Agriculture urbaine

Des initiatives vertes pour sauver la métropole

Publié le : 13 novembre 2012 - Nadia Ouiddar, LE MATIN

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Bonne nouvelle pour les amoureux de la verdure et les personnes exaspérées du manque crucial d’espaces verts et de la mauvaise qualité environnementale de Casablanca.
Des associations et spécialistes de l’environnement parlent de solutions palliatives faciles à appliquer telles que les jardins urbains et l’agriculture urbaine. Cette dernière est définie comme étant toute forme de production agricole, formelle ou informelle, au sein d’une ville.

Afin de parler de ce sujet, Casa Environnement et la Faculté des sciences Ben M’sik, Casablanca, ont organisé récemment une rencontre, en collaboration avec Maroc sciences et développement durable (MS2D), Terre et humanisme Maroc et Urban Agriculture Casablanca.
Dans ce cadre, le Pr Fouad Amraoui de la Faculté des sciences Aïn Chock, Casablanca, a présenté le projet maroco-allemand : «Agriculture urbaine à Casablanca» (AUC).

Une expérience maroco-allemande.

Une équipe de chercheurs marocains travaille, depuis 2005, avec des spécialistes allemands sur ce projet de recherche-action qui s’inscrit dans le cadre du programme international de recherches Megacities pour lequel la ville de Casablanca a été sélectionnée avec neuf autres mégapoles mondiales. L’objectif de ce projet est de donner un rôle privilégié à l’agriculture dans le développement de la mégapole. L’une des premières opérations pilotes initiées par le projet AUC est l’industrie verte avec création d’une station membranaire permettant de rabattre la pollution et de réutiliser les eaux usées industrielles au niveau de Nouaceur. Ceci a permis d’arroser divers types de plantations avec les eaux épurées. Dans le cadre des opérations réalisées par l’AUC, la ville de Casablanca a aussi pris part à la mise en place de différents projets pilotes, inscrivant du coup l’agriculture urbaine dans sa politique citadine telle que la création d’une école verte, installée à Dar Bouazza. Ce centre de formation initie les femmes aux pratiques agroécologiques, en leur offrant la possibilité de produire une agriculture bio, saine et moins chère. Un filtre planté a été également mis en place pour l’épuration des eaux usées d’un hammam et leur réutilisation pour l’irrigation des plantes. À terme, l’objectif de cette démarche est de faire de l’agriculture urbaine un axe essentiel de la politique de la ville.

Des projets prometteurs

L’expérience de l’association Terre et Humanisme Maroc, qui participe à la diffusion des pratiques agricoles écologiques au Maroc, a été aussi présentée lors de cette rencontre par Aicha Krombi. Cette dernière a exposé les principes de l’agroécologie en présentant l’expérience menée dans un douar à Dar Bouaaza : un jardin pédagogique agroécologique qui attire des citadins en famille à la recherche d’espaces naturellement colorés ou des consommateurs de produits 100% bio. Ce projet, basé sur la formation et la sensibilisation de la population, a un caractère socioéconomique et s’adresse aussi bien aux producteurs locaux en leur créant une source de revenus qu’aux consommateurs invités en milieu périurbain pour expérimenter l’activité agricole. L’agriculture urbaine c’est aussi des potagers sur les toits des immeubles, des petits pots sur les balcons ou autres initiatives dites vertes. Cette forme émergente de pratiques agricoles en ville se fait généralement en parcelles partagées, en jardins individuels ou collectifs. Cette notion recouvre différents types de production d’intérêt économique local, de plantes, de végétaux ou d’animaux sur le territoire urbain ou sur les espaces le jouxtant.


Recommandations de la table ronde

Les discussions lors de la table ronde ont convergé vers des propositions de solutions simples et faciles à réaliser afin d’augmenter sensiblement les espaces verts qui manquent cruellement à Casablanca. «Les idées émanant de cette rencontre ne peuvent être mises en place sans l’implication effective de tous les partenaires, à savoir les responsable de la gestion de la ville, les partenaires socioéconomiques et bien entendu le monde associatif lié directement aux habitants des quartiers», souligne Casa Environnement. Parmi les recommandations de cette table ronde, on cite la création d’espaces verts urbains à travers l’utilisation des terrains de la ville, des terrains vagues, jardins particuliers, terrasses, balcons, portes des immeubles, etc. Dans ce cadre, il faut identifier les espaces vides disponibles. Pour l’instant, on a identifié deux parcelles à Hay El Walaa et à Attacharok pour démarrer la plantation. Les participants à cette rencontre ont souligné que tout projet de construction doit prévoir des espaces verts. Ils ont aussi appelé les associations à s’approprier des espaces fonciers vides et faire des plantations.


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