Après de longues années d’attente, la Stratégie nationale de lutte contre la corruption sera lancée avant la fin de ce mois de juillet. C’est ce qu’assure au journal «Le Matin» le ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, Mohamed Moubdii. Un plan d’action a été élaboré avec des actions et programmes précis qui cibleront les secteurs les plus exposés à la corruption comme la justice, les collectivités locales, le transport… Bientôt, une réunion du conseil de gouvernement devra valider ce plan d’action qui porte sur la sensibilisation, la répression, l’assouplissement des procédures en réduisant le contact entre le fonctionnaire et le citoyen, l’informatisation des services publics... La Stratégie de lutte contre la corruption devra être mise en œuvre progressivement.
Elle sera déclinée à travers la mise en place d’outils de suivi, d’observation et d’intervention en définissant clairement les responsabilités de chaque intervenant. Elle devra être accompagnée par des mesures législatives pour combler les lacunes de l'arsenal juridique qui demeure toujours insuffisant pour juguler le fléau. Ainsi, le gouvernement prévoit de soumettre plusieurs textes au Parlement (dissuasion, contrôle, suivi…). La coordination entre les diverses parties impliquées dans la question de la transparence et de la bonne gouvernance s’avère primordiale. La société civile ainsi que des partenaires sociaux et les groupements professionnels seront impliqués dans la lutte contre la corruption. On s’attend à ce que la future stratégie constitue un saut qualitatif en matière de lutte contre la corruption et qu’elle contribue à améliorer le classement du Maroc dans l'indice de lutte de perception de la corruption. L’ambition est de surmonter les contraintes qui freinaient la concrétisation des objectifs des programmes déjà mis en place auparavant. La mise en place de cette stratégie est très attendue pour tracer le chemin de lutte contre la corruption.
Certes, des efforts ont été menés au cours des dernières années pour combattre le fléau de la corruption. Mais les résultats restent en deçà des aspirations. Cela fait des années que les gouvernements qui se sont succédé font miroiter la promesse de la mise en place d’une stratégie nationale en la matière, mais sans que des mesures concrètes soient prises. Chaque gouvernement venait avec une série de mesures qui devenaient des vœux pieux en l’absence d’une vision fixant les objectifs, les moyens et les délais, d’après les observateurs. L’absence d’une vision commune est critiquée par différents acteurs qui estiment que sans une stratégie nationale de lutte contre la corruption, on ne peut pas parler de politique gouvernementale dans ce sens. L’Instance centrale de prévention de la corruption n’a cessé, au cours des dernières années, de souligner l’impératif de mettre en place une vision stratégique pour éradiquer le fléau. Cet organisme estime que l’approche globale de lutte contre la corruption au Maroc reste lacunaire et devra être renforcée par une approche sectorielle permettant de diagnostiquer les différentes formes de corruption en se basant sur les spécificités de chaque secteur et élaborant une feuille de route et des mesures opérationnelles.
