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De l'UC, des alliances et des prochaines législatives

Mohamed Abied ne cède pas à la provocation. Serein, sûr de son propos, le secrétaire général de l'Union constitutionnelle a les idées bien claires et les défend sans en donner l'impression. Quand on qualifie sa présence dans l'opposition de pas très forte, M. Abied ne remue pas ciel et terre pour s'expliquer, il préfère avancer le qualificatif de la responsabilité et de l'engagement.

De l'UC, des alliances et des prochaines législatives
Il renvoie aux élections de 2007 pour évoquer que son parti a vu sa présence renforcée au Parlement, comparativement avec les législatives antérieures. Pour appuyer son propos, il rappelle également que sa formation a gagné les mairies de deux grandes villes, suite aux dernières échéances locales.

Invité des «90 minutes pour convaincre», le chef de file de l'UC répond avec aisance. À croire qu'il a bien appris une leçon qu'il décline à la virgule près. Entrant dans le vif du sujet, celui de la coalition du G8, notre invité est tenté par l'histoire et la comparaison. Pour lui, les raisons d'un tel rapprochement découlent d'une lecture et d'un diagnostic sereins de la situation politique nationale et régionale. Pour lui, les huit partis coalisés se sont rendus compte qu'il n'était plus possible que chacun fasse cavalier seul. Et de revenir sur l'avant 2011 pour rappeler l'histoire du Parti du cheval. Une histoire émaillée, rappelle notre invité, de plusieurs formes de coordinations, notamment sur le flanc libéral du landerneau politique marocain, avec le MP, le RNI et le PAM. D'où le G4 qui a été rejoint par quatre autres formations. Des formations dont le référentiel renvoie au clivage gauche-droite.

M. Abied reste de marbre. Il répond, avec assurance, qu'il suffit de voir la composition de la Koutla pour écarter une telle lecture, qui serait, à ses yeux, réductrice. Il précise, en outre, que ladite coalition n'est dirigée contre personne et qu'elle reste ouverte à ceux qui partagent les valeurs dont elle est porteuse. L'opportunité était trop bonne pour que le SG de l'UC la laisse passer. Il en profitera pour réaffirmer que cette coalition n'a rien d'une alliance électoraliste. Même s'il demeure peu bavard sur les détails des tractations qui ont conduit à la formation du G8, M. Abied se contente d'avancer que le temps de la politique politicienne et des guerres est révolu et que la nouvelle alliance relève du stratégique et non du circonstanciel.
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Voici l'entretien de Mohamed Abied, secrétaire général de l'union constitutionnelle (UC)

«Seul l'uninominal est à même de produire une majorité forte»

Le Matin : Quelle lecture faites-vous de la scène politique nationale et des changements qu'elle a subis ?

Mohamed Abied : Les choses ont changé après le discours du 9 mars et la nouvelle constitution. Avant, les partis ne participaient pas à l'écriture de la loi fondamentale. Aujourd'hui, ce sont les partis qui l'ont préparée bien évidemment en tenant compte de ce qui est possible et applicable et ce qui ne l'est pas. La commission consultative pour la révision de la Constitution a bien pris en considération tous les paramètres avec l'aide de constitutionnalistes pour ne pas tomber dans des erreurs qui peuvent se répercuter sur le Maroc et les Marocains.

Rentrons dans le vif de l'actualité politique. Comment le groupe des huit s'est-il constitué et dans quel objectif ?

