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Colère contre l’abattage d’arbres urbains

L’association Espace de solidarité et de coopération de l’Oriental dénonce la destruction du patrimoine arboricole national.

Colère contre l’abattage d’arbres urbains
Les caroubiers supprimés ont été remplacés par des platanes importés, dont l’espèce souffre déjà d’une maladie en France.

Ces derniers jours, une opération d’abattage de caroubiers à Oujda a soulevé de vives protestations parmi la population locale. «La destruction du caroubier à Oujda n’est pas récente. L’année dernière, une première opération d’éradication de cet arbre a été lancée et nous avons dénoncé cela en lançant en janvier 2011 une pétition sur internet. L’opération a été arrêtée et les arbres épargnés de l’aménagement aveugle mené par Al-Omrane. Mais ces derniers jours, cette campagne de destruction des arbres a été reprise sans préavis. De très beaux spécimens du caroubier ont été arrachés pour être remplacés par des platanes importés de France», a protesté Mohamed Benata, président l’Espace de solidarité et de coopération de l’Oriental.

L’affaire prend une autre tournure, lorsque les habitants de la ville apprennent que les arbres supprimés sont remplacés par des platanes importés, dont l’espèce souffre déjà d’une maladie en France. «Le plus grave dans cette histoire, c’est que le caroubier, arbre endémique de la région de l’Oriental est remplacé par le platane, importé de France. Ces derniers jours, le platane qui est atteint d’une maladie incurable provoquée par un champignon est enlevé systématiquement dans le Midi de la France», a ajouté M. Benata.

L’établissement d’Al-Omrane à Oujda, accusé d’être partie prenante dans cette opération d’abattage de caroubiers a réagi : «Les prérogatives de notre établissement ne permettent pas l’abattage des arbres de toutes natures, quoique dans le cadre des programmes de mise à niveau urbaine, nous agissons en tant que maître d’ouvrage délégué pour le compte des communes suivant des plans approuvés par les commissions locales issues des conventions de partenariat généralement présidées par la wilaya», a répondu son directeur Mohamed Derdouri. Mais au-delà de cette affaire, l’abattage des caroubiers à Oujda doit être l’occasion pour soulever un problème plus grave, celui de la sauvegarde de l’arbre urbain dans notre pays. Dans les villes, ces arbres font l’objet de destruction. Même à Rabat, déclarée «Ville verte» et où le contrôle du service de l’environnement doit être strict, des arbres d’alignement sont blessés lors de travaux de construction. Certains propriétaires n’hésitent pas à arracher des arbres pour rendre visible leur commerce sans être inquiétés.

Devant ces agissements, que dit la loi ? Selon la législation nationale, l’abattage, le déplacement ou la transplantation d’un arbre nécessite une demande de l’intéressé exposant les motifs de ce déplacement (entrée de maison, de garage, de magasin, etc.) Après cette demande, une commission locale se déplace sur les lieux pour faire un constat et prendre une décision.

S’il y a gêne, les services de la ville se chargent de l’abattage ou du déplacement.
Si aucune destruction n’est justifiée par la commission, il est demandé à la personne concernée de s’abstenir de toucher à l’arbre sous peine de poursuite légale. Les palmiers, eux, sont protégés par un Dahir royal. Les arbres urbains abritent une biodiversité : oiseaux, insectes y trouvent refuge. Ces arbres participent également à la production de l’oxygène et consomment du gaz carbonique. Le patrimoine arboré contribue également à la régulation de la température atmosphérique urbaine. Consciente du rôle de l’arbre, la ville française d’Orléans a élaboré une «Charte de l’arbre urbain». Quant à la communauté internationale, elle a fait du 21 mars Journée mondiale de l’Arbre.

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