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«Développer la recherche scientifique et l’innovation pour gagner la bataille de la compétitivité, un état des lieux et des recommandations clés»

Par le Pr Omar Fassi-Fehri
secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des sciences et techniques

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Depuis 2006, chaque année à cette date, l’Académie Hassan II des sciences et techniques célèbre l’anniversaire de son installation solennelle par Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu le garde.

C’était il y a sept ans, au Palais royal d’Agadir, nous avions alors vécu un moment à jamais inscrit dans la mémoire de l’Académie et dans la mémoire de chacun d’entre nous, un moment dont la solennité était exceptionnelle en présence des membres du gouvernement de Sa Majesté et au cours duquel nous avons écouté le discours adressé par Sa Majesté aux membres de l’Académie dans lequel Sa Majesté insistait notamment sur «l’importance du rôle que devront jouer nos scientifiques en général, et les membres de l’Académie Hassan II des sciences et techniques en particulier, afin de contribuer à relever les défis du développement et principalement ceux du développement humain». 
La généreuse sollicitude, dont Sa Majesté le Roi entoure notre jeune institution, traduit la volonté royale de faire intégrer la société marocaine dans la société du savoir et de la connaissance, qui caractérise aujourd’hui, de façon notoire, les sociétés modernes.

La célébration, aujourd’hui, du septième anniversaire de l’Académie Hassan II des sciences et techniques est pour nous un moment privilégié de pouvoir renouveler à Sa Majesté le Roi, que Dieu le garde, l’expression de notre loyalisme et de notre dévouement au Trône alaouite ; c’est aussi l’occasion de renouveler notre profonde reconnaissance et notre déférente gratitude à Sa Majesté le Roi pour sa protection tutélaire, sa sollicitude et ses encouragements.

Aujourd’hui, c’est aussi pour tous les membres de l’Académie Hassan II des sciences et techniques l’occasion de renouveler l’expression de leurs remerciements sincères et de leur fidèle reconnaissance pour l’honneur infini qu’ils ressentent suite à l’agrément donné, au lendemain de leur dernière session plénière solennelle, par Sa Majesté le Roi à la nomination du Pr Serge Haroche, lauréat du Prix Nobel de Physique 2012, natif de la ville de Casablanca, comme membre associé de leur académie. En accueillant en son sein un scientifique aussi prestigieux, l’Académie Hassan II des sciences et techniques présente au Pr Serge Haroche ses chaleureuses félicitations pour la confiance royale et pour la décision de Sa Majesté de l’admettre au sein de notre académie.

Analyser, enquêter et faire le point sur le secteur de la recherche

L’une des missions de l’académie, tel que stipulé par le dahir de sa création, consiste à «réaliser des études, des analyses et des enquêtes sur le secteur de la recherche scientifique». Dans ce cadre, l’académie avait édité en 2009 un rapport qui présentait l’état des lieux de la recherche dans notre pays sur la base des données de l’année 2006 ; il concluait à un certain essoufflement du système national de recherche et proposait un certain nombre de recommandations pour lui donner un nouveau souffle.

Trois ans après, en 2012, il s’est avéré que l’alerte donnée en 2009 à propos de la stagnation du Maroc, par exemple en termes de publications scientifiques ou de ressources nationales consacrées aux activités de recherche, reste d’actualité. Une nouvelle étude s’est donc imposée pour voir comment les choses ont évolué durant ces dernières années. Le document que nous soumettons aujourd’hui à la lumière des données actualisées (donnée de l’année 2010) explique que même si la situation n’a pas empiré, la «relance» préconisée et souhaitée n’a pas encore réellement commencé.

Aujourd’hui, suite à la décision prise lors de la dernière session ordinaire du 17 avril 2013, nous présentons le nouveau rapport intitulé «Développer la recherche scientifique et l’innovation pour gagner la bataille de la compétitivité - un état des lieux et des recommandations clés». Et ce au moment où le rapport du Forum économique mondial a diffusé il y a quelques jours le classement relatif à la compétitivité des pays, classement qui situe au 70e rang sur 144, le Maroc.