Les huit partis ont commencé par un diagnostic de la conjoncture nationale et régionale et se sont rendu à l'évidence que l'on ne peut continuer à travailler séparés. Bien avant la constitution de 2011, l'union constitutionnelle a commencé à agir en groupe. Nous avons coordonné avec le Mouvement populaire dans le cadre de l'Internationale libérale et on a constitué deux groupes communs au sein des deux Chambres du Parlement avec le RNI. Ensuite, nous avons mis en place un groupe de quatre partis UC-RNI-PAM-MP avant d'être rejoints par quatre autres formations à savoir le Parti travailliste, le Parti socialiste, le Parti de la renaissance et de la vertu et le Parti de la gauche verte. Ces actions de coordination se passaient dans des conditions normales contrairement à ceux qui disent que le groupe des huit est venu dans le sillage des élections législatives du 25 novembre. C'est faux, car si l'on n'avait pas été rejoints par les quatre partis, on serait resté dans le groupe des quatre et même avant cela si le PAM et le MP n'avaient pas fait le pas pour nous rejoindre on serait resté dans le cadre du duo UC-RNI. Par ailleurs, nous avons annoncé dès le début que la coalition n'est dirigée contre aucun parti et que la porte est ouverte à tout le monde. Je profite de l'occasion pour dire à tous ceux qui ont encore des doutes qu'ils peuvent toujours trouver leur place au sein de la coalition. Je réaffirme que cette dernière n'est pas téléguidée et n'a pas de velléités électoralistes comme on a fait circuler. Il s'agit d'une alliance naturelle car lorsque nous étions quatre partis on pouvait facilement se prévaloir du même référentiel idéologique. Mais lorsqu'on a été renforcé par quatre autres partis, la coalition a acquis une dimension stratégique. Vous savez, les attentes des Marocains quant à l'application des dispositions de la nouvelle Constitution sont énormes. Ils ont le droit de les voir traduites sur le terrain de manière sérieuse. Car, le temps de la politique politicienne et des guerres de chapelles est révolu. Avec deux ou trois pôles politiques, nous pouvons nous mettre d'accord sur les lois et sur un certain nombre de mécanismes pour accélérer la cadence.

L'on comprend parfaitement l'importance des pôles politiques, mais le citoyen a besoin d'une polarisation claire. La coalition des huit regroupe un mélange de partis de gauche, islamique, libéraux qui brouille les pistes pour l'électeur…

Le citoyen a compris dans le passé que la koutla est faite de partis qui ne sont pas liés d'un référentiel commun. Il a aussi compris qu'elle s'est formée parce que les trois partis avaient des problèmes et des intérêts à défendre ensemble. Dans la coalition, nous encourageons tout rapprochement à même de lutter contre la balkanisation. Aujourd'hui, nous avons tous un objectif à savoir une bonne application de la constitution. Sinon, on va rester empêtré dans la vaine polémique. Le Maroc ne tolère plus l'alternance, ni le consensus, ni encore le chantage.

Il parait, d'après votre vision des choses, que seul le groupe des huit a le souci de l'application de la constitution. Qu'en dites-vous ?

Absolument pas. La coalition des huit partis a pris l'initiative dans ce sens. Il y a une grande différence entre ceux qui osent et ceux qui attendent. C'est aussi cela la politique comme lorsque des partis ont appelé à un délai rapproché des élections et d'autres qui ont bataillé pour les reporter. Nous nous sommes mis ensemble dans la coalition car nous avons estimé qu'il n'y avait plus de temps à perdre. Ceci étant, l'intérêt du pays passe avant celui des partis. Quant à l'UC au sein de la coalition, il a son orientation et sa politique qu'il soit au gouvernement ou à l'opposition. Nous avons été longtemps critiqués au sujet du rôle que nous devions jouer au sein de l'opposition, mais nous avons notre propre philosophie qui ne ressemble pas forcément à celle des autres. Nous ne pouvons dire des choses de notre position à l'opposition que nous ne pouvons honorer une fois au gouvernement. Nous ne voulons pas avancer des griefs du genre, des forces nous empêchent d'appliquer notre programme gouvernemental.

Et si demain le PJD veut intégrer la coalition pour la démocratie ?

Qu'il en exprime le souhait via une demande officielle.

Le PJD pense que la coalition a été créée pour diminuer ses chances aux prochaines législatives, qu'en pensez-vous ?

Et si le PJD faisait en sorte que la coalition soit affaiblie au prochain scrutin. On peut voir les choses d'un angle comme de l'autre. C'est la politique, tout simplement. Certains parlent à tort et à travers pour attirer l'attention des médias et des observateurs. Mais, il faut que tout un chacun s'engage moralement dans ce qu'il avance comme opinion et idées.

Pourquoi l'UC n'a pas capitalisé sur son expérience à l'opposition comme l'a fait le PJD ?

