Ces et institutions similaires en réunion
Des Conseils économiques et sociaux : pourquoi faire
Le bureau exécutif de l'UCESIF en conclave à la capitale.
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L'Union des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires de la francophonie (UCESIF), créée en 2004 et dont le siège est à Paris, a tenu sa réunion de bureau à Rabat en présence des représentants des CES de Roumanie, du Mali, de France, du Bénin, de la représentante de l'Organisation internationale de la francophonie, Mme Patricia Herdt, présente en qualité d'observateur, et du président du CES du Bénin, M. Nicolas Adagbe, président de l'Union des Conseils économiques et sociaux des Etats et gouvernements membres de la francophonie. Au cours de cette réunion, les voies et moyens de « promouvoir le concept général des CES, d'améliorer le fonctionnement des membres en renforçant leurs capacités, d'œuvrer au rapprochement entre les pays francophones, de favoriser l'examen de sujets d'intérêts communs, d'établir des relations privilégiées avec l'Union des CES d'Afrique, l'Association internationale des CES et le Comité économique et social des Nations unies », ont été largement évoqués. Le point focal de ces objectifs étant de consolider la société civile. Si l'on en croit un dernier rapport de la Banque mondiale, « la dernière décennie a vu la montée en puissance de la société civile, en termes de taille, d'influence et de capacité, notamment sous l'effet du processus de mondialisation, du développement de la gouvernance démocratique, de l'essor des télécommunications et de l'intégration économique».
Il reste cependant en Afrique à consolider, à renforcer les capacités de la société civile, acteur important de la démocratie participative, comme le souligne M. Adagbe dans l'entretien qu'il nous a accordé. Partout dans le monde, des milliers et milliers d'ONG s'activent, complétant le travail des pouvoirs publics, notamment dans la lutte contre la pauvreté sous toutes ses formes, discutant des enjeux mondiaux de développement comme ce fut la cas dans la dernière conférence du Sommet de l'ONU sur le climat à Durban, servant de contre-pouvoir dans la lutte contre la corruption, la rente ou le gaspillage des deniers publics. Parmi le large éventail d'organisations non gouvernementales et à but non lucratif qui animent la vie publique et défendent les intérêts et les valeurs de leurs membres on peut inscrire les groupements communautaires, organisations non gouvernementales (ONG), syndicats, organisations de populations autochtones, organisations caritatives, organismes confessionnels, associations professionnelles et fondations privées…» Les Conseils économiques et sociaux dont les membres sont désignés par les associations professionnelles, les syndicats, la société et les experts représentant les forces vives du pays, peuvent s'inscrire dans ce champ d'action mis en exergue par le président du CES, Chakib Benmoussa, l'Etat dit ne pouvant relever seul les défis.
Les CES, dit-il, en Afrique et dans le monde entier constituent une plateforme de dialogue pour rapprocher les points de vue et de construire des consensus. N'étant pas soumis aux mêmes contraintes du temps politique, les CES peuvent jouer le rôle de boîte à idées pour les gouvernements et renforcer la démocratie participative au côté de la démocratie représentative. Une proposition du président du CES à savoir l'étude des possibilités d'interaction entre les CES et les réseaux sociaux pour mieux représenter la société civile a suscité de l'intérêt. Mais une bonne représentation passe avant tout par la légitimité et la capacité de représentation, d'indépendance et de crédibilité des CES à travers la pertinence des sujets abordés, a déclaré C. Benmoussa qui s'est engagé à ce que l'institution CES Maroc joue un rôle actif au sein de l'UCESIF.
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Nicolas Adagbe: Pour chaque pays en Afrique, nous avons un CES qui constitue une institution la mieux organisée de la société civile. Nous avons en effet au sein des CES, des représentants des travailleurs, des cultivateurs, des éleveurs, des associations économiques, des professions libérales, des artistes …C'est une institution qui réunit toutes les catégories socio-professionnelles de la nation. C'est en quelque sorte, l'Assemblée de la Nation au Travail. Notre objectif, c'est de donner notre avis sur tout projet de loi, d'ordonnance, de décret au président de la République et au bureau de l'Assemblée. Nous donnons notre avis sur les projets et programmes et nous pouvons nous saisir de n'importe quel sujet socio-professionnel et faire des recommandations au gouvernement. Nous sommes également là pour assurer la promotion du dialogue social. Nous sommes des facilitateurs, qui mettons en contact des institutions pour qu'elles dialoguent. Nous sommes une usine de fabrique de consensus, toutes les décisions prises le sont sur la base de consensus.
Qu'attendez-vous de cette réunion de Rabat ?
Partager les expériences réciproques. Au Bénin, à l'approche des élections comme dans tout pays en Afrique, il y a des crises.
Avant les élections, nous avons au CES conçu un programme de sensibilisation de la population à la paix en passant dans les villes et les villages. Nous avons expliqué le sens des élections dans les médias et le message est passé. Cet exemple a été décliné en Guinée également pour expliquer la nécessité de la paix sociale et faire passer le message de l'importance de la société civile qui doit servir de miroir à nos dirigeants. Cela permettra aux différents pouvoirs de ne pas être déconnectés de la réalité. Nous nous retrouvons d'autre part dans l'Association internationale des CES et l'Union des CES, pour partager des expériences.
