Une cinquantaine de dirigeants ont pris place dans un centre des congrès de Chicago autour du président américain Barack Obama, qui a affirmé dimanche la «détermination» de tous à «achever la mission» malgré l’impopularité du conflit afghan. «Ce message d’unité a été martelé dimanche, chacun prenant soin de relativiser l’impact de la décision du nouveau président français, François Hollande, de retirer les troupes combattantes à la fin 2012, soit deux ans avant le terme fixé par l’Otan en 2010.»
Le général américain John Allen, commandant des forces de l’Otan en Afghanistan (Isaf), a affirmé que ce retrait n’entraînera «pas de dégradation de la sécurité» dans la région de Kapisa (est) qui était sous contrôle français. «La priorité de l’Otan est désormais de s’assurer de laisser un Afghanistan stabilisé, à défaut d’être prospère et sûr, dont l’armée soit en mesure de prévenir un retour des talibans au pouvoir.» Pour cela, les alliés doivent s’engager à poursuivre les missions de formation et de conseils, et à garantir les besoins de financement des forces de sécurité pour un coût de 4,1 milliards de dollars par an à partir de 2015. Les Etats-Unis devraient y contribuer à hauteur de plus de la moitié et l’Etat afghan pour 500 millions, ce qui laisse environ 1,3 milliard à se répartir entre les autres.
Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a indiqué dimanche avoir «bon espoir» que les objectifs soient atteints. «Autre point de contentieux, la question de la réouverture des routes pakistanaises aux convois de l’Otan, qui bloque en raison du péage exigé par Islamabad, jugé «inacceptable» par les Etats-Unis.
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a rencontré dimanche le président pakistanais Asif Ali Zardari pour tenter de faire aboutir les négociations sur la réouverture des routes pakistanaises aux convois de l’Otan vers l’Afghanistan, a affirmé un responsable américain. «La secrétaire d’Etat Clinton a rencontré le président Zardari» en marge du sommet de l’Otan qui s’est ouvert à Chicago, a déclaré le conseiller adjoint de sécurité nationale américain, Ben Rhodes, sans donner plus de précision. Ni M. Rhodes ni le général américain John Allen, commandant les forces de l’Otan en Afghanistan, ne se sont hasardés à prédire une date pour une éventuelle réouverture des routes pakistanaises.
Il a toutefois estimé que l’existence même des discussions constituait un «signe positif» de l’amélioration des relations entre les Etats-Unis et le Pakistan. «Une cinquantaine de pays sont actuellement présents en Afghanistan (Isaf) avec des moyens très inégaux. 90.000 des 130.000 soldats sont Américains, 9.500 Britanniques et 4.700 Allemands tandis que la Mongolie, Tonga, l’Autriche ou le Luxembourg ont envoyé quelques dizaines de personnes. Certains pays, comme le Canada ou les Pays-Bas, n’ont plus de forces de combat.»