Je peux être partiellement d'accord avec ce que vous dîtes et admettre que notre communication était faible. Toutefois, il faut dire la vérité telle qu'elle est. Sachez que l'on avait une majorité forte (avant le gouvernement d'alternance) et qu'on nous a demandé de faire un sacrifice. Ce sacrifice consistait à laisser la place à des hommes politiques qui étaient dans l'opposition depuis plus de 40 ans, de les aider et de voter pour eux. Ce fut une demande de feu S.M. le Roi Hassan II à laquelle nous avons répondu avec tout le sérieux et l'engagement que cela impliquait. Lorsque le gouvernement d'alternance s'est formé en 1998, nous l'avons soutenu jusqu'en 2002. La même année, on a changé le mode de scrutin en celui de liste et le gouvernement en place disposait d'une étude qui montrait que ce mode était en notre défaveur. Si l'on avait gardé l'uninominal, le nombre de nos parlementaires n'aurait pas baissé. Nous avons ensuite changé notre stratégie et en 2003, notre parti a gagné les mairies de Casablanca et de Marrakech. Aux législatives de 2007, nous avons doublé le nombre de nos parlementaires qui est passé de 14 à 27. C'est la preuve tangible que nous avions capitalisé sur notre place à l'opposition. Ce qui n'a pas été le cas pour certains partis au pouvoir comme l'USFP qui perdu 15 sièges entre 2002 et 2007. Depuis 1983 et jusqu'en 1998, on a été taxé de parti de l'administration. Chose que nous ne sommes pas et les médias ont un rôle pour clarifier les choses dans ce sens. Nous sommes pour un gouvernement qui défend un programme commun et prenne ses responsabilités et pour une opposition homogène. Toutefois, nous étions à l'opposition avec des partis avec lesquels on n'était pas d'accord. Du coup, la coordination était difficile contrairement à la koutla qui pouvait se prévaloir d'une opposition forte et homogène. Durant la dernière législature, nous n'étions pas contre le programme gouvernemental, mais contre la manière dont il était appliqué. Nous ne faisons pas l'opposition pour l'opposition. Si le gouvernement arrive avec un programme auquel nous croyons, nous allons incontestablement voter pour.

Passons à des choses plus concrètes. Les huit partis de la coalition peuvent-ils aller au prochain scrutin avec des candidats communs ?

Vous savez, les alliances peuvent être idéologiques, basées sur un programme commun, ou ayant pour objectif de gérer une période. Il y a aujourd'hui des défis qui nous imposent de coordonner nos actions. Mais chaque parti de la coalition gardera ses structures et son autonomie. Nous ne nous sommes pas alliés pour qu'Abdelmajid Bouzoubaa devienne libéral et moi socialiste. Nous voulons tout simplement que les prochaines législatives se passent dans les meilleures conditions. Ce que nous n'acceptons pas, c'est que certaines parties doutent d'ores et déjà des résultats du scrutin avant même qu'il ne soit tenu.

Pensez-vous que les Marocains seront nombreux à voter aux prochaines législatives comme cela fut le cas pour le référendum sur la Constitution ?

Le vote au référendum est différent de celui aux législatives ou encore aux communales. C'est la raison pour laquelle nous avons demandé à ce que l'uninominal soit retenu comme mode de scrutin. Car, l'électeur choisit le candidat qu'il connait et avec lequel il a un lien au quotidien et non pas le parti. Lorsque nous mettons l'électeur devant une liste avec plusieurs logos, il a plus de difficulté à faire son choix. C'est la raison pour laquelle je pense que le scrutin de liste a beaucoup contribué au désintéressement politique. L'autre raison a trait à l'action gouvernementale. Car, chaque gouvernement ayant été aux commandes de la chose publique porte une partie de la responsabilité concernant cette désaffection politique.