Ce rapport présente les données quantitatives concernant les indicateurs de sciences et technologie de notre pays. Il est le résultat d’un travail collectif s’appuyant sur les travaux menés par un comité ad hoc, formé en 2011 et composé des représentants du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, de l’IMIST-CNRST, de l’Association de R&D Maroc et de l’Académie Hassan II des sciences et techniques. La tâche principale de ce comité a consisté à compiler les données statistiques et à construire la grille d’indicateurs de R&D en se référant aux normes internationales reconnues en la matière (normes de Frascati). Il a pu ainsi pendant plusieurs mois (de juin 2011 à décembre 2011), réunir des données, faire la compilation et le suivi des indicateurs de sciences et de technologies, et permettre une évaluation et une comparaison entre les ressources investies dans la R&D (indicateurs inputs) et les retombées en termes de production scientifique, innovation technologique et formation de compétences (indicateurs outputs). Les données quantitatives retenues sont celles correspondant à l’année 2010, les plus récentes disponibles. Je saisis cette occasion pour renouveler nos remerciements les plus vifs à tous les membres de ce comité.
Le canevas général du document ainsi que les propositions et recommandations qu’il préconise ont été soumis à l’académie qui les a validés après les avoir discutés et enrichis en session ordinaire tenue, il y a un an, le 18 mai 2012.

Nourrir le débat pour dynamiser la recherche scientifique nationale

L’objectif de ce rapport est de rendre compte de manière aussi impartiale que possible de l’état des lieux du système de R&D au niveau national, d’informer les décideurs, les opérateurs et les concernés sur les progrès réalisés et les faiblesses constatées, de contribuer à la réflexion sur la R&D dans le pays et, enfin, de nourrir un débat fondé sur des faits avérés et des analyses où l’objectivité prime sur l’opinion. Ce rapport fait donc office de baromètre de la R&D dans notre pays et a pour but de contribuer à l’évaluation du système national de R&D avec l’objectif principal de susciter les réorientations et réajustements nécessaires afin de contribuer à la mise en place d’une vraie relance susceptible de créer les conditions d’un renouveau capable de dynamiser, de valoriser et de promouvoir les activités de R&D dans notre pays.

L’intérêt de cet exercice auquel l’académie s’est consacrée avec sérieux, et ce pour la seconde fois, et comme stipulé par son dahir de création, réside bien sûr dans le souci naturel de toute communauté scientifique de connaître où elle en est et à quel niveau se situe-t-elle, mais il est justifié encore plus par le fait, aujourd’hui bien reconnu, que le développement économique, social et culturel du pays passe par l’amélioration de la compétitivité, de la productivité et la solidité de notre économie, elles-mêmes tributaires de nos efforts en matière d’innovation et de recherche/développement.

Ce rapport alerte sur l’avenir de la recherche scientifique nationale et sur la stagnation relative au niveau de la production scientifique et surtout au niveau des moyens humains dédiés à la recherche ; il rassure car il met en relief les acquis indéniables obtenus et les îlots d’excellence qui existent et qu’il faut encourager et élargir, enfin il propose des mesures réalistes et des recommandations clés susceptibles de relancer la recherche scientifique marocaine et de valoriser ses résultats. Mon collègue Pr. Taïeb Chkili présentera ces recommandations qui, si elles étaient appliquées, pourraient réformer profondément le système national de recherche pour le rendre capable notamment d’accompagner les différents plans de développement initiés par Sa Majesté le Roi, que Dieu perpétue ses bienfaits, dans plusieurs domaines (l’agriculture avec le plan Maroc vert, l’industrie avec le plan Emergence, les ressources halieutiques avec le plan Halieutis, l’énergie avec le Plan national énergétique, les NTIC avec le plan Maroc Numeric, le tourisme avec le plan Azur…).

 

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