Chambre des représentants

Enseignement de l’amazigh : 1 million de bénéficiaires cette année

Publié le : 6 mars 2013 - Jihane Gattioui, LE MATIN

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Visiblement, les parlementaires ne semblent pas très intéressés par le dossier de l’enseignement. Sur les 44 membres de la commission de l’enseignement, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants, moins d’une vingtaine ont marqué leur présence à la réunion à laquelle a été interpellé, hier, le ministre de l’Éducation nationale Mohamed El Ouafa. Pourtant, les sujets inscrits à l’ordre du jour sont d’une importance capitale : l’enseignement de l’amazigh, la violence dans le milieu scolaire et l’enseignement privé.

Muni de documents et de statistiques, le responsable gouvernemental tient à récuser plusieurs préjugés sur le dossier de l’enseignement. Il adresse beaucoup de critiques à l’égard des médias qui, selon lui, «amplifient la réalité». M. El Ouafa semble visiblement affecté par les critiques des journalistes et des «pseudo-experts» qui publient leurs articles dans les journaux. Ainsi, un point de presse sera bientôt tenu pour annoncer le programme détaillé du ministère et mettre en avant les efforts déployés pour améliorer la qualité de l’enseignement.

Il est temps, d’après lui, que le débat sur ce secteur soit basé sur des études et des constats scientifiques au lieu de verser, comme c’est le cas aujourd’hui, dans les généralités.
Il reconnaît l’existence de bon nombre de dysfonctionnements tant sur le plan des infrastructures que des ressources humaines. Mais, «l’essentiel, à présent, est de passer de l’étape des discours à celles des actions concrètes dont certaines ont déjà été lancées.», relève-t-il.
Le ministre de l’Éducation nationale a plutôt focalisé son intervention sur la violence en milieu scolaire. «Il existe certes des cas dangereux de violence, mais il ne faut pas verser dans l’exagération», précise-t-il. Coûts et blessures, kidnapping, viol, assassinat… sont autant de cas détectés par le ministère. Selon une étude sur les indicateurs de la violence en milieu scolaire, basée sur le suivi des affaires couvertes par les journaux nationaux, 75% des cas sont détectés en milieu urbain. Le Grand Casablanca arrive en tête des régions avec 18% des cas détectés.

M.El Ouafa estime «qu’il ne s’agit pas d’un nouveau phénomène. C’est l’ouverture médiatique qui a permis de jeter la lumière sur plusieurs cas». Cette année, le ministère a décidé d’agir en se constituant partie civile dans les affaires de violence à l’égard des enseignants. Jusque-là, cinq affaires du genre ont été déférées devant la justice. Et afin de protéger l’environnement des établissements scolaires, des réunions ont été tenues avec la sûreté nationale en milieu urbain. En milieu rural, «pour la première fois, la gendarmerie royale intervient en la matière. Ses agents sont impliqués dans la prévention autour de l’école. On a, ainsi, constaté une diminution des cas d’atteinte aux enseignantes», se félicite le ministre.

À ces efforts s’ajoute la mise en place des centres d’écoute et de veille. El Ouafa avoue que de grands efforts restent à déployer à ce niveau-là vu que ces centres ne sont pas gérés par des spécialistes notamment les psychiatres et assistants sociaux. Il s’avère, en effet, difficile de mobiliser les spécialistes dont le nombre demeure très faible par rapport aux besoins de la population. Le Maroc dispose, en effet, de 11 000 établissements scolaires publics alors que les spécialistes en psychiatrie et psychologie sont peu nombreux.

Le sujet est complexe selon le responsable gouvernemental et touche, contrairement aux préjugés, tant les écoles publiques que les établissements de l’enseignement privé. Celui-ci, dit-il, fait partie du système éducatif et son rôle est de la plus haute importance malgré les remarques relevées de part et d’autre notamment le manque de formation des ressources humaines. Pour parer à cette problématique, un projet de formation de quelque 7000 enseignants du privé est déjà ficelé sous la houlette de la présidence du gouvernement.


L’évolution de l’enseignement de l’amazigh

Aucune nouveauté concernant l’enseignement de l’amazigh n’a été annoncée par le ministre de l’Éducation nationale. Il faut dire que le sujet a été débattu à plusieurs reprises en séances plénières des questions orales. En gros, le responsable gouvernemental tient un discours rassurant. Des mesures ont été prises par son département en vue d’augmenter le nombre d’élèves bénéficiaires. Cette année, l’objectif est d’atteindre un million d’élèves contre 500 000 auparavant. «Ce dessein n’est pas encore réalisé. On fait tout pour l’atteindre. Les enseignants de l’amazigh qui ne dispensaient que cinq ou six heures par semaines ont été mobilisés cette année pour enseigner 30 heures. Nous avons formé quelque 5 000 enseignants.», assure M.El Ouafa. Il décoche ses flèches vers l’enseignement privé qui n’est pas impliqué au niveau de l’enseignement de l’amazigh. L’idée aujourd’hui est d’instaurer l’obligation de l’enseignement de cette langue pour répondre aux dispositions de la loi fondamentale qui l’a érigée en langue officielle.


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