Mais l'opposition a sa part aussi de responsabilité puisqu'elle ne relève pas toujours les soucis des citoyens et leurs attentes…

Je vous donne un exemple. Notre parti a de bonnes relations avec deux partis au gouvernement à savoir le RNI et le MP et nous sommes obligés de composer avec ces deux formations à partir de notre positionnement à l'opposition. A l'issue des élections de 2007, nous avons décroché 27 sièges au Parlement et malgré cela nous n'avons pas eu accès au gouvernement contrairement à d'autres partis qui même s'ils ont dégringolé ont eu leur ticket d'entrée à l'Exécutif. Comment peut-on expliquer cela ? C'est difficile de comprendre la manière dont le gouvernement se constitue. C'est la raison pour laquelle, nous appelons à ce qu'il y'ait une coordination préélectorale pour dépasser cette problématique après la formation du gouvernement.

Le découpage électoral au Maroc ne permet pas non plus à un seul parti de gagner un maximum de sièges pour former une majorité…

Nous avons 90 circonscriptions électorales. Pensez-vous qu'un parti puisse avoir 90 sièges. Techniquement cela est impossible. Un parti ne peut dépasser 45 voire 60 sièges au meilleur des cas. C'est la raison pour laquelle je n'arrête pas de dire qu'un scrutin à l'uninominal est le seul à même de permettre une majorité confortable.

Est-ce que les huit partis de la coalition pour la démocratie partagent la même idée ?

Pour dépasser cette problématique, il faut absolument changer le mode de scrutin car il ne permet pas d'accréditer des candidats communs au nom de la coalition. Mais je tiens à dire que l'objectif premier de la coalition est de mettre en place un programme commun que nous pouvons défendre que ce soit au gouvernement ou à l'opposition.

Quand Mohand Laenser avait présenté les grands traits du programme électoral de l'alliance des huit, il avait affirmé que le programme était prêt et contenait des chiffres. Pensez-vous qu'il est possible d'élaborer un programme commun de huit partis au cours de deux semaines ?

Je ne vais pas m'aventurer à corriger ce qu'avait dit Mohand Laenser lors de la présentation du programme électoral de l'Alliance pour la Démocratie. Mais, je dois dire que la conférence de presse en question avait été consacrée à présenter les grandes lignes du programme électoral commun sur lesquelles se sont mis d'accord les huit partis. Car, chacun des huit partis a élaboré son propre programme et ils ont examiné ces idées pour présenter un programme commun de l'alliance des huit.
Quand les idées suggérées ont été acceptées, cela a facilité la confection d'un programme commun. Car, chaque parti a exposé son programme de manière ficelée. Ce n'était pas comme si on était en train de préparer un nouveau programme. C'est pour cela que je dis que ce qui a été présenté comme grand traits ce sont les points sur quoi nous étions d'accord et non pas un programme détaillé. Si nous avions un programme détaillé on l'aurait présenté en tant que tel.

Vous aviez évoqué lors de la présentation de votre programme la place de l'Etat en tant que régulateur de l'économie et des différents secteurs. Votre Alliance se présente comme « libérale, démocrate et progressiste ». Quelle liaison faites-vous entre votre programme électoral et les principes que vous défendez ainsi au sein de l'Alliance ?

Je pense que si nous arrivons à mettre en application deux de nos principes libéraux, la liberté et la dignité, dans leurs acceptions politiques, économique, sociale et éthique, on aura réalisé de grandes avancées. Car, c'est à travers ces deux principes que l'on peut voir si on est des libéraux ou non. Si je dis que je le suis, je ne peux pas aller, par exemple, à la rédaction de notre journal Rissalt Al Oumma et lui dicter le titre à mettre, la photo à choisir… Alors que celui qui n'est pas un libéral peut le faire et s'immiscer dans chaque détail du travail journalistique du journal. Nous, nous encourageons la libre initiative. Nous sommes contre l'hégémonie de l'Etat dans la gestion de tous les secteurs. L'Etat peut diriger quelques secteurs stratégiques et laisser le reste au peuple aux citoyens et au privé. Face à cela, l'Etat doit être fort en matière de relations extérieures pour qu'il n'y ait pas plusieurs discours destinés à l'étranger. Il faut que nous ayons une politique unifiée en matière de politique étrangère concernant l'unité territoriale. C'est à ce niveau qu'il faut mettre en avant la force de l'Etat. Or, nous sommes contre le fait que l'Etat soit fort à travers une politique fiscale qui handicape l'investissement. Nous sommes, par contre, pour que l'Etat applique la loi en matière de recouvrement fiscal à travers des orientations et des sanctions.

