR aux dépens de l’IR Tanger, les arbitres marocains ne décolèrent pas.
La désignation d’un Tunisien pour diriger ce match a provoqué une réunion de l’Association des arbitres marocains de volleyball, qui ne demande ni plus ni moins que des excuses publiques. Alors que les play-offs battent leur plein, la saison sportive est d’ores et déjà compromise.

La désignation d’un referee tunisien provoque  l'insurrection des arbitres

La finale de la Coupe du Trône est l’événement le plus attendu de la saison sportive dans toutes les disciplines. Samedi dernier, l’AS FAR triomphait à Kelaâ Sraghna, en battant pour la troisième fois consécutive son grand rival l’Ittihad Tanger dans un match au suspense haletant, qui a satisfait le nombreux public présent, mais aussi les téléspectateurs qui ont suivi la rencontre sur le petit écran. Les hommes de Hamid Abdellaoui soulèvent le précieux trophée à la fin du match. Le scénario est parfait. La finale qui avait démarré le 2 août 2014, avant d’être interrompue, en raison d’actes de violence qui avaient obligé les organisateurs à reporter le rendez-vous à plusieurs reprises, est bel et bien jouée. Sauf que dès l’annonce de la tenue de la finale à Kelaâ Sraghna, un mouvement de contestation a défrayé la chronique. Plusieurs arbitres ont contesté le fait que la Fédération ait désigné un international tunisien pour diriger la finale. Des courriers électroniques anonymes pleuvent, s’insurgeant contre la décision de la FRMVB, laquelle fait fi des contestations et fait jouer la finale, expliquant qu’un partenariat entre les fédérations de volleyball du Maghreb ont conclu un accord en vertu duquel un échange des arbitres est programmé.

«Les représentants des fédérations de volleyball de la Zone 1 africaine étaient en réunion du 12 au 14 avril dernier, explique Mustapha Ahchouche, directeur technique à la FRMVB. C’est une réunion que nous tenons régulièrement pour discuter des affaires du volleyball maghrébin et les débats sont animés avec des propositions et la définition du calendrier des stages de préparation et des différents tournois organisés dans notre zone géographique. Les échanges dans le domaine de la formation sont également de coutume, mais les présidents des fédérations voulaient sortir de l’ordinaire, en proposant un échange des compétences en matière d’arbitrage. Puisqu’en Libye il n’y a aucune compétition, et qu’en Algérie et en Tunisie la saison est déjà close, nous avons opté pour un arbitre tunisien en finale de la Coupe du Trône.»

«La goutte qui a fait déborder le vase»

L’arbitre international Ali Fadili, président de l’Association marocaine des arbitres de volleyball (AMAV), ne l’entend pas de cette oreille. «C’est une atteinte grave au corps arbitral marocain et à tout citoyen marocain, que de nommer un arbitre étranger pour diriger une finale de la Coupe du Trône, s’insurge Fadili.

C’est l’événement le plus important de la saison pour les joueurs, les entraineurs et les arbitres. Tout au long de la saison, les acteurs du volleyball –mais aussi d’autres sports- tentent de se surpasser pour avoir le privilège d’être partie prenante à l’épilogue de la saison. Nous avions constaté des pépins dès l’avènement du nouveau bureau fédéral, comme la suspension de la finale initialement jouée à Tanger, en raison de problèmes organisationnels. Cependant, nous avons été patients et nous avons redoublé d’efforts pour aider la Fédération à accomplir sa mission. Mais cette nomination est la goutte qui a fait déborder le vase», estime l’arbitre international. «Nous n’aurions eu aucune objection si ce même arbitre avait été désigné pour diriger un match de championnat, même au stade des play-offs. Mais pas en finale de la Coupe du Trône ! Vous savez, j’ai reçu des appels de collègues de l’étranger, surpris de cette action, qui m’ont demandé si les compétences manquaient au Maroc. Nous demandons aujourd’hui des excuses publiques de la part de la Fédération et une réunion d’urgence afin de mettre fin à tout ceci. Notre association a reçu le soutien de plusieurs arbitres et même de la part de clubs, qui ont préféré ne pas s’afficher publiquement.» Dans un communiqué qui nous est parvenu lundi, l’AMAV réclame des excuses publiques, à défaut desquels les arbitres entreprendraient un «gel des activités».

Hajij : «La FRMVB n’a absolument rien à se reprocher»

Des doléances qui surprennent la présidente de la Fédération royale marocaine de volleyball. «C’est totalement aberrant. D’abord, il n’est pas du ressort de cette association de geler ou pas les activités des arbitres. Ce n’est pas un syndicat et c’est encore moins, un organe de la Fédération, nous explique la présidente, Bouchra Hajij. Nous avons désigné l’arbitre le plus compétent du continent africain, pas seulement en Zone 1. Lors de notre réunion en avril dernier, nous avons établi tout un plan d’action et d’échange entre les fédérations nord-africaines. Ce qui a également motivé notre décision, c’est un souci de neutralité et d’objectivité.

Tout le monde a vu comment l’arbitre tunisien a dirigé la rencontre d’une manière professionnelle. Je ne veux pas rentrer dans cette polémique parce que c’est une tempête dans un verre d’eau. Mais que l’on m’accuse de trahison ou de manque de nationalisme est une chose que je ne peux pas accepter et je vais trainer les auteurs en justice». La présidente Hajij va encore plus loin, en soupçonnant des arbitres mécontents d’avoir fomenté cette «rébellion». «Depuis la publication de ce communiqué, plusieurs arbitres m’ont personnellement contactée pour me signifier leur profonde désolation et leur incompréhension de cet acharnement. Plusieurs signataires de cette pétition ont paraphé ce document sans même savoir son objet.

D’autres m’ont même dit qu’il ne s’agissait pas de leurs signatures. Je vais être franche avec l’opinion publique : nous avions d’énormes soucis en arbitrage.
Nous disposons de 6 arbitres internationaux et nous avons formé une pléiade d’arbitres régionaux dans le but d’élargir la base des arbitres nationaux et d’alléger les coûts d’organisation, au profit des clubs. Maintenant, des arbitres, qui étaient plus ou moins privilégiés en dirigeant plusieurs matchs à travers tout le pays, ne le font plus et ils en sont mécontents.»

Toute cette agitation risque de chambouler la fin de la saison de volleyball. Si les huitièmes de finale de la Coupe du Trône ont été disputés ce dimanche, la 2e journée des play-offs, prévue
aujourd’hui (mercredi), est au centre des préoccupations. Au moment de la rédaction de ces lignes, la tenue
ou non de ce match-choc était encore incertaine. 

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