Le rapport analytique des ministères de l’Équipement et de l’Environnement sur la qualité microbiologique des eaux de baignade a rendu son verdict, il y a quelques jours. D’après ce document, le programme de surveillance de la qualité des eaux de baignade pour la saison 2012-2013 a couvert 146 plages et 360 stations de prélèvements ont fait l’objet d’un nombre suffisant de prélèvements pour le classement. Ceci a permis de déclarer 350 stations (soit 97,22%) de qualité microbiologique conforme aux exigences réglementaires pour la baignade, et la quasi-totalité des dix stations (soit 2,78%) déclarées non conformes lors de cette saison. Il s’agit des quatre stations de Tanger-ville, Markala, Jbila, Petit Zenata, Nahla Ain Sebaa, Nahla Sidi Bernoussi et Chahdia. Toutefois, le fait de savoir qu’une plage est insalubre n’empêche pas les citoyens de s’y rendre pour se baigner. Par exemple, à la plage Nahla de Ain Sbâa à Casablanca, les vacanciers n’hésitent pas à se jeter dans la mer même après avoir vu la pancarte qui indique que les eaux de baignade de cette station sont classées comme étant de mauvaise qualité. Tout ce qui compte pour eux est de profiter du beau temps. «Pendant les vacances, notre passe-temps favori est la plage.
Comme j’habite à Al-Hay Mohammadi, cette plage est proche de chez moi. Je m’y rends souvent avec mes amis», lance Rabii, 18 ans. «Je ne vois pas pourquoi je vais arrêter de venir ici. Même si on dit que l’eau est sale et non conforme à la baignade, je n’y crois pas. Je me baigne ici depuis plusieurs années et je suis toujours en bonne santé», poursuit-il. Nombreux sont ceux qui ignorent les risques auxquels ils s’exposent en s’obstinant et en se baignant dans des eaux de mauvaise qualité.
«Les risques encourus par les baigneurs sont essentiellement d’ordre sanitaire généré par le développement d’un certain nombre de maladies liées essentiellement à la contamination par des microorganismes pathogènes. Une eau contaminée peut engendrer principalement des diarrhées et des infections de plaies, de la peau, des yeux, du nez ou encore des oreilles. Les principaux types de maladies engendrés par la baignade sont : les gastroentérites (diarrhée et autres), les dermatites (infections de la peau), les otites (infections des oreilles), les conjonctivites (infections des yeux) et les infections respiratoires», explique El Yacoubi Abdellah, chef du Laboratoire national de l’environnement et responsable du programme «Hygiène des plages». Par ailleurs, le rapport recommande de maintenir le niveau de conformité, en maîtrisant les sources de pollution acheminée par les crues, doter les collectivités locales littorales d’un plan national d’assainissement, encourager la réutilisation des eaux usées, généraliser les programmes de l’éducation environnementale à toutes les plages, procéder au nettoiement du sable des plages même en dehors des périodes estivales, renforcer les plages en infrastructures d’hygiène…
Et afin de lutter contre la pollution maritime, deux programmes nationaux ont été mis en place. Il s’agit du Programme national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées (PNA) et le Programme national des déchets ménagers et assimilés (PNDM). «Depuis la mise en œuvre du PNA en 2006 et sa révision en 2008 afin d’améliorer le rythme de son exécution, d’y intégrer l’épuration jusqu’au niveau tertiaire avec la réutilisation des eaux usées traitées et la récupération des eaux usées rejetées en mer, plusieurs projets ont été achevés ou en cours d’achèvement. Du coup, nous assistons aujourd’hui à une augmentation du taux de raccordement au réseau des eaux usées à 72%, une augmentation du taux d’épuration des eaux usées à 210 m3 par an soit 28% du volume global estimé à 750 m3 contre 8% en 2005 dont 16% du volume global traité au niveau tertiaire», indique El Yacoubi.