Sur quoi insistez-vous dans votre programme et quels sont les secteurs prioritaires pour vous ?

Notre projet libéral prend en considération les défis que connait le Maroc. Il vise aussi l'action pour le regain de la confiance pour attirer les investissements et pour bénéficier des crédits afin que le pays puisse marcher à la vitesse supérieure. Quand on pale de regain de confiance cela concerne aussi le logement, l'emploi, la santé, l'enseignement… Car si on les remet sur les rails on pourra faire face à tous ces défis. Je pense aussi qu'il ne faut pas que la liberté d'opinion soit utilisée en notre défaveur. Par exemple lorsque les média parlent de la corruption, les ONG internationales reprennent ces allégations pour rédiger des rapports qui portent préjudice à l'économie marocaine. J'estime que nous sommes tous des Marocains et c'est une bonne chose qu'on rivalise et qu'on s'affronte sur le plan interne. Mais, quand il s'agit de l'image du Maroc vis-à-vis de l'étranger, il faut véhiculer une bonne image afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs du passé.

Qu'est-ce que vous proposez en matière d'emploi des chômeurs ?

Les indicateurs économiques actuels permettent au Maroc de créer 150 mille postes d'emploi sans problèmes ni gros efforts. Au sein de l'UC, nous disons qu'il est possible de créer 225 mille postes d'emploi au moins si l'indice de développement reste dans la limite de 6 %. Car, c'est cet indice qui détermine les postes d'emploi. Si on n'arrive pas aux 6 %, il est impossible de créer de nouveaux postes d'emploi. Nous estimons qu'il faut atteindre les 7 %, ce qui demande des efforts et assumer la responsabilité de plusieurs décisions. Il faut aussi réfléchir à renforcer la Caisse de compensation pour élargir la base de la classe moyenne afin que ceux qui ne doivent pas bénéficier de cette caisse rendent l'argent qu'ils consomment indument à la classe pauvre.

Mais, pourquoi l'UC n'est-elle pas arrivée à réaliser ces visions lorsqu'elle avait été membre des gouvernements d'avant 1998 ?

Vous pouvez chercher à savoir concernant le rôle que nous avons joué au cours des années durant lesquelles nous avons participé à la gestion de la chose publique. Les habitants des zones rurales ont de la nostalgie pour ces années et disent que c'étaient des jours bellissimes.
Tout le monde doit savoir que l'ère des slogans est révolue. Nous sommes entrés dans une phase qui ne reconnait que le travail sérieux. Tout le monde est donc invité à retrousser les manches. De même, chacun doit être salué pour les bonnes actions qu'il aurait accomplies. Ce qui signifie qu'on ne doit pas camper sur ses positions mais apprécier les bonnes propositions qui sont réalisables.
Par exemple, dans le secteur de l'agriculture il faut faire la différence entre ce secteur et la sécurité alimentaire. Car, serait-il concevable d'accepter le fait qu'on importe des produits agricoles de l'Espagne ? Il faut traiter avec un peu de sagesse et une vision politique dans ce secteur. Les différents antagonistes politiques ne doivent pas s'accrocher, dur comme fer, à leurs positions. Le plus important c'est de mettre sur les rails une politique à même d'être bénéfique pour le pays. S'il s'avère que le secteur de l'agriculture réalise de gros profits, il faudra alors que les agriculteurs payent en conséquence. Mais, si ces agriculteurs ne gagnent rien, que vont-ils nous donner ?

L'un des dossiers qui se posent sur la scène publique est celui de la retraite. Comment pensez-vous traiter cette question ?

La problématique de la retraite vient du fait qu'il existe différentes caisses de retraite. Il doit y avoir plus de quatre personnes qui soient en activité pour régler la quote-part d'un retraité. Tant que le nombre des retraités s'accroit et celui des personnes en activité se réduit, la crise s'amplifie. S'ajoute à cela le fait que, par le passé, l'Etat exploitait les cotisations des salariés dans le cadre du budget général. Ce qui a abouti à la non exploitation de cet argent. L'Etat doit donc assumer ses responsabilités et doit régler ce problème.