Il y a dans toute démocratie participative un contre-pouvoir, celui de la rue. Si le message n'est pas entendu, les risques d'explosion sont là...?
Nos Etats et nos gouvernements doivent rester à l'écoute de la société civile. Il faut qu'ils s'occupent des problèmes de la société, comme celui de l'emploi des jeunes, de la pauvreté, du développement durable qui constituent des bombes à retardement. En tant que CES nous devons trouver ensemble des solutions avec les gouvernements.
Il reste cependant en Afrique à consolider, à renforcer les capacités de la société civile, acteur important de la démocratie participative, comme le souligne M. Adagbe dans l'entretien qu'il nous a accordé. Partout dans le monde, des milliers et milliers d'ONG s'activent, complétant le travail des pouvoirs publics, notamment dans la lutte contre la pauvreté sous toutes ses formes, discutant des enjeux mondiaux de développement comme ce fut la cas dans la dernière conférence du Sommet de l'ONU sur le climat à Durban, servant de contre-pouvoir dans la lutte contre la corruption, la rente ou le gaspillage des deniers publics. Parmi le large éventail d'organisations non gouvernementales et à but non lucratif qui animent la vie publique et défendent les intérêts et les valeurs de leurs membres on peut inscrire les groupements communautaires, organisations non gouvernementales (ONG), syndicats, organisations de populations autochtones, organisations caritatives, organismes confessionnels, associations professionnelles et fondations privées…» Les Conseils économiques et sociaux dont les membres sont désignés par les associations professionnelles, les syndicats, la société et les experts représentant les forces vives du pays, peuvent s'inscrire dans ce champ d'action mis en exergue par le président du CES, Chakib Benmoussa, l'Etat dit ne pouvant relever seul les défis.
Les CES, dit-il, en Afrique et dans le monde entier constituent une plateforme de dialogue pour rapprocher les points de vue et de construire des consensus. N'étant pas soumis aux mêmes contraintes du temps politique, les CES peuvent jouer le rôle de boîte à idées pour les gouvernements et renforcer la démocratie participative au côté de la démocratie représentative. Une proposition du président du CES à savoir l'étude des possibilités d'interaction entre les CES et les réseaux sociaux pour mieux représenter la société civile a suscité de l'intérêt. Mais une bonne représentation passe avant tout par la légitimité et la capacité de représentation, d'indépendance et de crédibilité des CES à travers la pertinence des sujets abordés, a déclaré C. Benmoussa qui s'est engagé à ce que l'institution CES Maroc joue un rôle actif au sein de l'UCESIF.
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Trois questions a Nicolas Adagbe, President de l'union des conseils economiques et sociaux des etats et gouvernements membres de la francophonie
«Nous sommes une usine de fabrique de consensus»
LE MATIN : Comment sont perçues les CES en Afrique?Nicolas Adagbe: Pour chaque pays en Afrique, nous avons un CES qui constitue une institution la mieux organisée de la société civile. Nous avons en effet au sein des CES, des représentants des travailleurs, des cultivateurs, des éleveurs, des associations économiques, des professions libérales, des artistes …C'est une institution qui réunit toutes les catégories socio-professionnelles de la nation. C'est en quelque sorte, l'Assemblée de la Nation au Travail. Notre objectif, c'est de donner notre avis sur tout projet de loi, d'ordonnance, de décret au président de la République et au bureau de l'Assemblée. Nous donnons notre avis sur les projets et programmes et nous pouvons nous saisir de n'importe quel sujet socio-professionnel et faire des recommandations au gouvernement. Nous sommes également là pour assurer la promotion du dialogue social. Nous sommes des facilitateurs, qui mettons en contact des institutions pour qu'elles dialoguent. Nous sommes une usine de fabrique de consensus, toutes les décisions prises le sont sur la base de consensus.
Qu'attendez-vous de cette réunion de Rabat ?
Partager les expériences réciproques. Au Bénin, à l'approche des élections comme dans tout pays en Afrique, il y a des crises.
Avant les élections, nous avons au CES conçu un programme de sensibilisation de la population à la paix en passant dans les villes et les villages. Nous avons expliqué le sens des élections dans les médias et le message est passé. Cet exemple a été décliné en Guinée également pour expliquer la nécessité de la paix sociale et faire passer le message de l'importance de la société civile qui doit servir de miroir à nos dirigeants. Cela permettra aux différents pouvoirs de ne pas être déconnectés de la réalité. Nous nous retrouvons d'autre part dans l'Association internationale des CES et l'Union des CES, pour partager des expériences.
Il y a dans toute démocratie participative un contre-pouvoir, celui de la rue. Si le message n'est pas entendu, les risques d'explosion sont là...?
Nos Etats et nos gouvernements doivent rester à l'écoute de la société civile. Il faut qu'ils s'occupent des problèmes de la société, comme celui de l'emploi des jeunes, de la pauvreté, du développement durable qui constituent des bombes à retardement. En tant que CES nous devons trouver ensemble des solutions avec les gouvernements.







