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Vendredi 01 Mai 2026
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Alliance de huit partis politiques sans lien idéologique

Le libéralisme, la gauche et l'idéologie islamique en une seule alliance pour les prochaines élections législatives.

Alliance de huit partis politiques sans lien idéologique
C'est une première qui suscite d'âpres débats ! A la veille des élections législatives, huit partis sans lien idéologique ont annoncé leur alliance nommée « Coalition pour la démocratie ». Le libéralisme, la gauche et l'idéologie islamique mettent la main dans la main. L'alliance des quatre composée du RNI, MP, PAM et UC s'est, en effet, élargie pour accueillir le Parti travailliste, le Parti de la renaissance et de la vertu, le Parti socialiste et la gauche verte. Pourtant ces deux dernières formations avaient annoncé officiellement et solennellement il y a quelques jours leur engagement dans le cadre du pôle de gauche.

Le secrétaire général du PS, Abdelmajid Bouzoubaâ, a tenté de présenter une explication peu convaincante en signalant qu'une alliance n'annule pas forcément l'autre et que « l'on pourra toujours essayer de persuader les autres composantes du pôle de gauche d'intégrer la nouvelle coalition ». Comment expliquer ce rapprochement contre nature? Les huit chefs de file n'y voient aucune contradiction. Dans un point de presse dédié à cette annonce, hier à Rabat, ils estiment tous que la conjoncture actuelle ne nécessite pas une approche classique reposant sur l'idéologie partisane mais plutôt une coalition axée sur un « projet de société ». Elle n'est dirigée contre personne, tient d'emblée à signaler le président du parti de la colombe pour balayer d'un revers de la main les informations qui ont circulé depuis mardi dernier supposant un possible retrait du RNI et du MP du gouvernement.

Ces deux partis comptent rester au sein de l'Exécutif jusqu'au bout mais tout en préparant l'avenir. Un avenir qui reste ouvert sur d'autres formations souhaitant intégrer cette alliance à commencer par l'Union socialiste des forces populaires. Les discussions avec les ténors du parti de la rose n'ont pas encore abouti. Mais, ce n'est pas pour autant que l'alliance des 8 va lâcher du lest. Salaheddine Mezouar explique que les tractations sont en cours avec l'USFP «pour qui nous vouons beaucoup de considération et de respect. »
Les usfpéistes pourront-ils se défaire de leur engagement vis-à-vis de la koutla qui cherche, ces dernières semaines, de renaître de ses cendres ?

Tout est possible du moment que l'on assiste désormais à des rapprochements illogiques bien que des voix au sein de l'USFP jugent que l'on ne peut pas changer du jour au lendemain les convictions du parti. L'expérience a démontré que les calculs politiciens réussissent des miracles. Mais, la coalition des 8 tient à réfuter tous les préjugés. Même si elle a été créée à quelques semaines des élections, ses objectifs ne sont pas électoraux, n'ont cessé de répéter les chefs des partis concernés: « Elle a été constituée pour durer dans le temps et servir les intérêts de la Nation. » Le coordonnateur général du Parti de la gauche verte, Mohamed Farès, a même tenu à souligner que si son nouveau parti arrive à décrocher des sièges au Parlement, sa place sera dans l'opposition. Une déclaration qui a sonné comme une vibrante fausse note aux oreilles de ceux qui étaient présents à la rencontre d'hier. Jusque-là, la coalition fraîchement créée n'a pas encore défini ses modalités de coopération. Mais, il a été important de clarifier noir sur blanc que chaque formation garde son indépendance. Les prochaines réunions s'attarderont sur les futurs mécanismes de coopération. Les réponses posées sur la possibilité de présentation des listes communes aux élections et l'éventualité de création d'un groupe parlementaire commun demeurent en suspens. Des réunions sont prévues dans les jours qui viennent pour déterminer la démarche à entreprendre. En tout cas, la volonté est affichée pour élaborer un programme en commun reposant sur la plate-forme de la coalition pour la démocratie. Une plate-forme qui trace plusieurs priorités.

Il s'agit en premier lieu de la nécessité de la poursuite de la construction institutionnelle nationale à travers une application démocratique de la constitution. La mise en œuvre de la régionalisation avancée et l'accélération du processus d'adoption des mécanismes juridiques et institutionnelles pour sa réussite est une autre priorité. On note aussi la nécessité du renforcement des fondements de l'Etat de droit consacré par la Constitution et la poursuite de la promotion des droits de l'Homme. Le quatrième axe a trait à l'importance de l'augmentation du rythme du développement économique.
Le soutien des politiques nationales visant la lutte contre la pauvreté et la marginalisation, l'adoption d'une politique économique susceptible de créer l'équilibre escompté entre les aléas extérieurs et l'investissement des ressources nationales ainsi que l'appui de l'ouverture du Maroc sur l'environnement extérieur sont d'autres priorités soulignées dans le cadre de la plate-forme.
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