Vous êtes donc contre le prolongement de l'âge de retraite ?

Il faut actualiser le taux des cotisations et savoir si les caisses de retraites peuvent régler le problème ou non. Si ceci échoue, on pourrait réaliser une étude pour voir les voies à emprunter pour régler ce dossier qui dépend de la solidarité entre les composantes de la société. J'insiste sur le fait que si les cotisations avaient été exploitées dans l'achat du foncier on aurait récolté d'énormes profits. D'autant plus que le foncier était à très bon marché, ce qui aurait pu nous éviter toute cette problématique. La solution, pour moi, ne peut provenir qu'à travers le renforcement de l'emploi par l'Etat afin qu'il y ait de nouvelles cotisations. Sinon, l'Etat doit rembourser le déficit qu'il avait généré auparavant. S'il ne dispose pas de la liquidité, il doit le régler par tranches aux caisses de retraites. Il n'y a aucun mal à ce que l'Etat reconnaisse ses erreurs. D'ailleurs, l'une des solutions mal placées qui circulent actuellement c'est le regroupement des caisses. Alors que certaines caisses ne peuvent avoir aucun déficit, car leur statuts prévoient qu'il faut corriger tout dysfonctionnement. Dans ce cas, on ne devrait pas mettre toutes les caisses dans le même panier.

Est-ce que vous pouvez nous parler de l'avenir de l'Alliance pour la Démocratie après les élections du 25 novembre ?

Lorsque nous avons pensé à créer cette Alliance, nous n'avions pas à l'esprit de remporter la direction du gouvernement, mais seulement de coordonner nos actions et participer aux prochaines élections. Si nous arrivons à avoir la majorité nous allons nous mettre d'accord sur un programme déterminé. Si le destin veut qu'on soit dans l'opposition, nous allons épouser le même programme.
Nous nous sommes mis d'accord, qu'à l'exception de la plate-forme commune que nous avons adoptée, le reste peut être décidé dans les instances de chaque parti. Toutes les mesures à venir seront décidées d'un commun accord avec les partis de l'Alliance.

Qu'en est-il des petits partis ?

Dans le monde de la politique il n'y a pas de petit ou grand parti. Toutes les formations politiques sont dans le même panier. Le peuple est le seul habilité à accréditer tel ou tel parti. La démocratie veut que ce soient les élections qui déterminent qui sera petit et qui sera grand. Il peut y avoir un parti qui va perdre des sièges… Malheureusement, certaines formations ne prennent pas cela en ligne de compte et pensent qu'elles vont rester éternellement de grands partis. L'UC ne souffre pas de ce complexe. L'alliance constituée des huit partis est une première étape dans la configuration des pôles politiques. Nous allons passer à une autre étape.

L'UC agit-elle dans le cadre des prochaines élections pour décrocher le premier rang ou va-t-elle agir seulement pour être à la deuxième ou troisième place, dans le meilleur des cas ?

Il n'y a aucun parti qui participe aux élections sans avoir cette ambition de décrocher la première place. A moins qu'il ne s'agisse d'un parti paresseux (rire). Car, il est inadmissible de participer aux élections, juste pour la participation ou pour être dans les derniers rangs.

Comment avez-vous réglé la question des accréditions, problème qui a fait l'objet de tollé chez beaucoup de partis ?

Nous adoptons des critères objectifs. La commission des accréditations ouvre la porte à toutes les candidatures. L'UC est un parti ouvert à toutes les composantes. L'un des critères adoptés veut que si un jeune se porte candidat face à un autre moins jeune, c'est le premier qui l'emporte. La même logique s'applique quand il s'agit d'une femme.
Nous envisageons de donner une place plus importante aux jeunes lors des prochaines élections communales. Car, nous avons besoin de cette catégorie dans la gestion de la chose publique locale. Ce qui va lui permettre d'avoir de l'expérience qu'elle pourra exploiter dans les échéances législatives. Car, ces jeunes vont constituer une base populaire qui leur sera propre qui va les appuyer s'ils veulent se porter candidats pour les législatives.
Par ailleurs, nous ne rencontrons pas de problèmes que rencontrent les autres partis. Car, le choix des candidats se fait au niveau des régions.
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